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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 00:17

(après Michel de Ghelderode, j'ai encore pas mal de découverte en retard à rattraper moi, allez zou).

 

http://www.affichescinema.com/insc_d/dellamorte_dellamore.jpg

  Dellamorte Dellamore, film italien de Michele Soavi paru en 1994, fait partie de ces perles que j'aurais découvert grâce aux soirées lilloises Bon chic, mauvais genre.  Entre cinéphiles/cinéphages avertis, ce sont de bien meilleures conditions qu'avec un DVD qui vous vend le machin comme un simple film d'horreur un peu déjanté (ou, pour parler plus consensuel, "décalé") alors qu'il s'agit d'un pour OVNI pour lequel les classifications cinématographiques actuelles sont bien trop étroites (ce qui n'est pas difficile de leur part, admettons-le).

 

  Francesco Dellamorte (joué par Rupppert Everett, qui avait encore des rôles intéressants à l'époque), est fossoyeur du cimetierre de la petite ville de Bufalora, en compagnie de son asssitant mutique et simplet, Gnaghi. Sa vie  de fossoyeur n'est cependant pas de tout repos, car les morts ont la fâcheuse manie de revenir à la vie sept jours après leur décès et leur inhumation dans le cimetière. Ce train-train quotidien et monotone change lorsque Francesco croise le regard de la ravissante veuve d'un homme qui vient d'être enterré.

 

http://image.toutlecine.com/photos/d/e/l/dellamorte-dellamore-1994-01-g.jpg 

Encore un film de zombie ! Mais réalisé avant la déferlante des années 2000, et de surcroit un film de zombie comme vous n'en avez jamais vu et n'en verrez jamais. L'aspect déjanté du film va bien au-delà de la parodie que le lecteur de la jaquette DVDesque peut imaginer avec...imagination, et confine au surréalisme, l'affiliation AU mouvement surréaliste étant d'ailleurs très certainement assumée par le film (la follement amusante scène de premier baiser avec la jeune veuve ne peut être qu'une référence volontaire au tableau Les Amants de Magritte, ou alors le réal' s'appelle Monsieur Jourdain).

  Le plus gros des délires du fillm tourne autour des histoires d'amour entre vivants et morts, thème exploité avec inventivité et qui donne lieu à nombre de scène réjouissantes, qui ne se contentent pas d'être drôles (bon, faut aimer  l'humour noir assaisonné de gore, nan mais des fois que certains ne seraient pas prévenus), mais donnent lieu à de jolis instants de poésie (volontiers noire aussi), et parfois d'une certaine tendresse (temporaire, certes). De plus, Soavi ne se contente pas d'exploiter cette idée unique, aussi riches en ramification soit-elle, mais laisse fourmiller son film d'inventions délicieuses, que ce soit dans le fantastique surréaliste ou dans la comédie (souvent noire, excusez-moi d'insister). Ainsi la bien-aimée de Francesco ne se contente-elle pas de revenir dans l'après-vie mais revient-elle en chair et en os sous d'autres identités, pour des aventures amoureuses pour le moins improbables, ainsi s'ajoute au film des inventions qui n'ont rien à voir avec le thème initial des zombies : celle particulièrement farfelue et défiant toute explication rationnelle du "voleur de meurtre", ou encore la fin hermétique et tout autant poussée dans le surréalisme.

 

  Bref, Dellamorte Dellamore est un pur joyau de fantaisie débridée, comme on a finalement très peu l'occasion d'en voir au cinéma, et dont le relatif oubli à peine plus de quinze ans plus tard est l'un des grand mystère du 7ème art.  

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