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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 21:25
Soirée "Est-ce express ?" : Trans-Europe Express / Europa

D'habitude, je ne prend pas autant de temps à chroniquer une soirée Bon chic, mauvais genre. Jje ne veux pas dire par là que je les chroniques toutes, mais que je renonce généralement à le faire après quelques jours / une semaine de retard. Là, j'aurais battu mon record : un mois de retard, deux jours avant la prochaine édition, ce n'est guère sérieux, tout ça...

Le 6 novembre dernier, la soirée Bon chic, mauvais genre avant pour thématique...les trains. Une thématique originale, qui évoque de prime abord quelque chose d'enfantin, mais les films ne l'étaient pas du tout : il s'agissait d'un des BCMG les plus sérieux jamais fait, mais avec les films très rock'n'roll et pas chiants pour deux sous qui sont la marque de fabrique de ces soirées.

Le premier, c'est Trans-Europe Express, film franco-belge réalisé en 1966 par Alain Robbe-Grillet. Il parait que le Nouveau Roman en général et le nom de Robbe-Grillet en particulier fait très peur et évoque l'idée d'un pensum. Comme je n'ai jamais lu cet auteur et que je ne connais rien au Nouveau Roman (en dehors de quelques textes d'Italo Calvino pouvant s'y rapporter), je n'ai pas ce genre d'a priori. Et heureusement, car le film s'avère très ludique et très drôle.

On y suit un cinéaste et deux assistants, un homme et une femme, qui embarquent dans le célèbre train pour y élaborer le scénario d'un film policier, où un homme monte dans le même Trans-Europe Express pour convoyer de la cocaïne à Amsterdam. Et vous devinez sans peine ce qui va se passer...l'acteur Jean-Louis Trinitgnant s’assoit brièvement dans la cabine de de l'équipe, jouant à la fois son propre rôle et celui du trafiquant. Dès lors, si le réel et le scénario ne sont pas davantage imbriqués que dans cette scène, les aventures de Trintignant vont suivre les hésitations du cinéastes conseillé par ses assistants, le cours des événement épousant les caprices d'un scénario improvisé.

L'aspect ludique et la drôlerie du film, dont je parlais plus haut, est indissociable de ses expérimentations. Le film rappelle les créations littéraires ludiques de l'Oulipo (Oulipo, Italo Calvino, Nouveau Roman...il me semble que tout est lié, mais je ne voudrais pas dire des bêtises dans mon ignorance). L'humour du film repose essentiellement sur le côté "nanardesque" du scénario improvisé, le cinéastes se montrant maladroit et guère informé dans ses improvisations, se rattrapant sans cesse aux branches et accouchant d'un scénario improbable. On compte au moins une scène complétement surréaliste (celle de l'interrogatoire) ce qui n'est pas pour me déplaire. L'érotisme SM soft apporte une provocation bienvenue à l'époque, ce qui amènera le film a être renié par l'Histoire belge du cinéma.

La mise en scène est à l'avenant, notamment, (merci à l'honorable Docteur Devo d'avoir attiré notre attention là-dessus), le travail sur le son : ainsi, par exemple,Trintignant sort-il d'une pièce au son d'un piano désaccordé et y rentre au son d'un piano qui joue juste. La photographie noir et blanc est très soignée.

La preuve par excellence qu'un cinéma expérimental peut être tout à fait divertissant par ses expérimentations même.

Passons maintenant au film que j'ai préféré de la soirée, bien que d'un genre très différent : le sublimissime Europa de Lars von Trier (1991)

Difficile d'appréhender un tel monstre cinématographique. Le film relate l'odyssée de Léopold Kessler, jeune américain d'origine allemande qui, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, à l'étrange idée de venir en Allemagne participer à sa reconstruction. Sous l'égide de son oncle, il devient contrôleur de wagon-lit. Il tombe alors amoureux de la belle et dangereuse Kate, fille d'un industriel dont le pays a besoin pour sa reconstruction.

Dite comme ça, l'histoire semble très romanesque, et elle l'est effectivement. Mais Lars von Trier ne livre pas un romanesque à deux sous, et dérape constamment vers l'onirisme, transformant un voyage au cœur d'une Europe dévastée en une envoûtante plongée dans un monde de cauchemar. Le départ en sucette commence dés le magnifique générique qui tente littéralement de nous hypnotiser, ce qui reviendra en leitmotiv dans le film et rendra sa fin particulièrement insoutenable. L'Allemagne d'après-guerre du film a quelque chose d'un peu mythique, les nazis n'étant jamais appelé tels mais seulement "loup-garou" le nom que leur donne les soldats américains et russes avant de les pendre. La séquence finale dérape le plus ouvertement dans l'onirisme. Le film compte nombre d'autres morceaux de bravoures, dont une scène très "Eros et Thanatos".

Et par-dessus tout, quelle mise en scène ! Une mis en scène baroque, avec une photographie alternant noir et blanc et couleur, parfois dans la même image ( après cette bien plus belle réussite, qu'on ne m'emm* plus avec Sin City de Rodriguez, merci), des arrière-plan se changeant en écran de cinéma pour accentuer l'aspect irréel du film, des plans qui sont des morceaux de bravoure à eux seuls comme celui du wagon tiré de son hangar au bout de cordes. Et en plus, un morceau de Nina Hagen au générique de fin...que demander de plus à ce magnifique film ?

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 15:48

http://img.over-blog.com/600x424/0/00/82/91/2015/janvier15/BCMG52_Affichematfoc.jpgBon chic, mauvais genre is back ! J'avais bêtement manqué la dernière soirée BCMG consacrée au cinéma français, la théma "France de l'étrange" en 2013, je me suis donc empressé  d'assister à cette soirée "pyschose du terroir", où les orgas de BCMG ont laissé carte blanche au tout niveau mag Distorsion, avec deux films qui, devinez quoi, sont très différents l'un de l'autre. L'occasion de découvrir le vrai cinéma français, et de clouer le bec à ceux qui cédent à la mode de dénigrer le cinéma français dans son ensemble (comme si le cinéma était affaire de nation) en n'en connaissant que les références mainstream.   

 

Le premier, c'est Les Chiens d'Alain Jessua, au générique duquel les sci fistes reconnaîtront le nom d'André Ruellan, et si le film n'est pas du tout essèfe, il y a un peu de l'esprit de la science-fiction française de l'époque, la fameuse science-fiction politique des années 70 (le film date de 1979). Un médecin joué par Victor Lanoux (tout aussi excellent dans le film que Gérard Depardieu, comme quoi ces acteurs sont sous-exploités par notre triste cinéma hexagonal), débarque dans une ville où il constate que de nombreuses personnes sont mordues par des chiens. Et pour cause, les habitants sombrent dans une paranoïa sécuritaire qui les pousse à se munir de molosses. Car c'est bien de cela et de rien d'autre que parle le film : de paranoïa sécuritaire. le moins qu'on puisse dire est que le métrage va droit au but, ne s'égare pas en chemin dans des digressions ou prétentions arty : c'est carré, brut, avec une mise en scène séche voir austère, et ça dégage en définitive une impresisond e froideur, à laquelle sied merveilleusement le cadre d'une modernité glaciale de Marne-la-Vallée. C'est bien entendu foutrement inquiétant, bien que ça ne tombe pas dans le pessimisme nihiliste : la résistance est là, à travers la belle image libertaire des jeunes loulous dont les rites de passages consistent à défier les chiens.

  Si c'est sec, il n'empêche qu'on compte d'impressionants morceaux de bravoures dans le film : la séance de domptage qui vire au rite fétichiste, le discours du candidat politique anti-sécuritaire couvert par les aboiement chiens, un flash-back en musique que je ne dévoilerai pas, ou encore un climax final que je dévoilerai bien sûr encore moins mais s'avére aussi percutant que lourd de symbolique. En définitive, ont tient un film coup-de-poing, qui reste d'une brûlante actualité plus de 35 ans plus tard. Salutaire, même, surtout que, le contexte aidant, son message risque d'être oublié de nos concitoyens dans les mois et années qui vont suivre.

 

  Avec le film franco-belge Alleluïa de Fabrice du Welz, on change complétement de registre et on quitte la fable politique austère et glaçante pour l'onirisme et la poésie noires, avec une variation sur le célèbre fait divers des tueurs de la lune de miel, couple dont l'homme épouse de riches veuves pour les assassiner. Ici, les tueurs, rebaptisé Michel et Gloria, voit leur histoire, qui a marqué les années 50-60, transposée dans l'époque contemporaine, bien que le cadre reste assez atemporel et donne au film l'aspect de la fable, célébrant les noces du vieux couple que sont le fait divers et le légendaire urbain et donnant une dimension mythique à cette magnifique et cruelle histoire d'amour et de mort.

  La grande force de ce film, c'est sa mise en scène, Non pas que ce soit creux ou intintéressant narrativement, bien au contraire (voir plus haut), mais la mise en scène exubérante fait toute la beauté folle du film. Certains plans sont magnifiques, comme la scène du premier rendez-vous, au moment où on ne voit que la moitié du visage des deux amants. La bande sonore est étonnante. Tout ceci n'a rien d'un onanisme artistique, mais débouche sur de la pure beauté cinématographique qui sert merveilleusement la force de l'histoire. De plus, le film dérape fréquemment vers l'onirisme, ce qui ne peut que me plaire. La scène de cauchemar psychotique est, à cet égard, terrifiante, d'autres scènes sont stupéfiante de poésie comme la scène de danse autour du feu. Histoire de donner une idée du délire du film, on compte même une authentique (et sublime) scène de comédie musicale ! Sans parler de la prestation renversante de Laurent Lucas, qui incarne un Michel fasinant, à la fois charmeur et malsain. Bref, un OVNI de toute beauté, qui disparaîtra très vite des écrans selon une injustice très commune, mais mérite absolument d'être vu si vous en avez l'occasion.

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:28

 http://img.over-blog.com/600x424/0/00/82/91/2014/decembre14/BCMG_51_Postermatfoc.jpg Encore une soirée Bon chic, mauvais genre ! Qui, comme son titre l'indique, est une soirée de Noël, avec des films qui permettent d'échapper un peu à la mièvrerie dont on nous inonde en cette période de l'année, et encore une fois deux fims n'ayant rien à voir entre eux.

 

  Le premier, c'est Christmas d'Abel Ferrara, cinéaste apparemment fétiche de l'honorable Dr Devo, orga de BCMG, puisque, outre son évocation récurrente sur son site Matière Focale, ça doit être son quatrième film programmé à BCMG (du moins si le Dr Devo n'a pas oublié hier d'en évoquer, en plus de King of New York il y a trois ans).

 Chrismas nous présente un couple de dealer new yorkais d'origine domincaine, embarqué dans une sale affaire en pleine péridoe des fêtes, à la veille de l'élection de Giulani à la mairie de New York (événement qui a l'air très important pour le sens du film, mais je manque d'éléments sur l'histoire de la grosse pomme).

  Ce polar vaux surtout pour la vision pas cliché pour deux sous du couple de dealers : ceux-ci cachent leur métier pourri, avec lequel Ferrara n'est pas tendre, sous une apparence de respectabilité bougeoise, allant jusqu'à financer des oeuvre  sde charité tout à fait hypocrites (et offrant ainsi un contraste saisisssant avec les kidnappeurs du mari, justiciers pétris de bonnes intentions mais aux méthodes brutales). Par conséquent, le choix de placer l'intrigue au moment de Noël fait tout le sarcasme du film :  ces dealers sont des consommateurs comme les autres, qui procurent à leur petite fille, avec la poupée introuvable et luxueuse qu'ils lui offrent, les rêve formatés de notre fête contemporaine de Noël, sans pouvoir faire oublier le sang qu'ils ont sur les mains (le choix de musiques de Noël au générique à certains moments du film s'avère ainsi particulièremt drôle et grinçant).

  Un propos intéressant, donc, servi par des acteurs impeccables (même Ice-T est surprenant) et par une mise en scène léchée, notamment dans la photographie. Cependant, j'avoue avoir été rebuté par la lenteur du film. Je n'ai pourtant pas le sentiment d'être un fanatique du rythme trépidant, mais là, la lenteur m'a empêché  d'entrer pleinement dans le métrage. Il n'est pas impossible que je sois un peu passé à côté du film, car objectivement, il est très bon.

 

  3615 Code Père Noël, film français sorti en 1990, est donc d'un genre tout différent. J'étais allé à cette soirée pour ce film, alléché par la présentation du site Matière Focale, mais j'avoue avoir eu un peu peur lorsque le Dr Devo nous a parlé du lourd passif du réalisateur Gérard Manzor : le kitshouille Le Passage avec Alain Delon (choniqué sur Nanarland quand même) que je dois néanmoins confesser avoir beaucoup aimé ado, l'affreux Un amour de sorcière avec Vanessa Paradis (que tout comme le Dr Devo je n'ai pas vu jusqu'au bout, et j'avais pourtant 14 piges), des séries télé comme Marie-Thèrése.com ou des épisodes d'Highlander...c'est pas glorieux tout ça. Et puis apprendre que 3615 Code Père Noël a été produit  par Francis Lalanne, frère de Manzor, ça fait encore une fois un peu peur. Mais c'est ce que j'aime chez l'équipe de Bon Chic, mauvais genre : leur propension à défendre "l'indéfendable" du point de vue de la critique ciné mainstream, en dépit de tous préjugés. Peut-être en l'occurrence m'ont-ils légèrement survendu le truc, à moins que je me le sois survendu moi-même  avec mes fantasmes de pré-visionnage, mais c'est nénmoins une intéressante pépite qu'ils nous ont déniché là.

     L'argument de 3615 Code Père Noël est tout à fait celui d'un film pour enfant, ce qu'il reste avant tout : Thomas, un petit génie de 10 ans qui truffe le manoir familial de jeux hi-tech, mais croit encore au Père Noël, croit contacter celu-ci-ci sur Minitel et attire à la place un psychopathe qui s'introduit chez lui la nuit du 24 décembre, alors que sa mère (celle de Thomas, pas du père Noël psychopathe) l'a laissé à la garde du grand-père. S'ensuit un jeu du chat et de la souris entre le tueur et la petite famille aidée par les gadget de Thomas, ce qui rappelle forcément Maman, j'ai raté l'avion. Mais la comparaison avec le film américain s'arrête là.

  En  effet, le film de Manzor se montre tout à fait ovniesque dans son mélange des genres. On navigue sans cesse entre deux directions opposées : l'univers enfantin d'une part, très geek rétro et très inventif, regorgeant d'inventions poétiques comme le passage secret (les décors, plus généralement, sont étonnant), d'autre part un effroi réel et un côté noir et cruel, avec ce psychopathe qui n'inspire pas seulement la peut et le dégoût mais aussi la pitié (on est très loin du cliché du génie du crime !). Le film passe sans transition d'un registre à l'autre, et le personnage de Thomas est à l'avenant : plein de ressources et courageux, mais aussi terrorisé, très loin du jeune héros sans peur et sans reproche. Si j'ai en général du mal à apprécier le jeu des jeunes acteurs, il faut reconnaître qu'Alain Musy, l'interpréte du Thomas, est bluffant.

    C'est dans ce refus de choisir que le film de Manzor se montre le plus intéressant, ainsi que dans son inventivité poétique (même si je ne l'aurais pas comparé à Terry Gilliam comme les orgas de BCMG). Tout ceci fait oublier l'extrême kistsherie du film (mais kitsherie ne veux pas dire "kistshouille", malgré une BO très inégale et dans l'ensemble immonde), et son côté daté. Une curiosité à voir.  

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 04:00

http://img.over-blog.com/600x424/0/00/82/91/2014/octobre14/BCMG_50_Poster-mat-foc.jpgMazette, ça faisait une éternité que je n'avais pas chroniqué une soirée Bon chic, mauvais genre. Je crois bien que ça fait exactement un an.

J'ai pourtant eu deux autres occasion d'assister à la fameuse soirée double programme lilloise (même si je n'ai plus jamais été aussi assidu que durant la saison 2011-2012, dont je n'avais manqué qu'une séance) mais j'avais eu la flemme d'en faire une chronique. Certes, la dernière soirée à laquelle j'avais assisté, en janvier, ne comptait que des chef-d'oeuvre, mais Twin Peaks de Lynch et L'Antre de la folie de Carpenter n'ont pas besoin d'enièmes chroniques. La chose aurait presque été plus pertinente avec la soirée nanar du mois  précédent, si je m'étais trouvé à l'aise avec la chronique de nanars. Il est temps que je me bouge un peu.

 

Donc, ce mois-ci, la soirée BCMG était dédiée à deux films n'ayant absolument rien à voir entre eux, sauf de venir de la perfide Albion.

  Le premier, c'est Les Diables de Ken Russell (1971) qu'il ne me sera pas facile de chroniquer, mais la claque qu'il a représenté le mérite.

  Le film adapte un roman d'Aldous Huxley, lui-même tiré d'un faitr divers du XVIIème siècle, lorsque le cardinal de Richelieu instrumentalise une affaire de sorcellerie pour faire tomber l'evêque de Loudun.

  Cette fresque historique aurait déjà tout pour être flamboyante avec une mise en scène plus conventionnelle. C'est que l'histoire a du souffle: Grandier, evêque de Loudun, chantre de la tolérance entre protestants et catholiques, a l'inconvenient de subjuguer les femmes, de sorte que le phénomène d'hystérie collective qui se déclare dans un couvent est l'occasion idéale pour l'accuser de sorcellerie, malgré le fait que parallèlement, il vit une histoire d'amour pur, même si tout aussi condamnable pour un ecclésiastique. Une ode à la liberté contre le fanatisme appuyé par le progrès de l'Etat, un thème qui me parle particulièrement dés lors qu'il est question de chasse aux sorcière, comme ce blog s'en été fait l'écho ici ou .

  On aurait donc déjà un film qui aurait du souffle avc une mise en scène plus conventionnelle. Mais pour notre plus grand bonheur, celle-ci ne l'est pas du tout. On tient l'archétype de l'esthétisque baroque et du grotesque dans le meilleur sens du terme, une esthétique délirante qui part dans tous les sens, mais de façon tout à fait maîtrisé, jusque dans le jeu des acteurs qui n'en font jamais trop, même dans l'hystérie. Le réalisme historique passe à la trappe dans ce somptueux délire, le XXème siècle s'invite occasionnellement dans le XVIIème, mais toujours de façon discrète -on est pas dans un Astérix non plus- par exemple dans l'hallucinate vision des archives royales. Certaines inventions sont presque surréalistes comme les seringues pour ôter le démon.

  Le film est une expérience à vivre, mais hélas mes lecteurs (et les autres) ont peu de chance de voir le même que moi, celui-ci ayant été censuré, la scène d'amour avec le Christ notamment est introuvable.

 

  Avec Le 6ème continent de Kevin Connor, on change carrément d'ambiance pour glisser vers un spectacle un peu plus nanardesque.

  Je vais avoir du mal à ête objectif sur le film : quand on en vient à avoir les larmes aux yeux parce qu'on va revoir un trésor de notre enfance  et que l'occasion est rarissime (le film n'a jmais été édité en DVD en français, pas plus que Centre terre, septième continent, autre adaptation d'Edgar Rice Burroughs par le ùême réal et autre trésor de ma propre enfance) ben c'est pas facile, d'être objectif.

  Le scénario de ce film de 1975, présenté par les orgas de BCMG comme  l'un des derniers représentants du cinéma de quartier avant l'arrivée des blockbusters, est simplissime : durant la Première Guerre Mondiale, les naufragés d'un paquebot s'emparent  du sous-marin allemand qui les a a coulé et se perdent avec lui dans un monde perdu peuplé de dinosaures et d'hommes préhistoriques.

  Aussi objectivement que j'essaye d'être, j'aurais du mal à dire si le film est vraiment un nanar. La mise en scène est plutôt bonne, on est pas dans un truc mal fichu et ultra-fauché à la Ed Wood. Durant le film, je me suis davantage supris à rire de certaines lignes de dialogues, de la naïveté et du côté un peu réac', notamment le peu d'égard vaguement colonialiste avec lequel est traité le personnage de sauvage de service (pour cela, le film a l'excuse d'être adapté du père de Tarzan) que des effets spéciaux et des décors de carton-pâte, qui sont certes la première chose qui prête à rire, mais qui dégage un charme aussi délicieux que suranné. Un dessert léger et agréable après le plat très copieux que constitue le grandiose Les Diables

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 12:26

http://img.over-blog.com/600x424/0/00/82/91/2013/octobre13/BCMG_40_Poster_900px.jpg Eh oui, ce format de titre d'article rappelera peut-être quelque chose aux vétérans qui suivraient ce blog depuis un moment : les soirées Bon chic, mauvais genre sont de retours ! Pas forcément que j'aie raté plein de ces rendez- vous cinéphiles (enfin si, j'a suivi bien moins assidument la saison 2012-2013 que la précédente, sans m'expliquer cette désaffection) mais il y a aussi le fait que je ne trouve pas toujours quoi dire sur les films, aléas de l'inspiration qui e sont pas forcément corrélé à la qualité ni même à ma propre appréciation des oeuvres que je peux lire/voir/etc.

 

  Bref, peu importe, les soirées BCMG sont de retour sur ce blog avec  la théma du vendredi 8 novembre (oui, je sais, je suis grave à la bourre) "La nature contre l'homme", sous-tirée joliment, avec un jeu pas trop pourri et du coup presque décevant par rapport au goût très sûr des orgas en la matière "la nature fait mal les choses".

 

  Si Human Nature de Michel Gondry, le second fim de la soirée et sans doute son plat le plus copieux, a quand même sa petite notoriété euphémiserons-nous, le film australien Long Week-end de Colin Eggleston est un peu plus underground.

  C'est l'histoire très simple d'un couple en crise (qui semble d'ailleurs mal assorti...et il est intéressant de noter que tous deux ont des rapport à la nature contrastés, entre la citadine hadcore et le chasseur un brin beauf) qui décide, ou plutôt l'homme de la maison décide unilatéralement au désespoir de son épouse, de passer un long week-end (comprendre prolongé par un jour férié) dans une plage paumée à l'autre bout du pays. Une plage qui semble entouré d'une aura pas très nette et où faune, flore et autres éléments se déchaînerons contre nos deux touristes.

  Histoire de se débarasser tout de suite de ce qui gêne dans ce film qui reste somme toute très bon, je n'irai pas jusqu'à prétendre qu'il a super bien vieilli, du fait surtout des dialogues qui sonnent souvent très kitsch voir  un peu ridicule à deux ou trois occasions, et je ne parierais pas que ce soit le seul fait de la VF. Mais le film rattrape largement ce défaut somme toute mineur par son ambiance fantastique, et quel fantastique ! Un must du genre comme on en voit plus beaucoup au cinéma, tout en tension sourde, qui monte tout doucement  jusqu'au climax final, et en épouvante suggérée  qui rappelle les grandes heure de la litté fantastique (la "chose noire dans l'eau" qui ne perd pas de son aura inquiétante une fois sa nature déovilée, et réserve au contraire au moins une scène stupéfiante comme on en voit peu dans le ciné fantastique). En terme d'intrigue, de mise en scène, l'un servant l'autre pour distiller l'angoisse, Long Week-end est presque le film fantastique parfait, très éloigné de nos canons actuel avec leur spectaculaire surfait et contre-productif.

 

  Pour Human Nature, j'aurais du mal à être objectif  avec un film de Michel Gondry. A l'issue de cette soirée, j'aurais vu pratiquement tout ses films (à l'exception de The We and the I qui ne m'intrigue absolument pas, mais en contre-partie j'ai vu  -et adoré- son sketches du film collecitf Tokyo !)  et à je les ai tous aimé à divers degré, même L'Ecume des Jours qui malgré son casting tête à claque au possible recelait quelques bonnes idées (esthétique de carton-pâte qui convient mieux à l'univers de Vian que des effets spéciaux hi-tech surfaits, libertés bienvenues et bien trouvées avec le roman...). J'avais déjà chroniqué ici La Science des rêves, peut-être un des film qui auront marqué ma jeunesse, et peut-être aussi mon préféré de Gondry au moins jusqu'à présent, parce qu'après Human nature, je ne sais plus trop, tant ce film m'a surpris par rapport à tout ce que je connaissais du réal. C'est que s'il est au moins aussi absurde que ses quelques films suivants, il posséde un ton que Gondry y a semble-t-il perdu, ou du moins délaissé : l'humour noir caustique.

  Le film n'est pas forcément facile à résumer, à tel point que les pitchs servant à sa promotion peuvent engendrer le scepticisme devant un concept aussi barré. L'histoire est celle de trois personnage qui n'aurait jamais du se rencontrer: Lila, une femme que sa pilosité aussi abondante qu'embarrassante a poussé à se retrancher dans la forêt pour devenir écrivain naturaliste sans avoir aucun rapport avec la civilisation, mais finira par revenir à celle-ci pour se trouver quand même enfin un homme à trente ans ;  Nathan, un psychologue psycho-rigide et intransigeant sur les manières de table, qui réalise des expériences cruelles sur des souris dans le but de rendre l'homme meilleur, ce qui veut tout dire pour un personnage aussi sinistre ; et enfin Puff, nom trouvé par Nathan, ou plutôt son assistante, pour un homme sauvage découvert par le couple, élevé par un singe ou pour être précis un homme qui se prenait pour un singe (voius suivez encore ?) et que le psychologue  se met en devoir de faire accéder à sa manière aux raffinements de la civilisation.

    L'histoire de cette rencontre explosive est racontée de manière particulière à travers les souvenirs des trois protagonistes, en sachant dés le début du métrage que Lila a tué Nathan : celui-ci raconte sa version depuis un au-delà sinistre, Lila face aux flics, et et Puff devant le Congrès dans un but qui n'apparaîtra clairement que tard dans le film.

  Pour faire simple, Human Nature, c'est absurde au dernier degré, constamment inventif (comme disait le présentateur de la soirée, l'honorable Dr Devo, on ne sait jamais où ce film va nous mener) et surtout terriblement drôle, plus que n'importe quel autre film de Gondry, d'un humour particulier  que j'ai déjà qualifié de noir et caustique : en fait, le film cultive une farce d'un pessimisme nihiliste sur l'humanité et sur la civilisation présentée comme totalitaire, barbare, ennemie de la liberté jusque dans ses plus sacrés raffinements culturels, de sorte que beaucoup de prétendus esprits libres pourraient faire l'offusqué devant ce genre de sarcasme (on avait dit aps de provoc, Kalev...); d'ailleurs, Gondry prend un malin plaisir à nous laisser entendre que le sesque et la misère sexuelle (la carotte et la bâton, si vous me passez l'expression) constituent la plus redoutable arme de cette civilisation, la plus à même de venir à bout des âmes les plus intègres -de sorte que même les gags qui pourraient paraître gras dans d'autres films sont tout à fait à leur place ici et ne paraissent pas du tout lourd. Bref, c'est d'une noirceur d'autant plus jouissive qu'elle ne se prend pas au sérieux et rester au contraire constamment drôle.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 15:09

http://www.lhybride.org/media/k2/items/cache/dca6745fdbb9da5b038270324f6ced2f_L.jpg

  Au royaume des bonnes surprises cinématographiques que j'ai eu la chance de me voir asséner dans la tronche, Un Conte de Noël d'Arnaud Desplechin est à marquer d'une pierre blanche, car la surprise fut à la hauteur de mes craintes et, il faut le dire de mes préjugés.

 

  Bien qu'intrigué par la présentation de l'Hybride qui comparait ce drame familial à une tragédie grecque, je me disais "bon, encore un film d'auteur français". Et un film avec, je cite, "la fine fleur du cinéma d'auteur français", ça me botte moyen, ce en quoi, n'en déplaise à mon âme de gauchiste cynique, mon infâme sujétion à l'Anti-France me donnait tort, aidé en cela par une ignorance teintée de mauvaise foi, car c'est un prodigieux vivier d'acteur qui est rassemblé là, et Catherine Deneuve, Melvil Poupaud, Emanuelle Devos, Chiara Maostroianni et j'en passe et des meilleurs sont des valeurs bien plus sûres que Lindon ou Kimberlain, pour citer quelques ectoplasmes qui hantent le cinéma d'auteur rive gauche.

 

  Il m'a bien fallu l'avouer  : je ne savais même pas que ça pouvait être ça, un film d'auteur français.

 

 Résumer le film ne va pas être une chose facile, car aucun résumé ne peut rendre justice à l'intrigue très dense du film. Pour faire basique en usant du concept barbare de "pitch", celui du film raconte les réglement de compte d'une famille bourgeoise du Nord de la France à l'occasion d'un Noël où il se trouvent enfin tous réunis, dans des circonstances particulières puisqu'il est question en cette période joyeuse de choisir un donneur de moëlle osseuse pour la matriarche gravement malade.

  Encore ?! me direz-vous.

  Mais c'est qu'Arnaud Desplechin a un art particulier de transfigurer un sujet vu mille fois, pas seulement par le motif original de la greffe, loin de là, mais en explorant deux direction opposée, la profondeur psychologique, qui dresse dans ce film une carte des sentiments humains finalement peu explorée dans la masse du cinéma étiquetté "drame psychologique", et à l'opposé donc, l'humour noir, un humour noir très particulier et flirtant plus souvent qu'à son tour avec l'absurde, et qui offre des scènes parmi les plus splendides du film (celle du "pile ou face"), et arrache volontiers des rires, mais un peu jaune, les rire, quand même. Cet humour permet également de prendre à contrepied certaines conventions du cinéma d'auteur français, notamment les dialogues et monologues dont le côté peu verbeux est désamorçé par le côté vrai/faussement désinvolte du film -et ces dialogues/monologues ont en outre leur utilité, j'y reviendrais. 

 

  Les personnages sont à la démesure des acteurs qui les incarnent. Mon préféré est sans doute le "méchant" de l'histoire, Henri, un enfant conçu uniquement et en vain pour sauver son défunt frère d'une greffe de moëlle osseuse, depuis haï apr sa mère et par sa soeur qui a épongé ses dettes à condition qu'il soit banni de la famille, et qui le rend bien: un personnage haut en couleur, que sa dépression et son alcoolisme n'empêche pas de rester charismatique, d'un humour ravageur -noir, certes- bien entendu cynique et d'une adorable hypocrisie.

  La soeur, justement, Elizabeth devenu chef de la nouvelle famille sans y trouver la paix, en charge d'un fils adolescent, Paul Dédalus, qui deveint schizophrène et est également un peu méprisé par la petite famille -l'ironie étant que ce jeune homme et Henri sont les seuls donneurs compatibles.

  Ivan, le dernier de la fratrie, se prend d'affection par Paul car il a connu une adolescence presque aussi pénible avant de se métamorphoser en père de famille épanoui et heureux -hélas pour lui, la complétude tiens à un fil facile à perdre -pour spoiler un peu, il ya aura un peu vaudeville là-dedans, ou plutôt d'anti-vaudeville qui confére une véritable poésie de la cruauté à un motif beaucoup, beaucoup trop souvent réduit à un graveleux d'une grande vacuité.

 

  Evidemment, puisqu'il faut se faire l'avocat du Diable du film d'auteur franchouillard, il est obligatoire de parler de la mise en scène. Ce fut ma plus grosse surprise, celle-ci est non seulement très professionnelle, mais riches en trouvailles parfois surprenantes, comme la lettre d'Henri lue non par une voix off mais par l'acteur lui même assis devant un fond neutre, avec une obsession très bunuelienne pour les moindres détails de son visage ; sans compter toutes ces scènes étranges où les personnages parlent seuls à seuls avec le public, et contribue à enrober le film d'onirisme et à lui donner le statut de fable mythique qu'il revendique pleinement, jusque dans ladite lettre d'Henri -"des allures de tragédie grecque", effectivement -et c'est là l'utilité des passages "verbeux", à laquelle je faisais allusion.    

 

  Bref, c'est savoureux, je vous recommande.  

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 13:48

"Trop méconnu en Europe, le cinéma géorgien est réputé et apprecié des cinéphiles les plus avertis", ainsi résume le cinéma l'Hybride (oui, encore lui) dans les résumés de ses deux soirée consacré au cinéma de ce pays. Bon, ben je peux déjà m'inclure, fut-ce comme poid-plume, dans cette catégorie de cinéphiles avertis. Dans mon inculture crasse, cela me permet d'avoir des cultures du Caucase des références moins poussièreuses.  En plus, avec deux cinéastes différents n'ayant rien à voir entre eux (à part de s'en être pris plein la poire sous le régime soviétique, hum) que demande le peuple ?

http://www.lhybride.org/media/k2/items/cache/edab5e545cc8cf6a49faaa8a9ea6a3d0_L.jpg

 

On commence vendredi avec, pour commencer par l'avant-programme, trois clips animés de Nika Machaidzéaka Nikakoi, artiste qui mêle pop-culture occidentale et esthétique soviétique. J'ai été particulièrement hypnotisé par le troisième, I share my breathe with you, dont les images de science-fiction absolument sublimes m'ont rappelé tantôt Moebius, tantôt La Planète Sauvage de Laloux et Topor (oui, je sais, que des références franco-françaises...).

  Mais le programme proprement dit de cette soirée était consacré à La Grande vallée verte de Merab Kokotchachvili (à tes souhaits Kalev)(oui, je sais, elle était facile celle-là), un film de 1967 qui fut interdit après deux séances pour son message écolo allant à l'encontre de la volonté de progrès industriel de mise à l'époque. On doit aux journées du cinéma géorgien, à Berlin, dans les années 70, de l'avoir tiré des oubliettes.

  L'histoire est celle de Sosana, un éleveur de vache vivant dans les montagnes avec sa femme Pirimzé et son jeune fils Iotam, au moment où des géologues découvrent du pétrole dans sa vallée et l'obligent à déménager dans les plaines, idée que Sosana ne supporte pas. En fait, nous ne verrons jamais le déménagement, plutôt l'écroulement d'un univers qui le précéde, la perte des repères, et l'implosion de la petite famille, dont les causes sont trop complexes pour être vraiment lié au désastre écologique mais qui ne fait qu'ajouter au marasme ambiant.

  Je dois confesser que je partais avec un a priori négatif avant visionnage, pour une raison très bête, c'est que le cinéma dit de "réalisme social", ce n'est pas ma tasse de thé, du moins est-ce ce dont je me persuade. Et bien La Grande Vallée Verte fut une très agréable surprise, et ce pour plusieurs raisons.

  Pour commencer par la plus banal, à l'époque de Kokotchachvili, on peut faire dans le "réalisme social", on n'en oublie pas moins de faire du cinéma, et pas les abominations boboïsantes shootées à la shaky cam à la mode aujourd'hui (tout se perd ma bonne dame). Passons, je n'ai jamais été très formaliste (bien moins en tout cas que certains cinéphiles dont je suis les écrits).

  Non, les vraies raisons qui m'ont fait accrocher à ce film contre toute attente, ce sont ses personnages à la fois forts et attachants, et une touche de poésie qui sous-tend un peu tout le propos du film.

  Sosana, en premier lieu, a tout pour être un personnage tragique, l'antihéros d'une tragédie tristement ordinaire. Il est fragilisé non pas par le manque de repère qui obsède nos sociétés modernes, mais au contraire par son enracinement à un monde paysan en train de disparaître, lui qui ne s'imagine pas faire autre chose qu'élever des vaches ("je ne ferais même pas un bon éleveur de porc ou de mouton" dit-il dans un soliloque). Un personnage tragique, mais très accesible et humain, rendu attachant par son amour pour sa famille, notamment son fils avec qui il entretient une relation exceptionnelle. Son épouser Pirimzé, vient noircir le tableau par l'image d'une femme qui étouffe dans son foyer, ce qui vient nuancer l'image idyllique de la famille paysanne, rendre moins naïf qu'on ne le croirait le message écolo, et renforcer l'aura dinosauresque de ce monde paysan à son crépuscule. Si l'industrialisation est particulièrement inhumaine dans le film, Sosana représente un monde traditionnel qui a aussi ses rudesses (un très beau réseau de symboles est tissé autour du taureau Nasta  qui a tué son père et dont il aurait du selon la coutume placer la tête dans la tombe  d'icelui, mais il a préféré se contenter des cornes  et laisser son taureau bien-aimé en vie). Bref, si le camps des méchant reste clairement défini, on est loin d'une vision manichéenne, et le ton en devient plutôt crépusculaire et désenchanté.

  La touche de poésie, je l'ai donc déjà évoqué à travers quelques symboles forts du film, mais elle se trouve aussi dans l'imaginaire des personnages, le plus souvent lié, comme par hasard, à la relation presque idyllique qui unit le père et le fils : les dessins préhistoriques que Sosana montre et commente à Iotam, dans une grotte rendue symboliquement sinistre par les feux de pétroles qui annoncent le fin de la vallée verte, et la lanterne magique que l'éleveur alimente à l'occasion de ses propres dessins.

 

 

http://www.lhybride.org/media/k2/items/cache/218fa54275e0e31c37b4e5091d9112ba_L.jpg 

Deuxième partie du programme, samedi, et certainement ma préférée, avec les six court-métrage qui constituent l'oeuvre compléte de Mikheîl Kobakhidzé (dire que ç'aurait pu être en présence du réalisateur, hélas absent pour raison de santé).

  Kobakhidzé a tissé à travers son oeuvre peu prolifique (brève mais intense quoi) un univers singulier, qui choisit, en pleines années 60, non seulement de tourner en noir et blanc (c'était aussi le cas de La Grande vallée verte, remarquez), mais de faire un cinéma muet. Un cinéma burlesque qui rappelle Buster Keaton, un cinéma poétique inspiré, au dire du réalisateur, de ses propres rêves. L'onirisme, taxé de "formalisme" par les censeurs soviétiques, ne lui a pas porté chance, car après son cinquième court-métrage, en 1969, il se voit interdit d'exercer sa profession de réalisateur. Son sixième court-métrage (il en existe un septième hélas perdu), En chemin, a été réalisé en France en 2001, l'oeuvre du réalisateur ayant été redécouverte dans les années 90.

  Je pensais résumer chaque chaque court-métrage, mais je me rend compte que cela est vain, car à ma grande satisfaction, je viens de voir que tous sont disponibles sur Youtube. Ne vous laissez pas désarçonner par les titres en anglais ou bilingues géorgiens/anglais, les courts-métrages sont muets (les seules paroles étant une chanson d'Aznavour dans le film à la fois très drôle et doucement mélancolique La Noce (Wedding sur Youtube)). je vous recommande particulièrement Caroussel et Umbrella (celui d'où est issu l'illustration ci-dessus) sommets de la poésie du réalisateur selon moi. En sachant que tous sont très bons.

  Bon visionnage.

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 21:31

http://www.lhybride.org/cache/lofthumbs/570x300_220c08548cac211cc7db219bb52f46cf_XL.jpg 

Grâce à un cinéma d'art et essai que j'ai déjà évoqué (l'Hybride, pour ne pas le nommer) j'ai pu enfin faire mon baptême de ce type de spectacle très à la mode depuis quelques années, la projection-concert sur cinéma muet. Bon, en fait, c'était le deuxième événement du genre auquel j'assistais, mais le premier, déjà à l'Hybride, était une création muette contemporaine, en outre inséparable de sa bande-son live, un poétique montage des péripéties à deux à l'heure de la marionnette Tantôt

  Cette fois, il s'agissait d'un film-concert dans la plus pure tradition du genre, avec, excusez du peu, du Friedrich Wilhelm Murnau, un de ces film que je ne connaissais pas, Tabou. Murnau et Polynésie, civilisation pour laquelle j'ai déjà montré ma fascination  ici ou  , voilà le cocktail qui ne pouvez que rendre plus tentante que jamais l'expérience du film-concert.

  Evidemment, je ne vais parler que du film, car je ne crois pas que la BO de cette soirée, assurée par Amaury Cambuzat soit trouvable livrée avec (qu'il suffise de se représenter une sorte de post-rock planant agrémenté de beats éclectro, mélange curieux qui colle parfois merveilleusement au film, parfois moins bien).     

 

  Je n'avais vu jusque là qu'un film de Murnau, et il s'agissait sans surprise du canonique Nosferatu. Evidemment, l'ambiance de Tabou (film américain, et non allemand, nous sommes en 1931) est à cent lieue de la très gothique adaptation de Dracula. Murnau parle de la Polynésie, et il le fait avec toutes les idées préconçues (le mot n'a rien d'agressif dans ma bouche, quand on a une référence comme Gauguin en tête...) que peux en avoir un occidental du début du XXème siècle. La Polynésie, c'est le Paradis, les deux parties du film s'intitulant d'ailleurs Le Paradis et Le Paradis Perdu

  Pourquoi Paradis Perdu ? C'est la nuance qu'apporte l'intrigue, le tabou étant, comme on l'oublie à notre époque, un terme originaire de la culture polynésienne où il désigne les interdits sacrés. Et le tabou, ici, c'est celui qui frappe la belle Reri, jeune fille de Bora-Bora que le grand prêtre Hitu désigne comme prêtresse sacrée qui doit rester vierge. Or, une idylle commençait à s'ébaucher entre Reri et le jeune pêcheur de perle Matahi. Les deux jeunes gens décident finalement de braver les interdits et de s'enfuir ensemble, même si violer un tabou signifie la mort.

 

   L'intrigue en elle-même n'offre pas le principal ntérêt du film. On en reçoit ce qu'on en attend : une belle histoire d'amour tragique (je me suis surpris à avoir vraiment peur que le film se termine bien) dans un cadre enchanteur qui fait tant fantasmer les occidentaux. Au niveau de la rêverie exotique à la Gauguin, le pari est réussi, la réalisateur se plaisant manifestement beaucoup à filmer les scènes de vies quotidiennes, les cérémonies, les costumes, les danses...au point que le film pourrait sembler un peu longuet à un spectateurs moderne pour lequel la Polynésie n'a pas la même nouveauté qu'en 1931. La pensée m'a traversé plusieurs fois l'esprit que j'aurais trouvé certraisn passages longs s'rils n'avaient été accompagné de la BO live (qui me semblait en adéquation parfaite avec le sujet par un hasard très personnelles : l'ambiance post rock pouvait rappeler Sigur Ros, dont j'associe toujours dans mon esprit quelques morceaux de l'album ( ) (oui, c'est le titre) aux Immémoriaux de Segalen  lu à la même époque). Néanmoins, pour qui passe outre, Tabou fait honneur à ce sens du spectacle typique du Hollywood de l'époque.

  Mais côté mise en scène, on attend plus de Murnau qu'une bonne reconstitution historique. C'est là que j'en viens au choix le plus étonnant du film : celui-ci est si j'ose dire un film muet plus muet que les autres, pratiquement sans intertitres : les seuls intertitres sont les lettres écrites, la première décidant du tabou de Réri. On dirait donc bien que dans l'univers étrange de Murnau, le bonheur des Mers du Sud se passe de parole (les acteurs aussi, par conséquent, contraints à tout suggérer par le geste) tandis que la parole n'apparait que sous sa forme écrite importée d'occident et intervient toujours dans l'intrigue d'une façon sinistre. C'est le cas dès la lettre informant du tabu de Reri, certes, mais les écrits se multiplieront dans la seconde partie, le Paradis Perdu, celle qui relate l'exil des amants dans des îles plus "civilisées", et où les écrits deviendront cette fois de véritables acteurs malfaisant de l'intrigue, à cause du piège de la polyphonie des îles, et par conséquent surtout à cause des Chinois, car Murnau et son scénariste Edgar.G.Ulmer n'évite hélas pas les clichés de l'ancienne littérature océannienne selon lequels les Chinois ravagent toujours plus sûrement les Mers du Sud que les Blancs.

  A ce très audacieux choix de mise en scène, on peut toujours rajouter quelques scènes très belles, notamment celles où interviennent le rêve et où le génie propre du grand cinéaste expressionniste allemand s'exprime mieux que dans le spectacle exotique accessible à plus de caméras, ou bien la scène finale aussi sombre que suprenante, à la limite du surréalisme. Terminons avec les acteurs, où je me focaliserai sur une note de tendresse : le couple Reri/Matahi. Si le second m'a semblé un peu benêt, sans doute car il ne s'agit pas d'un acteur professionnel, et effacé derrière sa compagne qu'Anne Chevalier incarne avec toute la grâce étherée du cinéma expressionniste, il n'en résulte pas moins une réelle alchimie entre eux, qui fait s'attacher à leur couple fragile.     

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 18:10

  Suite du fidèle récit de mon week-end ciné.

 

http://www.critique-film.fr/wp-content/uploads/2011/08/This-must-be-the-place-219x300.jpg 

This must be the place, film de Paolo Sorrentino, sur nos écrans depuis le 24 août, ne pouvait que m'intriguer, ce qui ne tiens pas à grand-chose, par exemple au fait que l'on parle de mouvement gothique au ciné. Et puis Sean Penn, quoi.

 

  Cheyenne est une ancienne star du rock gothique des années 80. Depuis, il vit de ses rentes, se débrouillant tant bien que mal à la bourse, dans un château de la banlieue de Dublin. A cinquante ans, bien qu'ayant abandonné la scène depuis longtemps, il arbore encore le look de son heure de gloire, entre la coiffure à la The Cure et le maquillage androgyne, ce qui ne manque pas d'attirer les sarcasmes dans la rue.

  Sa vie est pourtant bien entourée : une épouse aimante (jouée apr France MacDormand) qui sait compenser les faiblesses de son mari, la jeune Mary, qui à l'âge d'être sa fille mais se contente d'être une très jeune meilleure amie, dont le look gothique au style plus proche des années 2000 fait une relève de la culture qu'ils représentent tous deux. On peut rajouter un soupirant de Mary, un meilleur ami obsédé sexuel mais qui est bien plus que le sidekick de mauvaise comédie qu'il semble être, et comme ombre au tableau, la mère de Mary qui montre que tout le monde n'adore pas Cheyenne, même si rien n'est perdu  de ce côté.

  Malgré cet entourage globalement aimant, Cheyenne n'est pas heureux. Oh, rien à voir avec sa vie conjuguale ni aucune des personnes qui l'entourent. Le film ne vous parlera jamais de démon du midi et autre crise de la cinquantaine, et l'épouse de Cheyenne ou Mary resteront tout le long du film, et de l'errance de Cheyenne loin du foyer, puisque c'est de road movie à travers les Etats-Unis qu'il sera question, resteront des personnages positifs, des jalons incitant le héros à revenir au foyer une fois sa quête intérieure acomplie.

  Non, son mal-être est plus profond. Cheyenne est ce qu'on pourrait appeller un être perturbé, introverti au point qu'on pourrait le soupçonner de troubles autistiques, soufftant de fêlures internes dont le traumatisme qui lui a fait arrêter la musique, et qui sera révélé au cours du périple américain, n'est que la partie immergée de l'iceberg chez cet être lunaire, hypersensible, atteint de phobie diverses. Et à cinquante ans passés, s'il pense être atteint de déprime, sa femme préfére parler d'ennui.

  La quête d'un sens à sa vie commencera avec l'annonce de la mort de son père dans son New York natal, ce père avec lequel il s'est brouillé dès son adolescence, avec lequel il n'a eu aucun contact depuis les trente ans de son exil en Europe. Et c'est au chevet de son père décédé que commence une quête qui fait partir le film dans une direction inattendue : accompliir les dernière volonté du paternel en traquant Aloise Lange, son bourreau à Auschwitz, l'un des derniers nazis vivant aux Etats-Unis.

  On peut difficilement trouver sujet plus casse-pipe, mais Sorrentino s'en sort remarquablement bien par sa justese de ton et la poésie énigmatique qu'il met dans cette traque au nazi, qui devient prétexte à un parcours initiatique couplé à la plus pure tradition du road movie.

  L'émotion vient de cet éternel adolescent ayant aussi peu de prise avec la réalité que de contact avec sa famille, brutalement confronté aux démons surgis du passé de celle-ci. Malgré tout, si Cheyenne a toujours en vue la revanche de son père, il n'a pas la même obsession que lui, et sa traque lui permettra surtout de faire des rencontres. Certaines sont fugitives, le temps d'échanger quelques brèves de comptoirs à la poésie obscures, où même aucun mot du tout, avec des personnages colorés. D'autres joueront un plus grand rôle, et la plupart sont liées à la traque au nazis. Il ya l'ancien bourreau et son ex-épouse américaine qui aimeraient oublier le passé, il y a Mordecai Midler, chasseur de nazi et véritable légende vivante, pendant pragmatique et cynique au lunaire Cheyenne, et en même temps touche burlesque inattendue dans le film ; et il y a surtout Rachel, mère célibataire isolée avec son fils dans le coin le plus paumé, accueillant Cheyenne comme un sauveur, et accessoirement  petite-fille de boureau qui ignore la nature des zones d'ombres dans sa famille : sans doute le personnage le plus bouleversant du film, dont la rencontre en constitue le point d'orgue.

  Un film de personnages donc, incarnés par des acteurs criant de justesse, pour ne rien dire de Sean Penn qui comme on s'y attend crève l'écran. Un soufle poétique qui court par-dessus toutes ces rencontres. Et pour ne rien gâter, une mise en scène qui n'a rien de plan-plan, tout en plans tarabiscotés qui répondent à la marginalité des personnages. Tout concourt à la puissance d'émotion de ce film qui, au moins en ce qui me concerne, restera inoubliable.

 

  Un EDIT  du 3 octobre pour donner le line vers une chronique qu'à ma grande honte j'avais omis de lire jusque là, et qui résume bien mieux que je le puis le sentiment d'evoûtement  qui ù'a pris au visonnage, même si je n'ai pas du tout été sensible aux défauts décrits :  la parole à Cachou, donc.       

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 16:49

  Après  avoir laissé trainer l'affaire quelque jours, il est temps que j'attaque la chronique de ce week-end cinéma, où j'aurais vu pas moins de quatre film en deux jours.

 

  Commençons par une soirée à thème, l'inauguration de la nouvelle saison (que l'on osait à peine espérer) de ces rendez-vous connus des cinéphiles et cinéphages lillois sous le nom de Bon chic, Mauvais genre, et que j'avais déjà évoqué ici. La saison s'ouvrait cette fois-ci sur le thème des tueurs en série, avec le Dario Argento ouvrant traditonnellement chacune d'elle à partir de la première ou deuxième sécance, cette fois-ci L'Oiseau au plumage de Cristal, précédé de L'Etrangleur de Boston de Richard Fleischer.

 

http://s.excessif.com/mmdia/i/14/8/affiche-2009-du-film-l-etrangleur-de-boston-3690148zpjpt_1735.jpg?v=1 

Ce n'est plus un secret, parler ciné m'oblige généralement à des aveux d'incultance. Ainsi, si de Fleischer j'avais vu Soleil Vert et Les Vikings, le titre de L'Etrangleur de Boston m'était tout à fait inconnu, aussi fondateur soit parait-il ce film (inspirateur de De Palma notamment).

  Sorti en 1968, le film ce base sur des faits réels survenus en 1962, un tueur en série terrorisant Boston en étranglant d'abord de vieilles dames, puis donnant une nouvelle dimensions à la panique en s'en prenant à des femmes de tout âge.

   Nous suivons donc l'enquête des policiers chargés de cerner le tueur, sous la direction de l'inspecteur John.S.Bottomly. Sauf que loin d'accoucher un thriller convenu, toute cette enquête ne sert qu'à parler d'autre chose. En premier lieu, la politique sécuritaire des Etats-Unis de l'époque, terrifiante dans un film des années 60 (qu'est-ce qu'il en serait maintenant !). Fleischer use pour cela d'une forme inédite, celle de la juxtapositions des images sur un même écran, kaleidoscopes qui, entre arrestations de la moindre personne suspectées de déviances sexuelles, et  angoisse des victimes potentielles, crée un climat de paranoïa -qui devient ironique lorsque les prémisses d'un meurtre, avec effraction de serrure, sont noyés dans ce déluge d'image, un nouveau meurtre étant ainsi perpétré au nez et à la barbe de cet impressionnant appareil policier.

  Cette forme, sur laquelle on ne peut bâtir un film sur toute sa durée, ne suffirait pas  à traduire le climat de paranoïa de cette affaire. C'est dans l'intrigue que celle-ci se révèle dans toute sa démence, au point que l'on se demande parfois s'il s'agit bien de faits réels que dépeind Fleischer. Il y a bien sûr la raffle des obsédés ordinaires, qui permet de cueillir des oiseaux de plus en plus improbables et inquiétants, galerie pyschiatrique haute en couleurs qui contribue fortement à l'ambiance glauque du film, mais paradoxalement tous innocents, et d'autres plus innocents encore - l'homosexuel dénonçé, sur des soupçons un brin délirants, par un couple de lesbienne, et l'un des passages les plus absurdes de cette enquête paranoïaque. Face à cette faune, les policiers font bien plus qu'écouter les témoignages les plus douteux, mais usent de méthodes déloyales (chantage sur affaire d'adultère, et même une hallucinante pêche avec appât féminin) et, cerise sur le gâteau, consultent un médium télépathe, qui manque ce faire coffrer le personnage de marginal le plus inquiétant du film, mais qui s'avère innocent.

  Ca, c'est ce qu'on pourrait  appeler la première partie du film. Car celui-ci prend un vrai virage à partir d'un moment qu'il serait vain de vouloir occulter malgré son passage tardif, car il fait intervenir le psychopathe, et après tout tout le monde est averti que celui-ci est jouée par Tony Curtis.

  L'affaire prent une autre perspective : le tueur n'est pas un sexopathe mais un honnête père de famille, ce qui ne surpendrait plus personne à l'heure actuelle. Et il s'avère qu'il souffre d'un dédoublement de personnalité, le bon père de famille ignorant tout à fait le tueur qui est en lui, et le découvrir ne ferait pour ainsi dire que le tuer mentalement. Or l'inspecteur Bottmoly ne lâche pas l'affaire, ne serait-ce que pour "pouvoir respirer" et c'est là que l'enquête prend une nouvelle direction : un bras de fer entre les intérêt médicaux et les intérêts policiers, ces derniers ne ressemblant plus qu'à une obstination vaine qui ne profitera à personne. Il y a de la tragédie dans cette deuxième partie, et celle-ci se joue dans un terrain dépassant largement le cadre de l'hôpital psychatrique où prend place l'interrogatoire : il s'agit de la psyché du tueur, dont le sondage offre des images proprement hallucinantes, tel que vous n'en verrez peut-être jamais ailleurs au cinéma, et qui restent la seule chose dans cette seconde partie sur laquelle il est nécessaire de laisser la surprise.

  Il se dégage de l'ensemble du film une impression glaçante, surprenante pour un film de la fin des années 60 et par rapport à des productions plus grand public de Fleischer. 

 

http://www.darioargentoproject.com/argento/film/oiseau/oiseau001.jpg 

Et ensuite, L'Oiseau au plumage de Cristal de vous-savez-qui. Difficile de parler d'un film aussi classique, à moins d'en parler à travers son regard subjectif de newbie. J'avais vu mon premier Argento à Bon chic, mauvais genre, et il s'agissait de Suspiria, dont l'image psychédélique et la musique des Goblins avaient contribués à me plonger dans un authentique état de transe hypnotique. Rien d'aussi fort ici, même si je m'y retrouvais en ce qui concerne l'esthétique baroque d'Argento.

  Le héros, écrivain américain en voyage en Italie, voit son départ avec sa compagne remis en question en étant témoin, de passage devant une galerie d'art, de la tentative d'asassinat de la femme du collectionneur par un homme dont il n'a pas vu le visage, mais qui ne peut être que le tueur en série terrorisant la région depuis quelque temps. Le héros est resté assez longtemps enfermé à l'entrée de la galerie pour observer la scène, ce qui renforcera l'aspect intriguant du célèbre leitmotiv du film : la réminiscence de la scène du meurtre, où le témoin ne parvient pas à se rappeller quoi que ce soit d'étrange, et le détail qui lui a échappé reste le mystère central -mais pas le seul, d'autres viennt pimenter l'enquête- tout le long du film. 

  Je dois dire que cet artifice et la résolution qu'il permet m'ont déçu par leur simplicité, là où je l'imaginais permettre une série de twists, mais il s'agit sans doute de ma tendance trop forte au fantasmes de pré-visionnage. Guère besoin en réalité de surexploiter l'image, ce qui pourrait au contraire être risqué, tandis qu'Argento excelle dans la noyade poissonnière, et remplit son film avec bien d'autres rebondissements autrement plus intéressants. Du reste, inutile de se focaliser excessivement sur le mystère, comme je m'en suis aperçu : il m'a fallu me rappeller que l'esthétique baroque est le principal interêt des films d'Argento, bien au-delà du banal suspens. Avec le très sombre et gothique Suspiria  comme seule expérience, je ne m'attendais guère aux intermédes humoristiques, dont le plus déjanté est celui du peintre fou emmuré chez lui. Les rebondissements stressants ne sont pas en reste, comme la compagne du héros assiégées dans sa demeure.

  Ah, et n'oublions pas la musique qui n'est pas encore du aux Goblins, mais à Ennio Morricone, et qui est nettement plus déroutante que les canoniques compositions pour Sergio Leone. Elément indispensable de l'esthétique d'un Argento,  elle montre qu'on est en train avec ce film d'inaugurer une belle décennie, celle des années 70.    

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