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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 14:11

 

C'est pas que je veuille marcher dans la rhétorique martiale de nos élus, mais je n'ai pas vraiment participé à l'effort de guerre pendant le dernier confinage (lequel intervenait pendant les deux ans de sommeil du blog, mais bon je me cherche pas d'excuses). Il est temps d'y remédier et d'apporter aux autres confinés de quoi passer le temps pour supporter cette dure épreuve. Je me suis donc décidé à partager plusieurs  courts-métrages, mais aussi des longs, dispos sur Youtube. Beaucoup d'animation dans le lot, mais susceptible de se pas ennuyer du tout les adultes.

Je commence avec un premier trio de courts-métrages découverts gamins et enfin retrouvés au cours de ces dix dernières années. Le premier, retrouvé pendant le confinement, découvert grâce à Arte au tournant du siècle, à peu près à l'époque où la même chaîne me révélait Dark Crystal, servira d'excuses auprès des Bretons qu'a pu froisser mon dernier troll, grâce à son phare et à sa musique de Yann Tiersen. Il s'agit du  Cyclope de la Mer de Philippe Jullien, court-métrage d'animation poétique et cruel  à la fois (découvert dans le même thema que la primesautier Tombeau des Lucioles, quand même).

 

Suit un court-métrage d'animation plus horrifique, The Sandman, qui vaudra à son réalisateur, Paul Berry, de participer à la conception de l'univers de L’Étrange Noël de Mr Jack.

 

Le dernier de la trilogie, découvert dans la même projo en cours d'Art plastique, l'hilarant Gisèle Kérozène, le premier court-métrage de Jan Kounen. A voir en pensant aux effets spéciaux de oufs de l'époque : derrière les sorcières qui volent sur leurs balais, il y a un cascadeur ne cesse de faire des bonds, et un réalisateur qui n'a gardé au montage que les images où il ne touche pas le sol. Deux grands malades.

 

Découverte bien plus récente, cet été, un court-métrage bien plus hilarant encore et impertinent : Il était une fois l'huile de Winshluss, artiste dont j'avais déjà chroniqué un chef-d’œuvre de BD iconoclaste ici.

 

Tant qu'à être exhaustifs dans mes trouvailles et retrouvailles, j'ai retrouvé hier la trace d'un court-métrage vu il y a quelques nnées au ciné, Goose de Morgan Simon, qui n'est pas forcément un chef-d'oeuvre mais n'en reste pas férocement drôle.

 

  J'avais aussi parlé sur le blaugue, à peu près à la même époque que Winshluss, de René Laloux. Partis pour partager ses courts-métrages, je viens de découvrir avec surprise sur ses trois longs-métrages sont également sur Youtube. Il faut cependant signaler que son chef-d’œuvre, La PLanète Sauvage, est interdit aux mineurs par ces crétins de Youtube, qui le jugent vraisemblablement pornographique sur des critères infantilisants jusqu'au ridicule dont les Yankees de la Silicon Valley ont le secret. Si vous n'avez pas de compte Google, ou si ça vous casse vraiment les gonades de vous connecter, je vous conseille de télécharger (tout à fait légalement) un logiciel du genre 4k video downloader pour télécharger la vidéo, la description Youtube laissant entendre que le téléchargement ne sera pas bloqué pour raisons de droits. Pas de problèmes en revanche pour Les Maîtres du temps, de toute façon un peu plus orienté public jeune, ni pour Gandahar, ni pour la plupart des courts-métrages :

 

Son premier, Les Dents du singe, extraordinaire œuvre d'Art Brut réalisé avec les patients de la clinique psychiatrique où travaillait Laloux, patients que nous avons les privilège de voir sur cette version longue du court-métrage (je n'avais pas droit à autant par les bonus de mon DVD de La Planète Sauvage. En revanche, il est impossible de télécharger ce court-métrage-ci, du moins dans cette version, il semblerait que a chaîne Youtube la protège). 

Ses deux premières collaborations avec Roland Topor avant le long-métrage suscité, le très grinçant Les Temps morts, d'après une nouvelle de Jacques Sternberg, qui n'est certes pas des plus appropriés à cette période morose, et ce chef-d’œuvre d'humour noir et burlesque qu'est Les Escargots.

Je conclus le cycle lalouesque sur ses deux collaborations avec Caza en dehors de GandaharComment Wang Fô fut sauvé, adaptation de Yourcenar, et La Prisonnière, dont j'ai réussi à trouver une vidéo non interdite au mineurs (la nudité est plus explicite que dans La Planète Sauvage, mais franchement, cette censure à l'américaine reste ridicule).

 

Un réalisateur d'anim' qui me fait fortement penser à Laloux, c'est Jean-François Laguionie dont j'avais chroniqué Louise en hiver. Si aucun de ses films postérieurs aux années 80, et donc les plus connus, ne sont dispos sur Youtube, il y a néanmoins matière.

D'abord, son premier long-métrage, celui-là même qui me fait penser à Laloux, Gwen, le livrez de sable

Et ses courts-métrage, dont la plupart son dispos sur Youtube, et que je range ici dans l'ordre chronologique de leur réalisation :

La Demoiselle et le violoncelliste

L'Arche de Noé

Une bombe par hasard

Potr' et la fille des eaux

L'Acteur

Le masque du Diable

Et son plus célèbre court-métrage, La Traversée de l'Atlantique à la rame

En passant, en faisant ma recherche Youtube pour retrouver les Laguionie, je suis retombé sur Les Trois inventeurs de Michel Ocelot, qui à l'époque où je l'ai vu m'a semblé le meilleur court-métrage d'un DVD sur lequel j'avais été un peu sévère ici (il est probable que je le serais moins maintenant). Je vous laisse chercher vous-même les autres courts-métrages, je ne les ai plus en tête.

 

Comme la poésie et la grâce, ça va un moment, revenons à l'humour noir et à quelque chose de plus viscéral qui prouve que le cinéma expérimental peut-être un coup de poing émotionnel, avec J'ai vomi dans mes cornflakes de Pierrick Servais (oui, je sais, le titre fait peut, c'est là tout le sens de la dérision du cinéaste), retrouvons l'humour noir dans l' animation avec Ruka (La Main) du tchèque Jiri Trnka, retrouvons-y un humour noir plus soft et moins oppressant (sur une belle musique de New Order) avec More de Mark Osborne, et enfin, puisque j'ai mentionné ces grandes références essèfe que sont Laloux et Caza, finissons notre voyage en dérivant sans honte vers le cinéma bis, mais alors vraiment bis. Je vais cette fois partager une chaîne Youtube que je connais depuis le précédent confinement, mais dont  je n'ai presque rien vu : sur One night in the drive-in, chaine dédiée aux films rares du cinéma bis, dispos avec sous-titres français, je n'ai vu pendant le dernier confinage sur charmant nanard 50's The Monster of Piedras Biancas (découvert en cherchant, d'après mes souvenirs de môme, un des courts-métrages ci-dessus...saurez-vous deviner lequel ?). Je ne sais pas ce que valent les autres films, lesquels sont susceptibles d'être des navets ennuyeux, des nanards très drôles, de bonnes séries B...Je m'avoue surtout intrigué par le film yougoslave The Atomic Bride, et par Equinox  dont le résumé laisse penser à un intéressant précurseur d'Evil Dead de Sam Raimi. Peut-être les découvrirez-vous avant moi. 

 

Bon visionnage !

 

ADDENDUM :

 

Je n'avais pas fait le tour de ma filmothèque youtubesque. J'ai notamment oublié, pour ce que je peux me rappeler pour l'instant, une découverte faites pendant le dernier confinement grâce à une amie avec qui j'avais visité une expo d'une forme d'Art très ancrée dans la politique culturelle nordiste et dont j'avais déjà parlé, l'Art Brut. Dans cette expo d'Art Brut et d'Art Naïf, sur la fondation Paul Duhem, qui a eu lieu au musée de l'Hospice Comtesse, à Lille, se trouvait le tapissier Jacques Trovic, et mon amie m'a donc fait découvrir un documentaire sur l'artiste, sur une improbable émission d'Art Brut de la télé public, depuis arrêté semble-t'il, dont j'ignorais l'existence, et j'ai découvert que le documentariste, Jean-Michel Zazzi, avait abondamment filmé ces Arts populaires et marginaux et mis en ligne énormément de choses sur sa chaîne Youtube dont voici le lien. Sur cette chaîne, vous trouverez surtout des vidéos sur la culture en milieu scolaire, sujet auquel j'ai du mal à m'intéresser, mais qui vous plaira peut-être bien plus qu'à moi. En attendant, les documentaires relatif à l'Art Brut que j'ai pu dénicher sur la chaîne, et dont les formats varient de la vidéo de trois minutes au moyen-métrage d'une heure  :

Jacques Trovic

Jacques Trovic- Rushes et entretien

Raymond Reynaud, la force en dedans

Francis Marshall

Les "Guignols Solex" de Monsieur Gens

Paul Amar à la Fabuloserie

Les girouettes de la Fabuloserie

Raymond Moralès

 

EDIT :

Le Manège de Petit Pierre

(cette dernière œuvre extraordinaire a donné lieu à une vidéo qui lui rend encore plus justice, où en outre on voit l'artiste dont je pense qu'il ne doit plus être en vie, par un autre vidéaste, Emmanuel Clot, il y a une quarantaine d'années : c'est ici).

Exposition hors champs (tant qu'à en rajouter sur le musée de la Fabuloserie, dans l'Yonne)

L'oeuvre de l'abbé Lecoutre

 

Il est évident que j'en ai oublié des tonnes dans mes investigations, je vous laisse fouiller, et pas seulement sur la chaîne de Jean-Michel Zazzi (EDIT 1 : cf Emmanuele Clot sur Petit Pierre)

 

EDIT 2 : en revanche, je retire ce que j'avais écrit sur les vidéos de Raymond Moralès, premier exemple d'artiste brut dont j'avais constaté le succès sur Youtube. En réalité, cet artiste, victime de son esthétique morbide qui en fait le cliché de l'artiste "fou"au sens le plus dégueulassement sensationnaliste du terme (Bruno Montpied, dont j'ai donné plus haut le lien de ma chro de son Éloge des jardins anarchiques, personnage très attaché à la gaîté populaire de l'Art Brut, de l'Art Naïf et-il-s'en-fout-des-étiquettes-et-nous-aussi, a déjà exprimé sur son blog  Le poignard subtil ses problèmes avec la mode du "pathos" dans la promotion de l'Art Brut, encore parlait-il sans doute d'un versant plutôt "institutionnel" que, euh, "beauf"), le jardin de l'artiste n'attire  pas des "documentaristes" comme je l'ai affirmé naïvement, mais des touristes exhibant leur trophée sur Youtube. Si la vidéo que j'avais archivé sur mon disque dur pendant le précédent confinement, et qui semble disparu depuis, avait le mérite de ne durer que deux minutes et d'être accompagné d'une musique gaie et entraînante qui déjouait le pathos, ce qu'on peut éventuellement voir comme une marque de respect, il en va tout autrement de celle que j'ai essayé de regarder il y a quelques minutes, plus d'un quart d'heures de promenade touristique mal filmée accompagnée d'une abominable musique horrifico-hollywoodienne entre Tubular Bells et Hans Zimmer (que j'ai coupé dans l'espoir de regarder la vidéo avant de percuter connement ce que j'étais en train de regarder). Bref, rien ne vous interdit de chercher de genre de niaiseries par vous-même, mais il est hors de question que je les cautionne et que j'en fasse la promotion.     

 

Puisque on a abordé, avec l'Art Brut, un domaine où l'adulte assume sa part d'enfance (dixit Bricolage de Paradis, l'adaptation d’Éloge des jardins anarchiques, meilleur documentaire sur l'Art Brut ever, mais que je déséspère de voir sur Youtube), il est temps que je revienne sur la fixette absurde qui a dirigé le présent article : vouloir à tout prix viser les adultes, même dans l'animation. Je peux bien faire du familial, tant que je ne fais pas dans la niaiserie...même si je vais encore puiser dans mes propre souvenirs d'enfance, avec une belle adaptation franco-russe d'un conte d'Afanassiev, montré par le prof d'Art plastique ci-devant évoqué : Le Bateau volant. Je préviens : le son est exécrable, je pense que plus personne ne trouvera cette rareté des 90's avec un son correct.

 

Je clos là le premier addendum, car je ne doute pas qu'il y en aura d'autres, même si j'ai l'impression d'avoir bien fait mes fonds de tiroir numérique. S vous n'avez pas accès à la page Facebook du blog, revenez directement jeter un œil sur celui-ci de temps en temps. 

 

ADDENDUM 2 :

 

Comment ai-je pu oublier  cette fable politique dont l'humour noir résonne toujours aussi bien aujourd'hui L'Empreinte de Jacques Cardon ? (Je donne le lien de seule version que j'ai trouvé avec une image correcte, même si la colorisation me semble étrange).

 

Et quitte à parler des dessinateurs / animateurs iconoclastes des années 70, il est temps que je prenne sur la pudeur ridicule (et après ça donne des leçons aux GAFA) qui me retenait de signaler que les quatre longs-métrages du grand Picha sont en ligne, et vous savez désormais comment contourner l'interdiction aux mineurs (PAR CONTRE, CELLE-CI EST JUSTIFIEE !) sans compte Google.

Je ne peux conseiller en connaissance de cause que l'hilarant délire érotico-loufoque Tarzoon, la honte de la jungle mais je poste bien sûr les trois suivants, que vous verrez peut-être aussi avant moi :

Le Chaînon manquant

Le Big Bang

Blanche-Neige, la suite

 

Oserais-je vous asséner une forme de péplum à grand spectacle des années soixante-dix ? Au moins celui qui va suivre vous occupera trois heures, six pour les plus fous d'entre nous (et puis ça sera plus familial que Picha). Il s'agit du Message, fresque filmique sur Mahomet et la naissance de l'Islam, réalisé dans les années 70 par le réalisateur américain d'origine syrienne Mustapha Akkad, pour faire connaître la culture musulmane aux spectateurs occidentaux. La façon dont le film a été tournée, qui pourra sembler navrante à beaucoup, est en tout cas curieuse : le film existe en deux version, l'une "internationale" avec des acteurs anglo-saxons (dont Anthony Quinn) que vous trouverez en version française, et l'autre en version "arabe", avec des acteurs issus des pays arabes, ici en VOSTFR. Devant ce choix absolument draconien, je pense que pour beaucoup de gens qui fréquentent ce blog, et comme dit le mème viral du moment, "je crois la question elle est vite répondue non ?". Mais je poste quand même les deux versions par acquis de conscience, surtout que je dois confesser n'avoir vu que la première, la seconde n'était pas encore en ligne à l'époque.

 

ADDENDUM 3 :

 

De plus en plus impardonnable : oublier un court -métrage que j'avais déjà posté sur le blog dans mon article sur l'art du réalisateur  Fursy Teyssier. Il s'agit du grâcieux et mélancolique Tir Nan Og,d'une ambiance pas si éloigné de Laguionie, finalement.

 

Tant qu'on est revenu dans l'animation, une curiosité : La Faim de Peter Foldes, considéré comme le premier court-métrage en animation numérique, à cent lieu, tant du point de vue esthétique que du fond politique, des bouses qui prolifèrent aujourd'hui dans ce genre d'anim'.  

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