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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 12:49

  http://ecx.images-amazon.com/images/I/61ArmqZmsOL._SX342_.jpg Le groupe Nadja est un duo originaire de Toronto, qui sévit dans une musique expérimentale qui varie d'un album à l'autre, sachant qu'ils sont très productifs, mais tourne globalement autour du drone metal. Ce que j'en ai écouté m'a semblé plutôt aride, comme l'ensemble du drone metal, genre qui ne m'a jamais beaucoup accroché (mais c'est peut-être faute d'avoir pu en écouter dans de bonnes conditions, notamment avec les enceintes poussées à fond, ce que je n'ose faire de peur de me faire assassiner par les voisins). When I Seen the Sun Always Shines on TV, publié comme beaucoup d'autres albums du groupe chez The End Records, excellent label américain de rock progressif et de metal que je connaissais surtout jusque là pour le magnifique groupe de post black metal Agalloch,  cet album donc est le seul qui ait vraiment retenu mon oreille, et qui ait changé mon regard sur le drone, même s'il se rapproche du doom, musique un peu moins lente qui est peut-être mon courant metal de prédilection.

 

  When I Seen the Sun Always Shines on TV est un album de reprise, reprises plutôt improblables s'il en est, comme vous avez pu le constater si vous avez reconnu dans le titre une ritournelle de...A-ha. Et pour le reste, c'est pour le moins contrasté, car A-ha y voisinne avec...Slayer, Eliott Smith, The Cure, Swans...

  Et donc, ces reprises sont plutôt doom/drone, et également post-rock, autre style de prédilection de Nadja, et les voix, élément rare dans discographie de Nadja mais rendu inévitable sur cette album de reprise, sont d'un style shoegaze, quoi pousse très loin la faiblesse de la voix (du coup, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec le très beau groupe français Les Discrets, qui concocte  un mélange très proche de doom metal, de post-rock et de shoegaze, et pousse également très loin la faiblesse de la voix, mais pour un résultat très éloigné de la musique expérimentale de Nadja).

  La plus grande prouesse artistique de cet album, et c'est là que les honorable lecteurs de ce blog vont commencer à lever un sourcil sceptique et que je vais commencer à me sentir bien seul, c'est celle de faire se ressembler tous les morceaux dont les originaux sont si divergents. Le trash metal brutal de Slayer, la folk éthérée d'Eliott Smith, la synth-pop sautillante d'A-ha, tous ces morceaux se fondent dans un même style. Ajoutez à cela une volonté assumée de cultiver un son pourri, chargés de larsens et autres parasites, et ces reprises peuvent légitemement laisser sceptique ; et je n'ose imaginer à quel Enfer les voueraient les fans hardcore des originaux, même si à mes yeux une reprise ne s'apprécie qu'en elle-même (autrement je n'aimerais pas autant et sans doute même détesterais les reprises commises par Type O Negative, groupe qui a coutume de s'attaquer à des mastodontes du rock).

  Et pourtant, sans que je puisse expliquer pourquoi, ça marche. Loin d'être la soupe immonde qu'elle peut sembler à un auditeur inattentif (ou peut-être juste moins pervers que moi), la musique de Nadja est un joyau de musique dépressive, dont la qualité est à l'opposé de la masturbation technique (j'admire aussi la technique instumentale, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ) et par-là même donne une autre image de la musique, très éloignée de celle qui domine de façon écrasante la musique metal et même rock, où on a du mal à imaginer qu'on puisse être brillant sans riffs de gratte virtuoses ou voix de six octaves.

 

  Il me faut enfin dire un mot sur un élément qui apporte une plus-value indiscutable à l'album : le packaging. Je vais sans doute sembler ennuyeusement dissert, et du coup me sentir encore plus seul, mais j'attache une grande importance au flacon de mon ivresse musicale, sans doute en rapport avec mon goût immodéré pour l'image, qui se traduit par une collectionnite aigue de baydays, de livres d'arts et même d'albums pour pitinenfants, et explique sans doute aussi ma grande consommation de CD physiques, même si pour l'un comme l'autre j'ai du beaucoup lever le pieds depuis quelques années (3615 mylife off).

  Donc, le  packaging...je ne parle pas seulement de la pochette, qui détonne encore une fois dans le monde du metal par son esthétique de BD ou de dessin animé (et qui me semble bien, comme d'autres cover de l'artiste Klawful pour le même groupe, une mise en scène fantasmatique des deux membres de celui-ci), mais que vous pourrez trouver n'importe où sur le net, mais je parle également du livret, d'autant plus gratuit qu'il ne contient bien entendu aucune parole des reprises, et qui constitue un prodige de narration graphique et pour ête précis de narration graphique muette, avec la contrainte que cela implique. Je pense que ce très bel objet va entrer dans mon panthéon personnel des packaging de disques, au côté de Machina-The Machines of God des Smashing Pumpkins (qui joue encore dans une autre cour une dizaine de dimensions au-dessus), de Soft Black Stars de Current 93, de Home et quelques autres disques de The Gathering....bon, ok, je me calme.

 

  Et je maintiens, cet album est brillant. Si si.       

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 13:37

 http://ecx.images-amazon.com/images/I/51DfjI7DtnL._SX300_.jpg Ca devait arriver, voilà-t'y pas  que j'ai à nouveau envie de rédiger des chroniques musicales, idée qui me trottait dans la tête depuis un moment et n'attendait que l'album idéal pour offrir le déclic.

 

  Celtic Frost, le groupe de metal suisse aux multiples talents, qui a commençé par le trash brutal et n'a cessé depuis de se renouveller, faisant même un crochet par l'avant-garde metal, eh bien Celtic Frost est un groupe que je connais finalement mal. J'avais écouté une partie de leur discographie sur Spotify, quand je me laissait encore plumer par ce site, l'été dernier, et puis, malgré mon interêt, je me suis lassé et mon souvenir a un peu rouillé. Monotheist, l'un de leurs tous derniers albums, paru en 2006, m'a nénamoins assez accroché pour que j'ai envie de le réécouter hier, ce qui a abouti à son achat ce matin (dans une version d'occasion qui compte le morceau Temple of Depression en plus au milieu du disque, que demande le peuple ?).

 

  Monotheist sévit dans ce qu'on peut appeler du doom metal. Pas de ce doom gnangnan qui devient tant à la mode aujourd'hui (bon, j'avoue volontiers adorer Les Discrets, mais pour moi ce groupe n'est pas du metal), mais un doom pesant et écrasant. En outre, Celtic frost n'a pas oublié ses racines trash, et cela se ressent dans l'instru mais aussi dans les vocaux gutturaux qui rende ce doom proche du sludge, voire du doom death. Bref, tout doom qu'il est, Monotheist n'en est pas moins d'une brutalité jouissive, peut-être l'un des plus violents albums de doom que j'ai entendu.

  Et en même temps, l'album ménage pas mal de passages atmosphériques : ainsi l'intro et le break sur A Dying God Coming into Human Flesh, mais aussi les morceaux gothiques où ne manquent même pas les voix féminines, Drown in Ashes, le plus planant, et Obscured, sans oublier la touche gothique sur nombre de morceaux plus violents.

  Parmi les morceaux les plus surprenants, Totengott me sidére par sa capacité à repousser les limites de la morbidité, avec d'autant plus de mérite qu'il ne s'agit pas vraiment d'un morceau metal, l'instru est minimaliste et l'essentiel de la morbidité repose sur la voix.

   A noter que même quand ils composent un morceau classique pour conclure leur album, Celtic Frost arrive à être bien plus original et talentueux que bien des groupes de metal.

 

  Bref, une grande réussite.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 15:38

  Souvenez-vous, j'ai déjà participé aux éditions 2011 et 2012 de ce tag géant lançé en 2010 par le blog lolobobo. Et bien entendu, je récidive.

  Si vous voulez jouer aussi, voici le lien du billet de l'édition 2013 où toutes les règles vous serons expliquées (normalement, il est conseillé, c'était en tout cas rappellé lors des éditions précédentes, de les recopier sur son propre blaugue, mais vu comme c'est compliqué de copier-coller sur overblog avec Firefox, je choisis la solution flemmarde).

 

  Donc, pour ma chanson de l'été, je vais pour la première fois suivre gentiment la règle et ne proposer qu'un morceau. Et comme chanson de l'été, quoi de mieux qu'une chanson SUR l'été ? Mélomanes exigeants, n'ayez pas peur, j'entend profiter de l'occasion pour montrer une autre face de la foule des zicos qui suivent l'idée farfelue de faire de l'été le thème de leurs compositions.

 

  Voici donc Summer's Glory, du groupe Alcest, tiré de l'album Les Voyages de l'Âme.

 

 

  Je me permet maintenant, selon  la régle, de taguer Nébal
 
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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 11:33

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61pbf6HNn4L._SL1354_.jpg 

Après trois chroniques de la section musicale de ce blog, je me rend compte que je dois sembler un peu monomaniaque, car toutes trois avaient rapport de près ou de loin avec la scène black metal (même quand  l'album chroniqué n'en était pas, juste le groupe à ses débuts). Il est donc temps non seulement de quitter cette scène, mais de quitter un peu les terres du metal, parceque quand même, il y a pas que ça dans la vie. Surtout que la chronique du dernier Sigur Ros doit bien être dans mes cartons depuis trois semaines, la première écoute de l'album ayant servi à m'isoler de certaines festivités patriotardes de mi-juillet où, comme dit le poète, je reste dans mon lit douillet, un disque de musique contemplative étant, on le conçoit, idéal dans ces conditions.

  Donc, Sigur Ros, pour les présenter à ceux qui ne les connaissent pas, c'est un groupe islandais devenu depuis la fin des années 90 une formation phare de la scène post-rock...mais comme l'appellation post-rock ne définit parait-il pas grand-chose, car englobant des groupes parfois sans grands rapports entre eux, je définirais leur style un peu inclassable comme un rock expérimental très influencé par le rock progressif, le classique, le minimalisme, le noise rock, résolument tourné vers un son très atmosphérique, mais sans oublier un travail très riche à la fois sur les mélodies et les sonorités, ce qui rend leurs compositions trippantes au possible. A noter que la majorité des textes sont rédigés soit en islandais, soit en "vonlenska", une langue inventée dont les sonorités sont proches de la langue de Snorri.

  Au cours de sa déjà longue carrière (Kveikur, dont il sera question ici, est quand même leur septième album studio) Sigur Ros a su  garder son style propre tout en se renouvellant de façon subtile d'un album à l'autre. Mais je dois admettre qu'avec l'avant-dernier, Valtari, ça a coincé chez moi. Je ne saurais guère expliquer pourquoi d'ailleurs : il est possible que cela vienne davantage de mon oreille que de l'album et que celui-ci soit difficile d'accès pour moi. Je l'ai d'ailleurs un peu mieux apprécié à la deuxième écoute pour laquelle il fallu quand même attendre un an que Kveikur paraisse, et je sens qu'il va falloir que je passe un certain temps à l'apprivoiser.

  Kveikur, en revanche, et sans nulle doute l'un des albums les plus accessibles de Sigur Ros, pour une raison simple: il est sans doute leur plus rythmé ; en fait j'ai eu l'impression que les deux derniers albums du groupe formaient un dyptique séparant  deux facettes habituellement mêlée à diverses proportions dans les albums précédents, Valtari concentrant les morceaux éthérés et contemplatifs, et Kveikur les morceaux qui tout en restant ambiant peuvent tout à fait être qualifiés de catchy et pêchus.

 

  Avant de passer à la revue des morceaux, un mot sur l'artwork : c'est peut-être l'un des plus stupéfiants qui ait été conçu par le groupe (qui a toujours eu un goûts très sûr pour ses visuels) et surtout le plus troublant, surtout à l'intérieur du packaging (précisons que j'ai l'édition digipack, il est possible que tout le monde n'ait pas les même illus) avec cette fresque de style art brut remplis de personnages et d'animaux dont les têtes sont remplacés par une sorte de, euh, de...symbole maçonnique ? (désolé, mais un triangle avec un oeil, c'est la première chose à laquelle ça me fait penser...ben quoi ?).

 

 Bon, allez, brève revue des morceaux.

 

  On commence cash avec Brennistein, du Sigur Ros standard au niveau de l'instru, ce qui, attention, ne veut absolument pas dire morceau faible, cela n'existant pas à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles) sur ce disque, à l'exception de l'outro qui sert plutôt à redescendre en douceur. Et puis Brennistein a peut-être le meilleur jeu de batterie de l'album, la voix de fausset du chanteur Jonsi est particulièrement trippante (mais elle le sera sur beaucoup d'autre pistes), et de plus l'intro présente tout de suite l'une des innovations de l'albums : un son noisy très abrasif.

  Hrafntinna introduit davantage de variété avec un instrument que je ne me souviens pas avoir entendu jouer auparavant par le groupe, que je leur ai découvert sur scène en février dernier dans des morceaux que je n'ai pas reconnu et qui étaient peut-être bien des teasers de l'album : un orchestre de gongs, du type gamelan, enivrant à entendre.

    Isjaki a aussi des sonorités très riches avec son tambour et ses sons aigres de pipeaux, qui lui donne une ambiance folk très décalée sur l'album, et endiablée avec ça.

  Yfirbord revient à du Sigur Ros standard. Dans la lignée des sons de synthés plus durs dont j'ai parlé avec l'intro de l'album, ici on entend, assez discrétement il est vrai, de véritables beats électros, le son le plus décalé de l'album, le plus propre à destabiliser le rocker un peu puriste.

  Stormur est toujours du Sigur Ros standard, avec ce que ceci a de relatif sur cet album.

  Par contre, Kveikur, le morceau-titre, réemploie les gongs et présente en outre la meilleure prestation vocale de Jonsi sur l'album, ses vocalises étant susceptibles de provoquer forces "eargasmes".

  Rafstraumur occupe une place un peu à part, en ce que tout en restant aussi catchy que les autres morceaux, il renoue avec la veine contemplatives du groupe, dans son intro et dans le passage instumental qui en reprend le thème au milieu. Frissons garantis.

  Blapradur revient au Sigur Ros standard (voir plus haut ).

  Var est l'outro anecdotique dont j'ai parlé plus haut, qui nous fait redescendre en doucueur avec ses notes de pianos et ses plages de synthés discrètes mais qui, sons noisy aidant, l'empêchent d'être trop mièvres.   

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 12:57

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61ykxi%2BB3-L._SY450_.jpg

 

Aujourd'hui, parlons un peu black metal.

Non, mon intention n'est pas du tout de surfer avec opportunisme sur l'actualité, encore moins de lançer un sujet polémique (la polémique n'ayant pour moi aucune légitimité, autrement dit : trolls éventuels, restez à la porte).

  Encore que...en ces temps où les amateurs de black metal sont plus que jamais sous les feux de la rampe médiatiques et plus que jamais susceptible d'être accablés de clichés et d'amalgames en tout genre, il peut ne pas être mauvais de revendiquer son goût pour cette subculture en montrant du même coup  qu'on a rien d'un beauf dégénéré et psychopathe (ce que quiconque farfouillera dans les archives de ce blog à l'origine plutôt livresque pourra vérifier...comment ça prétentieux ?).

  Mais bon, même si on peut tirer de ce billet l'interprétation qu'on veut, je n'ai aucune vélleité militante en le redigeant : j'avais en tête depuis un moment de ressusciter la balbutiante rubrique musique de ce blaugue, j'ai déjà quelques projets de chronique dans mes cartons, et comme je venais d'écouter le dernier Summoning et que je n'écris jamais si bien qu'à chaud, j'ai décidé d'en parler, comme ça, pouf.

 

    Pour présenter Summoning, il s'agit d'un des tout premier groupes de black metal autrichien, dont le premier album est paru en 1994, autant dire qu'ils sont arrivé au bon moment : le tout début de la "Seconde Vague" du black metal, quand la scène tire un trait sur les frasques de ses premiers meneurs que, chose pratique, je n'ai plus besoin de résumer au plus profane de mes concitoyens (de toute façon ça me gonflerait), se déploie avec de nouveaux groupes, sort des frontière de la Norvège et de l'obscurité et surtout, surtout, commence à devenir vachement intéressante musicalement : qu'il suffise, pour avoir un aperçu du sommet du panier, d'écouter n'importe lequel des quatre albums d'Emperor, peut-être ce que la scène a produit de meilleur depuis ses origines, qui dépasse même celle-ci pour se ranger dans la panthéon du metal progressif aux côté de Tool et d'Opeth. Quelque chose d'encore trop rare, car il faut bien reconnaitre que la scène stagne depuis une vingtaine d'année, la faute à un noyau de puriste plus influent que dans n'importe quelle autre scène et qui constitue hélas un important vivier d'acheteurs de disques comme de zicos en devenir (toi, tu va avoir des problèmes !).

  Summoning a une carrure modeste comparé à un groupe comme Emperor, mais il reste dans le haut du panier de la production black metal, et une référence majeure en matière de black metal ambiant, courant très riche potentiellement par sa fusion paradoxale de violence et de douceur planante (qui a mon sens trouve son aboutissement au-delà de ce courant proprement dit, dans la post-black-metal d'Agalloch) mais  qui, comme tout autre, subit son propre formatage. L'un des traits les plus caractéristiques et les plus populaires du groupe est de tourner la grande majorité de ses textes vers l'univers de Tolkien. Déjà, je comprendrais que certains aient un mouvement de recul, et fuient en courant si j'ajoute que les mélodies de Summoning, offrant la part belle aux synthé et aux samples reconstituant des ambiances médiévales, sont résolument tourné vers des ambiances "épiques". Oui, certes, la musique épique, comme de nombreuses BO de jeux vidéos et de blockbusters filmiques (Hans Zimmer, je te vois), c'est l'archétype de la soupe musicale qu'on peut servir aux geeks de bases, cible par ailleurs jamais loin de la scène métal, et quand en plus le groupe chante Tolkien...d'ailleurs, y a pas photo, la présentation-fleuve de l'album sur Spotify était clairement du gros racolage envers le geek moyen.

  Mais quand même, Summoning, c'est épique, mais avec subtilité, toujours soigné au niveau des mélodies et des sonorités, et jamais loin d'une certaine mélancolie un peu froide qui reste, il faut le dire, ce que la scène black peut nous procurer de meilleur comme ambiance. Comparez à Amon Amarth, autre attrape-geek potentiel dans la scène death mélo (que j'aime écouter de temps en temps pour me délasser les oreilles, mais qui ne m'a jamais transcendé non plus), ben y a pas photo.

  Et d'ailleurs, si j'en crois Wikipedouille, tous les textes y parlent même aps de Tolkien. Depuis le quatrième album Stronghold, Moorcock et, hors fantasy, le poète américain Robert Frost se serait joint à la fête. Na, et toc !

 

  Donc, le dernier bébé, Old Mornings Dawn...il convient de tout de suite préciser qu'il vient après une attente de sept ans, sept ans pendant lesquels le groupe a été en stand by, condition d'autant plus propice à l'oubli qu'à ma connaissance le groupe ne donne jamais de concerts, comme certains de leurs potes autrichiens dont les gothiques de Dargaard. Autant dire qu'on les attendait au tournant et que toutes les craintes étaient légitimes.

 Déjà, premier constat : pas de surprise à l'horizon, Summoning fait du Summoning, c'est de la recette bien rôdée et de l'auto-référentiel, voir de l'auto-plagiat. Qu'on se le dise, cela ne me dérange absolument pas : ce n'est pas le genre de groupe dont j'attend qu'il me surprenne par un virage à 180° comme Ulver

  Mais, quand même, je ne sais pas si c'est une impression influencée par mon a priori sur ce retour tardif, mais les craintes qu'on/je pouvais avoir me semblent un peu justifiées : après l'excellent Oath Bound d'il y a sept ans, ça sent un peu le coup de mou, que j'espère passager (en pensant malgré moi que pour le groupe de doom gothique Katatonia, ça fait deux albums que j'espère la même chose). C'est que l'album m'a semblé un peu plus monotone que ses prédécesseurs, les morceaux ont certes chacun leur empreinte, mais sont bâties sur le même modèle, avec le même genre de sonorité : cuivres, synthés cristallins, et des lignes d'instru métal sans grande imagination, quelques voix parlées qui sont la pattes de Summoning mais semble vraiment là pour la forme. Cependant, il y a quelques pépites de variété dans l'album : l'intro particulièrement roboratives avec ses voix chuchotés qui évoquent quelque chose de fantômatique, ses rugissements tout aussi intriguant, ses tambours et ses fifres, l'instrument à corde que je n'ai pas su reconnaitre (un luth ?) dans Flammifer, une sorte de cor au début de Caradhras, les choeurs discrets mais fort étranges dans Of Pale White Morns and Darkened Eve et surtout le dernier morceau, Earthshine, qui outre son intro dont le synthé évoque un piano, son finalement peu usité dans Summoning, m'a particulièrement surpris en ce que pour la première fois de l'histoire du groupe, la voix du chanteur (qui peut être indifféremment l'un des deux mermbres, Protector ou Silenius...le livret d'album tranchera peut-être pour moi) ressemblait davantage à un chant trash qu'à un chant black, m'évoquant irrésistiblement Bathory.

  Malgré ces louables trouvailles, l'impression persite d'un album un peu plus monotone et moins inspiré que les précédents.

  Et pourtant...et pourtant... si j'ai l'air sévère, c'est en vertu du proverbe "qui aime bien châtie bien", car je suis incapable d'éprouver de la déception à l'écoute de cet album, et ait bien envie de dire que malgré tout, ça fonctionne. Car ça reste agréable à écouter, et c'est beau, tout simplement. Et aussi parce que, il serait temps de l'avouer, je suis très loin d'être objectif : Summoning, c'est toute ma jeunesse, le groupe qui m'a fait immédiatement apprécier un style (le black metal) auquel aucun rudiment ne me préparait au sortir du lycée, dont l'album Let Mortal Heroes Sing Your Fame fut l'un des tous premiers album de métal que j'écoutais et le tout premier que j'achetais. Donc écouter Old Mornings Dawn, pour moi, c'est comme retrouver des potes d'adolescence (même tardive). Je ne ferais donc pas un bon prescripteur, mais je crois quand même pouvoir avancer à peu près objectivement que même en moyenne forme, Summoning reste bien au-delà de bien des groupes de black metal actuels, et dans le haut du panier de la production actuelle du métal en général.  

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 16:31

Chronique remaniée au 22 février, essentiellement sur le chapitre consacré à l'album.

 

 http://25.media.tumblr.com/tumblr_lsij8kQTVN1qcyxkwo1_500.jpg

Après  Ulver, deuxième chronique musicale de ce blog. Cette fois, je me sens d'attaque pour faire du tracks par tracks, et je vais même le faire pour la disco compléte d'un groupe. Si.

  Non, je ne suis pas fou, la disco compléte d'Amesoeurs, groupe dissous en 2009 après cinq ans de bons et loyaux services -c'est court, snif- ne compte à l'heure actuelle qu'un EP et un album, plus un split avec Valfunde sur lequel je n'ai pas eu l'honneur de mettre la main et qui n'excite que moyennement ma curiosité -Valfunde, c'est Peste Noire, quoi.

 

  Le groupe français Amesoeurs est un projet de Neige, talenteux chanteur et multi-instrumentiste du très recommandable groupe Alcest *cri de groupie*... hum, pardon. Neige, donc, au chant et à la gratte, associé à la chanteuse et bassiste Audrey Sylvain, l'une de ses partenaires en tant que musiciens de session sur l'affligeant combo Peste Noire, au batteur multitâche Winterhalter (présent sur Alcest, Les Discrets  et un autre projet de Neige, le groupe allemand Lantlôs, excusez du peu) et rejoint à partir de l'album par Fursy Teyssier, chanteur et multi-intrumentiste (encore) de l'également très recommandable groupe Les Discrets, en tant que second guitariste et bassiste.

 

  Le style du groupe est particulier en ce qu'il est bâti gross modo sur la symétrie de deux genres différents : les morceaux black metal, interprétés par Neige, et les morceux "cold rock", très influencés par le rock gothique de la grande époque (The Cure, Joy Division, et je préférerait oublier Depeche Mode, mais ça n'a rien de rédhibitoire quant à mon appréciation d'Amesoeurs), et interpétés par Audrey Sylvain. Une recette simple en apparence, mais compliquées par les interpénétrations bienvenues entre les styles, les sonorités metal et les cris histrioniques -sans être aucunement des chants black metal- s'invitant sur les parties d'Audrey Sylvain, les mélodies ambiantes et les voix claires sur celles de Neige. Un élément complexifie encore cette musique : une surprenante touche d'indus, qui vient compléter le concept sur lequel le groupe fonde son oeuvre : une peinture très noire du monde urbain actuel (rappellez-moi, j'ai dis aux amateurs de musiques guillerettes de passer leur chemin ?).

  Une musique très riche donc, mais aussi des textes très intéressants, à tel point que même si la "chanson à texte" n'est plus au centre de mes préoccupations depuis l'adolescence, je n'ose imaginer de quelle façon j'aurais apprécié le groupe si je n'avais pas été francophone. De toute façon, j'ai déjà décrété que ces groupes très liés entre eux par les influences et par le line-up que sont Alcest, Les Discrets et celui dont nous parlons constituent la véritable nouvelle chanson française. Na, et toc.

 

  Entrons plus profondément dans l'univers du groupe, si vous le voulez bien.

 

http://1.bp.blogspot.com/-w6rof02hUMk/TcKEd-jyr8I/AAAAAAAAApM/WadhLQz7tu0/s1600/ruines-humaines.jpg

 

RUINES HUMAINES (2005)

 

Le premier EP d'Alcest  est encore un peu immature, mais contient déjà en germe tout ce qui fera leur style futur. On entame directement les hostilités avec deux morceaux black, interprété par Neige si vous avez bien suivi, suivi d'un morceau cold rock d'Audrey Sylvain. Les morceaux  de Neige, Bonheur amputé et Ruines humaines, sont d'un black metal ambiant  assez classique mais efficace. Le premier est le plus "planant", le second est plus cru et introduit en conclusion la touche indus du groupe. J'ai dis "planant", cela reste relatif, car le black metal de Neige, que ce soit sur ce groupe, Alcest ou Lantlôs, jouit d'un atout considérable : le voix de possédé du chanteur, qui ne véhicule pas que de la pure violence mais une émotion douloureuse. Pour Ruine humaine, petit bémol musical : l'intro qui ressemble beaucoup trop à mon goût à Children of the Damned d'Iron Maiden, je veux bien concevoir qu'il s'agisse d'une citation assumée par le fan de Maiden qu'est Neige, mais quand même...

  Côté texte, la dépression décrite par Neige se révèle tout de suite très différente de celle décrite dans ses propres textes par Audrey Sylvain et sur lesquels je reviens dans un instant. Les textes du chanteur, dont le second introduit dans la thématique dépressive celle de la laideur urbaine qui chapeautera le futur album-concept d'Amesoeurs, sont très imagés, un peu grandiloquent, parfois à la limite du ridicule. Je m'excuse d'avance si une véritable expérience pénible se cache derrière ce morceau, mais je crois que le parolier Neige et beaucoup plus doué dans un autre registre, celui d'une mélancolie douceâtre entremêlée de rêveries sur un au-delà  plus réel que ce monde, inspiré de ses illuminations d'enfant...bref, dans les paroles d'Alcest quoi, et excusez-moi si je fais un peu le fanboy de service.

  Avec Faiblesse des sens interpété par Audrey Sylvain, auteur du texte, le ton change. Pour faire un peu dans le 3615 mylife, ce morceaux, le premier que j'ai découvert du groupe sur Youtube, a failli m'en dégoûter à jamais, à tel point qu'il m'a fallu huit mois pour surmonter mon appréhension et explorer davantage leur discographie. En vérité, ce morceau est le premier grand titre d'Alcest, un joyau noir dont le texte est une peinture effrayante et presque clinique de la dépression, mais quand même joliment tournée. La mélodie est calme puis devient plus catchy vers la fin, et si Audrey de vocifére pas comme son partenaire Neige, elle sait glacer le sang d'un vers hurlé au bon endroit.

 

http://2.bp.blogspot.com/-80YsyCTwI60/Th3VniMk6eI/AAAAAAAAAIU/DBVPkJcjibo/s1600/amesoeurs_cover.jpg

 

AMESOEURS (2009)

 

  Le premier album homonyme d'Âmesoeurs est sous-titré "A kaleidoscopic soundtrack of the modern era". Le concept du groupe prend donc chair et substance, aidé par l'imagerie du packaging, construite comme pour l'EP à partir de photographies en noir et blanc de décors urbains, en plus stylisé et onirique que dans le premier disque. En outre, les membres ne sont nommé que par l'initiale de leur nom de famille (Audrey S. et Fursy T.) ce qui appuie le sentiment de déshumanisation.

  On commence en douceur par Gas in Vein, une intro instrumentale (ou peu s'en faut) et très post-rock composée, une fois n'est pas coutume, par Fursy Teyssier, qui d'ailleurs, maintenant qu'Âmesoeurs n'existe plus, n'hésite pas à jouer le morceau en concert des Discrets.

  Puis on attaque le plat de résistance avec une partie d'Audrey Sylvain, Les Ruches malades. Le texte est de Neige, variation plutôt poétique sur la déshumanisation urbaine, est loin des excés grand-guignolesques de l'EP -on est un peu plus proche d'Alcest. Le morceau diffuse une mélancolie encore relativement douce, et sa mélodie est probablement l'une des plus entrainante du groupe.

  Heurt, le troisième morceau, lui aussi une partie d'Audrey, est à mes yeux le plus magnifique d'Âmesoeurs. Le texte est d'Audrey Sylvain, une autre peinture de la dépression, mais pas aussi crue que Faiblesse des sens. Toujours très dur et même déséspéré, mais d'un désespoir enrobé de mélancolie rêveuse et de poésie, et la mélodie est en outre très catchy et entêtante, de sorte que paradoxalement, ce morceau désespéré m'a donné un sentiment d'exaltation rêveuse aux premières écoutes. Ce n'est pas pour autant qu'on est dans la pop, l'intro indus est dissonante, le "cold rock" y sonne très metal avec un sympathique blast, et on entend les premiers cris histrioniques d'Audrey. LE joyau noir d'Alcest à mes yeux 

  Recueillement est le premier morceau black metal de l'album, et il s'agit d'une mise en musique de...Baudelaire. Neige est coutumier du fait, il a déjà repris Elévation du même poète sur l'EP d'Alcest Le Secret. Le poème s'accorde merveilleusement avec le concept de l'album, et on baigne musicalement dans un black ambiant de très belle eau, avec en conclusion de surprenants vocaux masculins gothiques et féminins plutôt shoegaze.

  Retour à d'Audrey Sylvain et à ses textes avec Faux semblant, l'un des morceaux les plus doux musicalement de l'album. La parolière Audrey Sylvain montre la large palette de sa mélancolie, qui se fait ici très douceâtre -il est ici question d'une femme de jour en jour délaissé par son compagnon et qui se confit dans l'ennui.

  Suit un instrumental au piano d'Audrey Sylvain dont je ne me risquerais pas à transcrire le titre (une interminable suite de chiffres romains). Joli, bien qu'anecdotique.

   Troubles (éveils infâmes), le second morceau black metal, tranche radicalement avec le reste de l'album en ce qu'il est extrêmement cru et agressif, la transition avec les deux précédents morceaux s'avérant rude. Le texte est le plus proche de l'EP Ruine humaine dans sa peinture très imagée de la dépression, mais un peu plus juste.

  L'album prend ensuite un tour tout particulier avec un cycle de morceau un peu à part : une trilogie fantastique, interpétée par Audrey Sylvain et qui introduit dans l'aborrhé monde urbain des éléments merveilleux qui viennent y apporter un optimisme inattendu.

  Video girl, l'un des morceaux les plus pop d'Âmesoeurs, rapporte les paroles d'une "fille de la vidéo" qui s'adresse à un homme qui a peu de chance de pouvoir la rejoindre et à qui elle promet pourtant un monde meilleur. On commence à respirer après les pérégrinations dépressives précédentes.

  La Reine Trayeuse offre le texte le plus surprenant, pas seulement du groupe mais de l'ensemble du rock français, un texte toujours merveilleux mais plus sombre car oeuvre d'Audrey et non plus de Neige. Une invention preque surréaliste, celle d'une mystérieuse créature féminine qui survole la ville du haut de ses échasses pour "avaler" les pensées néfastes des hommes, danger qui met autant en péril sa vie que de mystérieux ennemis qui la traque. La musique est à l'image de cette nouvelle fable, plus violente, on retrouve les cris histrioniques d'Audrey. A noter que le texte est l'objet d'un très frustrant jeu de complémentarité avec le livret : tandis que Vidéo Girl comptait des vers en plus dans sa version écrite, à l'opposé les derneirs vers de La Reine Trayeuse manquent. Frustration de ma part, la voix d'Audrey, plus influencé que jamais par le style shoegaze, est difficilement audible, et je ne peux que deviner une étrange...histoire d'amour ?

  Amesoeurs clot la trilogie fantastique avec un retour à l'optimisme, aux textes de Neige et aux mélodies pop, plus pop que jamais, et même synth-pop -là je veux bien reconnaître l'influence de Depeche Mode. L'Âmesoeurs n'est pas le niais concept de l'âme soeur, mais un être mystérieux qui comme la "vidéo girl" promet un autre destin à celui ou celle qu'elle protège, l'histoire tenant dans un texte très court, mais remplis d'images poétiques qui le rendent le plus proche des illuminations d'Alcest.

  Après la respiration que représente la trilogie fantastique, on clot l'album sur un retour à la dépression avec le troisième et dernier morceau black, Aux Crépuscule de Nos Rêves, encore du très bon ambiant, avec un texte dépressif plus sobre et donc plus angoissant de Neige. Ben oui, comment croyiez-vous que ce voyage allait finir ?(Même si la vraie fin est une piste cachée indus, assez anecdotique à mes yeux).

 

  Photo du groupe en début d'article : de gauche à droite, Audrey S, Winterhalter, Neige et Fursy T.            

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 16:10

  J'ai longtemps hésité avant d'ouvrir une section musicale sur ce blog : peur de ne pas la tenir régulièrement, de ne pas être un critique musical très pertinent, de n'intéresser personne avec les musiques de sauvages qui abreuvent mes rêveries d'éternel post-ado...peu importe, aujourd'hui, je me jette à l'eau.

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/53526107/Themes+from+William+Blakes+The+Marriage+of+Heaven++themes.jpg 

Le groupe norvégien Ulver  présente l'un des parcours les plus atypiques qui soit dans la musique contemporaine :  passer du black metal à l'électro expérimentale parfois classée trip-hop, ça ne se voit pas à chaque coin de rue !

  Les tout premiers albums montrent déjà la volonté, de la part des fous géniaux qui constituent le groupe, de sans cesse suprendre : après un album black metal ambiant, où les grunts côtoient les voix clair et les gros riffs des passages accoustiques dans une ambiance mélancolique, il enchaîne avec un album folk accoustique (dont je ne comprend toujours pas ce qui permet de le classer dans une "trilogie blak metal") avant de revenir avec Nattens Madrigal à un black metal  beaucoup plus cru et agressif qu'aux débuts, sans être basique pour autant, loin de là (j'ai lu des parallèle avec Taake, mais je ne connais pas assez ce groupe pourtant culte).

  Themes form William Blake's The Marriage of Heaven and Hell (ouf), leur quatrième album, paru en 2000, marque encore un tournant à 180°. Dernier album du groupe a pouvoir être étiquetté "metal" (le suivant sera Perdition City, splendide perle trip hop mêlé de jazz), l'opus est en fait très difficile à classer, tout au juste pourrait-on le définir comme un metal-indus progressif, voir avant-gardiste (j'utilise ce qualificatif avec parcimonie car je le soupçonne de ne plus vouloir dire grand-chose pour les musiques contemporaines) avec une forte touche gothique.

  Comme son titre l'indique, il s'agit d'un album-concept  adaptant en musique le long poème narratif de William Blake, Le Mariage du Ciel et de l'Enfer. J'avais prévu de lire ce livre, qui m'attend sagement sur une étagère dans une édition José Corti onéreuse mais dont la 4ème de couverture donne la bave aux lèvres, avant d'écouter l'album, histoire de savoir quand même de quoi qu'ça cause tout ça. Mais mes envies sont ce qu'elles sont, j'ai dégainé l'album avant, et comme je ne suis pas anglophones, j'ignore encore quel mastodonte littéraire ces zicos ont adapté, mais je sens que cette ambition fait honneur au romantisme lettré qui caractérise le haut du panier du black metal norvégien tel qu'il est représenté dans cette album -j'aurais l'occasion de revenir sur le line-up gratiné.

  Je  ne pourrais juger des textes donc, mais musicalement, quel pied ! Les sons rock/metal, de la grosse ligne de basse aux solis de guitares hypnotique, se mêlent à des sonorités électro-indus également contrastées, tantôt violentes, planantes, ou sourdes et inquiétantes, ainsi qu'à de chamrantds passages accoustiques. Certains sons sonnent franchement groovy et rapproche l'album du fusion, tandis que le dernier morceau sonne presque dance, bien que ce son péchu soit davantage à chercher du côté de la new wave/cold wave, soit encore une fois dans le vaste continent de la culture gothique et dans ses marges. Le tout  est marqué par les constructions alambiquées et les rupture de rythmes qui caractérisent le rock progressif, sans jamais perdre la musicalité et de vue et tout simplement sans perdre l'auditeur.

  Côté vocal, c'est la fête du slip : à une exquise voix féminine, qui envoûte sans tomber dans le cliché lyrique si répandu dans les mondes metal et goth, et due à une certaine Stine Gritor que le livret mentionne sous le pseudonyme  simplissime et ravissant de "Her", s'ajoute les voix masculines mises à toutes les sauces, caverneuses dans le plus pur style gothique, claires, voilées, diversement déformées au vocodeur ; les textes sont chantés ou parlés, parfois chuchotés. Et quelles guests pour assurer ces voix masculines ! L'album est divisé en trois parties assurées respectivement par Ihsahn et Samoth du groupe Emperor  et Fenriz du combo Darthrone, soit la créme du black metal norvégien qui suit le temps d'un album la métamorphose de leurs confrères d'Ulver -l'occasion pour Ihsahn d'affirmer son goût pour les expérimentations aux marges du metal, comme il le fera abondamment au cours de la décennie suivante.

  Le plaisir pris à l'écoute est renforcé par sa durée : 1h30 pour un double album ! Le panard quoi.

  Mais cet album jouissif souffre selon moi d'un bémol assez gênant : les vingt minutes de silence ô combien inutiles qui terminent le dernier morceaux  pour ne déboucher que sur une piste cachée ridicule au regard de l'attente suscitée, une attente particulièrement stressante et même exaspérante qui fait l'effet d'une douche froide. Par mon courageux sacrifice, soyez prévenu : il est préférable d'interrompre la piste 6 du disque 2 après les "dernières" notes. Malgré cette possibilité, à cause de cette amusette pas drôle et briseuse de charme, je refuserais in extremis à l'album le titre de chef-d'oeuvre.

  Mais il n'en reste pas moins ce qu'il est : un fleuron de la musique metal dans ce qu'elle a de plus artistique, et comme l'étiquette metal est trop restrictive pour lui convenir, un grand album, tout simplement.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 14:20

  Souvenez-vous, la Chanson de l'été des blogueurs, saison 2 était un tag géant lançé par le blog lolobobo, et auquel j'avais apporté ma participation ici.

  Maintenant la saison 3 est lançé sur lolobobo, et je compte bien faire encore partie du voyage.

 

D'abord, comme il est d'usage, la règle du jeu (que je suis obligé de reformuler car Firefox n'accepte pas les copié-collé sur ce blog, si si):

 

-Choisir votre chanson de l'été.

-Faire un billet sur votre blog avec :

-Un lien vers la chanson ou une vidéo Youtube insérée.

-Une copie de la règle du jeu.

-Un lien sur ce billet (pour permettre de retrouver votre participation)(et n'hésitez pas à signaler dans les commentaires si votre morceau n'apparait pas dans le player). 

-Une liste de deux ou trois blogueurs que vous souhaitez taguer dans cette chaine afin qu'ils participent à leur tour.

 

  Maintenant, je me lance.

 

  Commençons par une parenthèse sexy qui montrent que les pionniers du gothic metal ne font pas forcément toujours dans la sinistrose.

 

  Type O Negative-My Girlfriend's Girlfriend

 

 

 

  Et un peu de post-rock français dont le texte invite au rêve. Pour un blog d'imaginaire, ça tombe bien comme signature

 

Les Discrets-Après l'ombre

 

 

 

  Je n'oublie pas de taguer deux autres blogueurs : Cachou et Nébal

 

 

 

 

 

 

 

   
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 23:46

  Suite à la sympathique proposition de tag géant lancée sur le blog blog de Lolobobo, et pour lequel il parait qu'il n'est pas encore trop tard (du moins je l'espère) car une mise à jour serait à prévoir en cette fin de semaine, voici les tubes de l'été de ce blog :

 

En premier lieu, quitte à faire figurer l'un de mes groupes cultes, autant montrer la grande Anneke au sommet de son art vocal, qui plus est en live :

 

The Gathering, Colorado Incident

 

 

 

Sur un registre nettement plus sombre :

 

Katatonia, My Twin

 

 

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