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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 16:41

 http://ecx.images-amazon.com/images/I/51DKVHJKSYL._SX385_.jpg J'avais déjà parlé de Guillaume Lecasble dans les tous premier temps du blog avec la chronique de la très étrange novella  Lobster. Je vais ici aborder un aspect entièrement différent de son oeuvre, bien qu'il y ait une certaine continuité de style, avec deux petits livres dont le public-cible goûterait sans doute mal, et leurs parents encore moins, la bizarrerie bien trashos de Lobster. Et pour cause, il s'agit tout simplement, pour autant que ce classement soit pertinent, d'albums pour enfant.

 

 Je pense qu'une parenthèse 3615 mylife s'impose. Vous aurez peut-être remarqué qu'il existe une rubrique "albums" sur ce blog. Jusqu'ici, elle a peu servi à...peu servi, déjà, et surtout peu servi à chroniquer de véritables albums pour enfants dans l'acceptation la plus commune du terme. Et pourtant, l'ouverture de cette section me semblait obligatoire en regard de mon goût pour ce genre de réalisations, l'un des goûts les plus étranges qui rentrent dans mon champs culturel (mais c'est relatif, j'ai l'impression que je ne m'intéresse plus ou moins qu'à des choses étranges).

  C'est paradoxalement dans les études supérieures, à l'occasion d'un cours sur la litté jeunesse dans un parcours documentation réservé aux étudiants de troisième année, et centré sur l'album, que j'ai réalisé l'intérêt de cette forme littéraire et artistique, pas seulement  pour la régression (ce qui entre quand même un peu en ligne de compte chez moi, davantage encore à l'époque que maintenant) mais pour le plaisir esthétique et même cognitif d'un adulte normalement constitué.

 Tiens-toi droite ! de Guillaume Lecasble, deuxième volet du dyptique dont il sera question dans cet article, a déjà été chroniqué par votre serviteur dans le cadre d'un travail universitaire relatif à ce cours et dont je n'arrive hélas pas à retrouver la trace sur la toile, d'autant moins qèue le site Lille-III-jeunesse semble être en rade (pas que je sois narcissique en ce qui me concerne mes vieux dossiers, mais ça m'aurait fait plaisir de retrouver et me remémorer ce délassant petit travail). Et si je ne me souviens plus en détail de ce que j'en disais, il en ressortait que, comme bien d'autres albums, celui-ci ne semblait pas s'adresser en priorité aux enfants, mais qu'il constituait le pont idéal pour leur faire découvrire des oeuvres ambitieuses et tout simplement les faire grandir...et par ses qualités littéraires (oui oui) et plastiques, il est tout à fait lisible par des adultes sans leur donner le moins du monde l'impression de régresser.

 

  http://ecx.images-amazon.com/images/I/4161ZF7P9NL._SX385_.jpg"Le Cycle de Bonhomme et Bonnefemme" titre artificiel forgé par moi-même pour plus de commodité, rassemble deux albums parus chez Seuil jeunesse, aujourd'hui ,épuisés mais aisément trouvables d'occasion : Le Jour ou Bonhomme a recontré la pluie (1999), celui que je viens de découvrir, et donc Tiens-toi droite ! (2001), que j'ai relu dans la foulée (Et non, il ne s'agit pas d'un épisode de Strip-Tease)(Pardon). Deux albums très symétriques par le style, je ne parle pas seulement de l'écriture élégante (et qui tranche avec les phrases ultra-courtes et même hachées de Lobster, que je ne suis plus sûr d'autant apprécier en cas de relecture), mais des dessins (Ou plutôt peintures ? Car Lecasble est peintre) et même de la mise en page. Même format à l'italienne, même  personnages réduits à des ombres (dont ceux récurrents de Bonhomme et Bonnefemme), même dominante de couleur chaudes dans des décors idéalisés, même alternance images/textes sur fond noir...et par-dessus tous ces traits particuliers, on ne manquera pas de voir planer l'ombre du surréalisme.

  Mais le caractère étonnant de ce dyptique, tel que je l'ai réalisé en découvrant le premier tome, est que les deux histoires mettant en scène les deux personnages, Bonhomme et Bonnefemme, dans une continuité de style qui fait penser à une série suivie, n'ont strictement rien à voir entre elles, les deux héros eux-mêmes se montrant malléable dans leur histoire et leur personnalité, tout comme rien de les distingue physiquement des figurants qui les entourent, à se demander s'il s'agit vraiment des même personnages.

  Le Jour ou Bonhomme a rencontré la pluie est un authentique conte merveilleux, où une sécheresse menace la terre entière, où l'on parle aux nuages, où Bonhomme et Bonnefemme  vivent aux deux extremités du monde et où le premier doit séduire la seconde en faisant germer ses graines, nonobstant la cruauté intolérante des hommes promptes à se trouver un bouc émissaire.

  Dans Tiens-toi droite ! les deux héros, amis inséparables -rien ne laisse à penser qu'ils soient davantage- vivent dans le monde contemporain, et même s'ils n'ont pas l'air d'être des enfants -Bonnefemme a bien une silhouette d'adulte- ils en sont à apprendre à écrire. Mais Bonhomme préfére s'amuser, tandis qu'au contraire la studieuse Bonnefemme se tient perpétuellement voûté et a besoin d'apprendre le jeu...belle symbolique qui unit le plaisir et l'apprentissage comme les deux faces d'une même pièce. Et qui en même temps reste à l'état d'idéal, car Bonhomme s'en sort beaucoup moins bien dans la vie que Bonnefemme (doux euphémisme). La fin de l'album est douce-amère au possible et tutoie des cimes poétiques indescriptibles. C'est qu'en sortant -peut-être pas totalement, certes- de l'univers abstrait du conte, la poésie de ce dyptique a atteint une profondeur toute nouvelle dans ce deuxième épisode.

 

  Même adulte, ne vous privez pas de cette oeuvre merveilleuse qui transcende largement son public-cible, et qui avec le tout différent Lobster donne un large aperçu de la palette de talent de ce véritable poète méconnu qu'est Guillaume Lecasble

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 00:02

http://www.actusf.com/spip/IMG/jpg/cyclones.jpg 

Dans le monde touffu de la micro-édition, la maison Organic a un parcours pour le moins original. Il s'agit en effet à l'origine d'un label indépendant de musiques expérimentales, qui s'est lancé dans l'imprimé avec la collection Petites bulles d'univers, laquelle a vocation d'éditer des livres alliant le travail d'un écrivain et d'un artiste plasticien. Il s'agit de livres à très petites diffusion, pour lesquels j'aurait découvert une méthode de distribution originale : j'ai trouvé le livre dont il sera question ici sur Amazon, non pas en neuf où il n'était pas distribué, mais chez un vendeur d'occasion...approvisionné directement chez l'éditeur.

 

  L'album Cyclones, donc, associe le texte de Karim Berrouka, les illustrations de Bruno Leray  et la conception graphique (dont la complexité dépasse l'art de l'illustration pour ce genre de livre-objet) de Philippe Aureille. 

 

  Georges a décidé de se prêter à une expérience et de se faire cloner à six exemplaires (cyclones, six clones...je vous laisse découvrir l'image très poétique que Berrouka file à partir de ce jeu de mot). Mais cette expérience ne lui apporte pas le bienfait prévu : au lieu d'être six fois plus fort, Georges souffre affreusement de se sentir plutôt six fois diminué. Excepté chaque soir à six heures, ou le prend un "super-pouvoir (à la con)", qui le fait bien se sentir six fois plus fort, mais ne lui apporte qu'une souffrance pire encore.

  Malgré tout, les six Georges, dont le point de vue alterne au fil de chapitres mais qu'il est impossible de distinguer excepté d'après les prénoms des jeunes filles dont il sont amoureux, prénoms qui sont autant d'anagramme d'un même, tentent de trouver le réconfort auprès de la religion ou d'un psychologue, espèrent profiter de chaque super-pouvoir (à la con) pour se réunir, et enfin trouver la paix auprès de leurs chères et tendres, Elanor, Norael, Lorane,  Oranel, Elnora et Aloren.

 

  Même  si cela n'est jamais dit explicitement, il est facile de voir dans les aventures douloureuses de Georges une vision de l'intérieur d'un trouble psychiatrique avec dédoublement de personnalité. Un thème qui a a tout pour être dérangeant, donc, et le lecteur peut s'attendre à une lecture éprouvante d'après le début, mais aussi au feuilletage en voyant les illustrations de Bruno Leray, à base de visages chauves exprimant la souffrance, la folie ou ayant tout simplement une mine sinistre plus difficile à décoder derrière un masque un peu art brut.

  Pourtant, si le court récit de Karim Berrouka n'est certes pas exempt de dureté, son ton est très différent de celui des ses illustrations : le thème grave est traité avec beaucoup d'humour, un humour qui touche parfois à la satire (celle de la psychologie verbeuse) mais reste avant tout tendre, débordant de tendresse pour le personnage dans sa quête de paix (son raisonnement sur la salut de son âme dans son état est particulièrement cocasse, même s'il ne permet pas de perdre de vue que Georges est un personnage qui souffre). La fin est à l'avenant, puisque contrairement à ce que à quoi je m'attendais on peut parler de fin heureuse, même si on est pas encore dans l'impossible happy end.

 

  Ne pas se laisser désarçonner par la noirceur apparente, que le légèreté du texte relativise sans pour autant traiter du thème avec désinvolture.        

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 01:02

http://ecx.images-amazon.com/images/I/518K5EDKP3L._SL500_AA300_.jpg 

Depuis le temps que je tiens ce blog, entre les chronique faites aussitôt après lecture / visionnage et celles d'oeuvres découvertes des années avant l'ouverture dudit blog et dont je tiens à tous prix à parler, il y a le juste milieu, beaucoup plus ballot : les lectures et visionnages récents dont j'oublie de parler. Là, pour La Visite du Sultan des Indes sur son éléphant à voyager dans le temps (ouf) de Jean-Luc Courcoult et Quentin Faucompré, l'oubli me semble soudain une injustice qu'il me faut réparer même deux mois après lecture, déjà car l'oeuvre risque d'être une proie facile dans la jungle du marché du livre (on me souffle d'ailleurs dans l'oreillette, pendant ma recherche d'image, qu'il n'est déjà plus dispo en neuf sur Amazon. On est bien peu de chose) ensuite parce que c'est bon, tout simplement. Et puis ça me permettra de sortir l'un des plus long titres d'article du blog avec celui-ci , la classe.

 

  D'abord, c'est quoi ce truc avec un titre improbable ? Un roman illustré, dessiné par Quentin Faucompré  et écrit par Jean-Luc Courcoult, directeur de la compagnie d'arts de rue nantaise Royal de Luxe. Je ne connaissais rien à cette compagnie, ni aux arts des rues en général. Quelques vidéos Youtube et Dailymotion, visionnées après lecture de l'album (et que je vous invite fortement à aller zyeuter vous-même) ont bouleversé ma vision de ce dernier domaine artistique. Il faut dire que ce dernier est largement formaté à l'heure actuelle, souvent monopolisés par de jeunes étudiants bobos qui idolâtrent autant l'art qu'ils ne savent pas le pratiquer. Non pas que je condamne les formes les plus simples d'art de rues : je me souviens avoir passé un moment enchanteur devant le spectacle de marionnette d'un artiste lillois dont c'était le gagne-pain (pas de l'événementiel bobo, donc) à une séance dont le public concourrait autant au charme que l'inventivité du monsieur.

  Mais Royal de Luxe, ce sont juste des spectacles de rues comme on a peu l'habitude d'en voir, du spectaclaire à gros moyen, avec ses marionnettes gigantesques, de la démesure peut-être plus qualifiée, en fin de compte, pour accrocher le badaud que jouer deux notes à la gratte.

  Et le roman illustré donc...il s'agit, bien entendu, de l'histoire de personnages de la compagnie, dont j'ai pu au moins reconnaitre sur les vidéos l'éléphant du titre et la petite fille géante. J'ignore dans quelle mesure l'histoire a pu préexister à cet album, ou bien dans quelle mesure ce dernier a pu jouer sur le mystère enrobant les spectacles. Peu importe, trop éloigné de Nantes, j'ai peu de chance d'assister en personne à ces spectacles et cela me force à juger l'album pour lui-même uniquement.

  L'histoire débute donc aux Indes en 1905, lorsque le Sultan voit en rêve une petite fille géante capable de voyager dans le temps. Obsédé par l'idée de retrouver cette mystérieuse enfant, il se fait fabriquer un éléphant à voyager dans le temps où il embarque avec toute sa cour, ses cinq femmes, son eunuque aux redoutables secrets, et le narrateur, journaliste. La grande troupe fera le tour du monde et parcourera un siècle, jusqu'à arriver en 2005 à Nantes, patrie d'origine de Royal de Luxe. Sur le chemin, outre la terre ferme, elle visitera le fond des mers, les airs dans un éléphant ceinturés de ballons, et la Lune (rien à voir avec son envol pour cette dernière, car la Lune se trouve dans les flancs de l'animal).

  Pour définir le charme qui se dégage de ce récit, il va falloir que je proscrive un mot, celui qui commence par poé- et finit par -sie. On ne fait pas plus cliché comme appréciation aujourd'hui : le mot qui commence en poé- et finit par -sie me donne l'impression de remplacer une argumentation plus construite, surtout dans des domaines tels que le cinéma d'animation, le cirque, certains spectacles populaires ou, bien sûr, les arts de rue, autant de domaines où la sottise critique en font des pléonasmes (à tel point qu'on est bien embêté quand on veut invoquer ce nom en P de manière un tant soit peu crédible pour parler de, mettons, quelqu'un de la trempe de Miyazaki. Mais bref).

  Donc, la meilleure chose à dire sur La Visite... c'est que si vous voulez  de la fantaisie déjantée, vous ne serez pas déçus. L'itinéraire du voyage vous en a donné un aperçu, mais seule la lecture du livre peut donner une idée précise de sa joyeuse imagination. A titre d'exemple, le portrait des cinq femmes du Sultan est un petit bijou surréaliste.

  J'ai également été agréablement surpris par l'humour noir que le livre ne s'interdit aucunement, avec la cour du Sultan largment décimée pendant le voyage : voilà qui contribue à nous éloigner du cliché des domaines artistiques concernés par le mot en P. Noir ou pas, l'humour est de toute façon très présent, volontier pince-sans-rire, entretenu  avec le plus grand flegme par le narrateur. 

  Par contre, vous remarquerez que je parle essentiellement du texte : les illustrations de Quentin Faucompré m'ont laissé froid, sans que je puisse dire si cela ne vient pas de moi ; toujours est-il qu'elles ne m'inspirent pas grand-chose, et comme elles sont purement ornementales, sans incicence sur le texte, je suis passé, peut-être un peu vite.

 

  En définitive, le genre de livre dont on finit par oublier la qualité à l'heure acutelle : léger dans être fade, tranchant à la fois avec les best-sellers niais, et avec la profondeurs intellectuelle post-moderne-trucmuche qui a trop tendance à devenir obligatoire dans nos littératures de l'imaginaire. Mais il est bon de se rappeller que la fantaisie gratuite, ça fait du bien de temps en temps.

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 15:10

http://www.editions-attila.net/img/couv_tresor_treehorn.png

Les éditions Attila, du haut de leurs deux ans d'existences, ont décidemment un fonds d'une grande richesse. Aprés m'avoir fait découvrir des merveilles comme  L'Ecorcobaliseur de Berengére Cournut  ou Les Jardins statuaires et Les Mers perdues dans Le Cycle des contrées de Jacques Abeille , les voilà qui récidivent  avec la trilogie d'album Treehorn, dessinée par Edward Gorey et écrite par Florence Parry Heide.

  Une injustice est ainsi réparé, car le dessinateur Edward Gorey est adulé aux Etats-Unis, revendiqué comme maître par Tim Burton, mais quasi inconnu en France.

 

  Treehorn est un petit garçon auquel il arrive tout un tas d'aventures : il rapetisse dans Le Rapetissement de Treehorn, voit des billets  pousser dans un arbre du jardin, aprés y avoir caché en dollar, dans Le Trésor de Treehorn, enfin découvre le génie de la jarre le jour de son anniversaire dans Le Souhait de Treehorn.

  Ces aventures, amusantes en elle-même et non dépourvues d'une certaine féérie burlesque et poétique (par exemple dans la cause du rapetissement dans le premier album, ou plus proche du burlesque pur la scène du restaurant dans le suivant) ces aventures sont surtout rehaussées  par l'humour pince-sans-rire des auteurs. Les aventures fantastiques de Treehorn ne sont jamais présentées comme telles, ne rencontrent aucun étonnement, voir une certaine indifférence, de la part des adultes (hyperbole poétique du fait que les parents de Treehorn ne sont guère attentionnés) ou même de l'agressif ami de Treehorn, Moshie, et Treehorn lui-même est plutôt placide face aux événements extraordinaires, ne pense qu'à s'acheter des BD avec l'arbre à dollar, ne se soucie pas plus que ça d'avoir gaspillé ses trois voeux.

 

  Et évidemment, on attend les dessins au tournant. Dans ce cas, il ne faut pas s'attendre à une débauche d'images impressionnantes comme on peut en trouver aujourd'hui dans les albums jeunesse. Les dessins sont en noir et blanc, aux traits simples et presque minimalistes -bien qu'encore assez détaillés- et occupent sagement une page sur deux, l'autre étant dévolue au texte. Bref, il faut au lecteur faire une petit effort pour apprécier pleinement leur beauté.

  C'est que les dessins de Gorey dégagent un onirisme subtil derrière les plus petits détails du décor, fussent-ils une déco intérieure ou des chiens qui passent. Ces derniers se retrouvent d'ailleurs dans le deuxième album  qui est peut-être le sommet de la série du point de vue de l'onirisme graphique, notamment grâce aux BD auxquelles rêvent Treehorn.

 

  Selon les éditeurs, aux Etats-Unis, Treehorn  est un livre qui "se lit et se relit à tout âge". N'ayez donc pas trop peur de régresser en lisant cette petite merveille.   

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 18:41

http://www.actusf.com/spip/IMG/jpg/Les_Mers_perdues.jpg 

J'avais déjà parlé il ya peu de cette oeuvre atypique qu'est Le Cycle des contrées de Jacques Abeille et j'y avais déjà évoqué cette séquelle inattendue qu'est l'album Les Mers perdues. Néanmoins, plutôt qu'un edit comme je l'avait fait pour les livres périphériques du cycle, il me semble mieux convenir de faire un article à part, ne serait-ce que parce que Les mers perdues n'est pas seulement l'oeuvre d'Abeille, mais celle de François Schuiten, immense créateur d'univers de la BD franco-belge.

 

  Les Mers perdues, donc, relate une expédition curieuse envoyée par le caprice d'un milliardaire, comptant un guide au passé d'aventurier reduit à chasser le pigeon, une charmante géologue, un dessinateur (curieuse énigme que le récit se doit de résoudre : pourquoi pas un photographe ?) et le narrateur, un écrivain plus ou moins raté dont le récit consiste en lettres écrits à un ami tout le long du parcours. Cette petite troupe est guidée par les Hulains, peuple primitif trés intriguant en ce que de porteurs aux allures d'icônes coloniales ils évoluent habilement en personnages centraux du récit et du mystére qui le sous-tend (préoccupations ethnologique d'Abeille again).

  Au fait, ces Mers Perdues, dont les Hulains sont en quelque sorte les gardiens du secret, qu'est-ce donc ? Une contrée légendaire où se dressent encore les ruines d'une civilisation dont la technologie fut avancée, mais qui fut ruinée par..les ancêtres des statues cultivées dans les jardins statuaires. Idée de genèse audacieuse de la part d'Abeille, trés différente de l'ébauche esquissée dans Les carnets de l'explorateurs perdus (voir la chronique du cycle ci-dessus).

 

  Et donc, celui qui donne vie à ces Mers Perdues, c'est Schuiten, à travers ses esquisses et dessins présentées, comme vous l'aurez peut-être deviné, comme le travail du dessinateur de l'expédition. Sur les illustrations, rien à redire, c'est du grands Schuiten, non seulement parfait plastiquement mais onirique à souhait. J'ai  cependant lu le reproche (dans une chronique à laquelle je renverrai en fin de billet, conformément à mon habitude) que la présence de dessin en deux versions, crayonnés en petit, et en grand format en couleur, donnait une impression de remplissage des pages. C'est souvent vrai, mais pas toujours, les versions étant parfois subtilement complémentaires comme celles de la montagne en forme d'ours.

 

  Voilà un album pour adulte que je recommande même à ceux qui n'ont pas lu les précédents livres de Jacques Abeille.

 

  Maintenant, la voix d'Actusf : link

 

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