Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 19:55

   

Voilà un livre dont je m'en veux presque de ne pas avoir parlé avant, car il mérite franchement le détour.

 

  Il s'agit d'un des trois romans d'un auteur qui ne pouvait que m'intriguer, et aprés lecture me passioner, étant donné qu'il puise directement son inspiration au surréalisme. Et il en tire non un exercice un peu vain où une rêverie morbide peu accessible, mais un véritable enchantement digne du plus fort de Lewis Caroll et Boris Vian (la comparaison est du plus grand sérieux).

 

  Que raconte donc le roman Wonderful, paru en 2001 ? C'est que résumer ce roman est assez difficile.

  D'abord, une chose est certaine : ça se passe à Londres, la veille de la fin du monde. La Lune va tomber sur la Terre, mais la population ne s'inquiéte pas plus que ça : plutôt que d'aller s'affamer au pôle, elle se livre à la fête.

  Ainsi un mystérieux disc jockey passe sur la radio Blue FM des disques qui composent la bande-son du roman (c'est que Calvo tiens au rock indépendant), un quartier entier de doux dingues (?) appelé victoriens affirment avoir réellement remonté le temps en recontruisant un morceau de la Londres victorienne, et surtout un grand marathon de danse se tient dans la ville pour les dernière vingt-quatre heures du monde.

 

  Nous suivons deux histoires parallèles : la jolie Margot, une mystérieuse jeune femme qui apprivoise les flocons de neige de la télévision, se prépare pour le marathon de danse, tandis que le médecin Loom cherche un film que personne n'a jamais vu et qui seul pourait guérir sa femme, Pooh. Son enquête le ménera dans tout Londres, lui fera rencontrer, outre les victoriens, les fées de Kesington Garden, deux détectives privés complétement fêlés qui se deguisent en n'importe quoi (en dinosaures, en homards), et surtout, les planètes elles-mêmes, sujettes d'un royaume stellaire digne d'un film de Méliès, dont la légende est l'un des clous poétique du livre...les planétes qui sont seuls responsables de la fin du monde.

 

  On le voit, toute cette histoire est surtout prétexte au rêve, à la licence poétique, à l'émerveillement. Et si ça marche du tonnerre, c'est que l'intrigue du roman est une véritable prouesse de construction : si elle pars dans tous les sens, aucun n'est gratuit et l'intrigue est aussi haletante qu'un thriller en juste un peu plus carollien. Ce délire parfaitement maitrisé fait toute la qualité du roman.

  Les personnages ne sont pas en reste : David Calvo nous les peint volontier candides et rêveurs, à l'image du monde où ils évoluent. Cela pour rendre l'histoire à la fois plus douce, et plus cruelle.

 

  Bref, si l'émerveillement le plus débridé vous manque dans la production littéraire de ces dernières années, foncez sur ce pur joyau.           

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 21:08

Puisque ma dernière chronique BD explorait la voie du surréalisme trash, autant continuer sur cette lancée.

J'enchaine donc avec une novella parue au Seuil l'année dernière, Lobster de Guillaume Lecasble. Accrochez-vous, c'est du lourd.       

 

Comme j'ai trop peur de vous la résumer moi-même (la dernière fois, j'ai refilé un fou rire à une amie) je recopie la quatrième de couverture (la présentation Amazon raconte trop à mon goût):

 

  Le 13 avril 1912 : l'aquarium  de la salle à manger du paquebot Titanic.

  Lobster, jeune homard de trois livres, voit son père se faire manger par Mademoiselle Anjelina Carter; le lendemain, il la fait jouir et la sauve de la noyade.
  L'amour qui nait entre eux...
 
 On le voit, on est dans du déjanté total.
  Mais pas non plus dans une fantaisie légère. Bien au contraire, l'auteur ne recule devant rien pour créer le malaise chez son lecteur. Ce n'est même que dans ce but qu'il s'évertue à rendre les personnages attachants (surtout Maurice, le matelot qui se lie d'amitié avec le pourtant muet Lobster) avant de nous prendre à rebrousse-poil, de maltraiter nos pauvres coeurs compatissants, avec une imagination aussi délirante que perverse.

L'écriture, extrêmement sobre et même séche, se révéle idéale pour faire avaler les plus grosses couleuvres au lecteurs et l'emmener dans une expérience extrême. Et on se laisse ainsi mener en bateau jusqu'à une fin à la fois purement hallucinatoire et plutôt malsaine, d'autant plus qu'elle est dépourvue de sens.

 

Le livre refermé laisse une impression indéfinissable, on n'ose pas encore dire si on a aimé ou pas, mais on a certainement pas l'impression d'avoir perdu son temps avec un tel délire. 

 

  N'hésitez pas à vous pencher sur cette curiosité à l'occasion.

Partager cet article
Repost0