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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 22:19

http://www.khimairaworld.com/bibliotheque/post/image/Arrietty_affiche.jpg 

Les ineffables studios Ghibli sont de retours au cinéma, avec un film qui n'est pas réalisé par Miyazaki, mais quand même scénarisé par le Maître  sur sa propre idée originale (gardons-nous toutefois d'oublier la travail prodigieux du metteur en scène).

 

  Arrietty, le petit monde des chapardeurs, adaptation libre d'une série de livre anglais pour enfants comme on me le souffle dans l'oreillette, met en scène la rencontre de deux êtres que tout sépare : Sho, jeune garçon affligée d'une maladie du coeur, et Arrietty,  enfant unique d'une famille qui pense être la dernière de son espèce, des liliputiens vivant de rapines depuis leur maison bâtie sous celle de Sho. La grande angoisse de cette petite famille, c'est d'être découverte par les humains, ce qui, en vertu des principes de prudence de leur espèce en voie d'extinction, les oblige à déménager.

  On le voit, pas de quoi faire une grande épopée de fantasy, et tant mieux, car on commence à être fatigué des Elus de pacotilles en quête crétine pour le salut du monde, et un film Ghibli comme Arrietty (ou Totoro) avec ses problèmes à taille humaine (le grand méchant est ici une gouvernante obsédée par la capture des petits hommes et dans la tradition des "méchants" miyazakiens" -ça veut tout dire), avec son intrigue lente et posée, toute en touches discrètes, est bien davantage qu'un vent de fraicheur : ce n'est pas mon genre de me la jouer prescripteur, mais montrer ce film et d'autre Ghilbi à vos têtes blondes devient une oeuvre de salut public par ces temps de formatage effroyable de la culture jeunesse (ce n'est pas une maxime de comptoir, je sais de quoi je parle). La fin douce-amère, pas précisment happy end mièvre, tout en étant trés loin d'être malheureuse, est d'ailleurs  une nouvelle preuve, s'il en fallait, de la subilité miyazakienne.

 

  Concernant la réalisation de Hiromasa Yonebayashi, c'est du grand Art. Les dessins fourmillent d'un luxe de détail, la nature chère aux studios explosent à chaque plan, les graphisme des paysages verts ayant de furieux airs airs d'estampes ou de tableaux fauves. Comme j'ai pu y faire bien attention après lecture d'un avis, la petitesse du monde des chapardeurs est rendu crédible avec une rigueur d'orfèvre, jusque dans la consistance des liquides, sans parler du travail sur les bruitages pour le point de vue des petits bonshommes.

  Pour ne rien gâter, histoire de ne pas soigner que l'image, la BO du film, de toute beauté, est confiée à notre néo-bardesse bretonne Cécile Corbel -c'est personnellement l'argument ultime qui a fait pencher la balance vers ma décision de voir le film.

 

  Sand doute une sortie ciné majeure de ce début d'année, ne la manquez pas !  

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 16:50

http://patrick.straub.free.fr/Site_CPDCM/images/image_totoro/totoro.gif 

L'illustre Miyazaki aura décidemment été au centre de mes derniers zyeutages de film. Pas moins de quatre métrage se sont rajouté à la vision déjà ancienne du Voyage de Chihiro, du Château dans le ciel, du Château ambulant et de Ponyo sur la falaise.

 

  Je ne pensais pas d'abord à une chronique sur ces quatre anime. A quoi bon encore parler de films aussi canoniques que Princesse Mononoké, Nausicaa ou Mon Voisin Totoro ? Puis, aujourd'hui même est venu le déclic : le visonnage de Porco Rosso sur lequel je me suis aperçu qu'il y avait beaucoup plus à dire que je ne l'imaginait au départ. Alors autant se jeter à l'eau.

 

  Sur ces films, les deux premiers restent les plus éblouissants en terme de création d'univers -on remarquera que ce tous deux dévellopent des thémes trés semblables relevant de l'écologie, théme inspirateur par excellence ?

  Princesse Mononoké est peut-être le film le plus épique du réalisateur, authentique épopée de fantasy comme on en voit trés rarement au ciné, du point de vue l'univers merveilleux dans un Japon de légende, mais aussi de son ton trés adulte, qui donne ses lettre de noblesse à un cinéma de fantasy encore trop lourdement adolescent.

  Nausicaa en est un peu le pendant SF et post-apo, avec un peu moins d'ampleur épique, et il faut dire une héroïne sans peur et sans reproche qui m'a semblé bien moins intéressante que les personnages tourmentés du précédent. Il n'empêche qu'il s'agit également d'une grande épopée, qui dégage en outre une ambiance visuelle très particulière : il fallait tout le talent de poésie graphique de Miyazaki pour faire naître le ravissement devant la Fukai, la forêt radioactive qui a tout au départ pour être une de ces scénes d'horreur auxquelles la science-fiction d'aventure nous habitué.

 

  Avec Mon voisin Totoro, on entre dans un tout autre registre, celui des univers Miyazakien plus subtils, plus en  demi-teinte. Mon voisin Totoro  plaira sans doute surtout à ceux qui ont  gardé leur âme d'enfant, mais il n'empêche, ça reste de l'Art.

  L'univers que découvre les deux petites héroïnes comporte  son lot de merveilles, la plus étonnante restant le chat-bus, dont la deuxième apparition est plus éblouissante que la première. Néanmoins, les éléments merveilleux restent peu nombreux et, quand on a vu, au hasard, Le Voyage de Chihiro, l'interêt du film ne peut se résumer à elles. D'abord la poésie graphique, déjà évoquée, de Miyazaki, peut faire naître le merveilleux des décors les plus réalistes, comme le tunnel de verdure où Mei poursuit les Totoros. Ensuite, Mon voisin Totoro, c'est aussi des personnages : si ce film est l'un des plus légers de son auteur, dépourvu de méchants et de véritables enjeux, il ne bascule jamais dans la miévrerie, grâce à sa représentation trés juste du monde de l'enfance, qui n'est pas fait uniquement du bonheur de cueillir des fleurs.

 

  Enfin, il y a Porco Rosso, qui m'a le plus surpris, car je m'attendais pas à ce que ce soit dans ce film que je trouve la poésie miyazakienne au sommet de sa subtilité.

  Porco Rosso, c'est surtout un grand récit d'aventure dans l'Italie des années 30, dans le domaine qui passionne le réalisateur, l'aviation. Avec un élement merveilleux, parfaitement accepté de toute honnête personne de cet univers, c'est que le héros, véritable légende vivante, est un cochon, depuis un envoûtelment assez mystérieux (je vais y revenir).

  On retrouve dans ce récit d'aventure aérien une légéreté  commune à de nombreux film de Miyazaki, avec des "méchants" plus bêtes que rééllement méchants. Mais les thémes en sont trés adultes : le héros Marco, alias Porco Rosso, est un chasseur de prime, et donc un personnage peur recommandable...du point de vue de l'Italie fasciste, c'est dire que la notion de mauvaise réputation est ici malmenée. Car Porco Rosso a des principes, et s'il est un chasseur de prime, il refuse d'être un pilote de guerre, symbolique  qui revient tout le long du film. Celui-ci fait référence plus largement au contexte de l'époque, à travers non seulement le fascisme mais aussi la crise économique -et pourtant le film reste à cent lieu de la noirceur, avec Porco Rosso qui reste trés populaire pour un dissident, les fabriquants d'avions qui se debrouillent encore pas mal en temps de crise, et bien sûr les pirates, méchants qui n'en sont pas.

  Mais la subtilité est encore plus profonde, dans la mise en scène et dans le climat de mystère. Le meilleur exemple, bouleversant, est l'histoire que raconte Marco à la petite Fio, son aventure sur la mer de nuage, sommet de poésie du film. Si Marco a encore son visage d'homme dans ses souvenirs, impossible de savoir si cette aventure merveilleuse a un lien avec sa métamoprhose (sur laquelle le mystére reste entier) et l'on se demande de toute façon si la scène ne nous dit pas autre chose. La fin, que je ne dévoilerai pas, est un autre exemple de mystére poétique : Miyazaki aurait pu finir son film comme le conte de fée que tout un chacun aurait attendu, mais il choisit de le faire plus délicatement, en laissant la fin ouverte à toutes les interprétations (c'est sûr qu'en terme de mystére c'est d'une tout autre classe que le coup de la toupie à la fin d'Inception, haha -mais je m'égare).

  Bref, Porco Rosso, comme Mon voisin Totoro, trouve son interêt dans une poésie subtile et en demie-teinte, quand les deux premiers films sont plutôt du côté du vertige du sense of wonder.

 

  Preuve s'il en est besoin qu'en plus d'être un poéte, Miyazaki est un poéte qui a de nombreuses cordes à son arc et ne se laisse pas enfermer dans un style.  

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 20:48

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51MynRZuSpL._SL500_AA300_.jpg

Dans le genre "monomaniaque, le retour de la revanche II" je vais faire un nouvel article sur l'animation, qui était tout de même prévu  depuis longtemps puisqu'il s'agit d'un DVD commandé avec La Résidence du studio Folimage.

  Les Trésors Cachés de Michel Ocelot devrait donc conclure mon cycle de visionnage en animation.

 

  Michel Ocelot, c'est le réalisateur d'animation française dont tout le monde parle. Eh bien, au risque de me faire lyncher, je n'ai vu ni Kirikou, ni Azur et Asmar. La vision de ce DVD devrait au moins m'assurer un minimum syndical pour paraître moins con dans les dîners.

  Cependant, afin d'en finir au plus tôt avec mon exécution publique, je dois dire que les trésors cachés du  réalisateur m'ont laissé une impression mitigée.

 

  Certes, c'est beau. Je dois reconnaître que les 13 féériques épidodes de La Princesse insensible, celle que 13 princes aux talents divers et variés essayent en vain d'éblouir, ont fait passé un bon moment à mes yeux écarquillés. Même chose pour Les trois inventeurs, avec sa délicieuse animation à base de papier découpés et de dentelles. "L'animation" de La légende du pauvre bossu, elle, est d'une audace tout à fait suprenante, à base d'image fixe dont la succession devient rapide jusqu'au malaise dans les instants de violence, tandis que la véritable animation n'intervient que lors de l'apothéose du malheureux héros.

  Les autres court-métrage m'ont un peu ennuyé, pour la simple et bonne raison que leur animation à base d'ombres chinoises m'ont semblé d'une beauté bien plus conventionnelle.

 

  Car le probléme  de mon appréciation (que je reconnais comme trés subjective) tiens dans le fond : c'est beau, mais c'est creux. Faisons quand même exception pour les Trois inventeurs, condamnation de l'obscurantisme assorti en outre d'une fin qui prendra sans doute un peu à rebrousse-poil le jeune spectateur. En dehors de petit bijou, toutes les histoires (même celle du formellement audacieux La légende du pauvre bossu) tournent autour de l'incarnation du cliché du conte de fée, celui de l'amour pur. A cet égard, donner une fin heureuse au mythe d'Icare, même en asumant pleinement ce choix dans le mot de la fin, j'ai du mal à ne pas le considérer comme une forme de conformisme moral.

 

  Là, on pourra sans doute me répondre "mais, et ton âme d'enfant ?". C'est justement le probléme : après un demi-siècle qui a vu des boulversements incalculables dans la littérature jeunesse depuis Pennac, L'école des loisirs et Max et les Maximonstres, glorieuse page d'histoire que je ne ferais pas l'affront de résumer pour ne pas faire dans l'enfonçage de porte ouverte façon JT de Pernaud, mais qui a amené une vision toute neuve de la richesse et de la complexité que l'on peut tirer de la pensée enfantine et adolescente, il est désolant de voir "l'âme d'enfant" réduit à une vision aussi aseptisée.

 

  Bref, mon avis reste mi figue mi raisin, ni mécontent de mon visionnage ni vraiment convaincu. Tout en n'oubliant pas de soigneusement nuancer, l'impression globale m'a rappelé ce que j'avais entendu dire du film Le Nouveau monde de Terence Malick : "on est partagé entre "ouah, cette image est magnifique !" et "mais, cette histoire est nulle !" ".

  Je dois quand même reconnaitre ne pas être tout à fait objectif, influencé que je suis par les précédentes parties de mon cycle animation, entre la gentille irréverence de Folimage (pourtant productrice de certains des films ci-dessus chroniqués, pour être honnête) et l'ambition grandiose de René Laloux. Et puis aussi que par le fait que quand on est un étudiant amateur de musique de sauvage et de littérature fantastique pas super saine, ses efforts pourtant importants de régression enfantine trouvent leurs limites.

 

  Maintenant, bourreau, fait ton office.   

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 20:18

  Histoire de tirer ce blog de son sommeil de deux semaines, je vais enchainer un troisième  billet consécutif sur l'animation. Excusez cette monomanie, mais visionnage d'avant-hier oblige, celui de La résidence du studio Folimage.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/515C0MBP4EL._SL500_AA300_.jpg 

Les studios Folimage, pilier de l'animation française, sont connus notamment pour leur long-métrage La prophétie des grenouilles, qui a quand même réussi à remporter un certain succés avec l'esthétique pas forcément en vogue de l'art brut. Folimage, c'est aussi des courts, qui permettent à ce studio d'affirmer qu'il entend élever le dessin animé  au rang d'Art et pas seulement de divertissement pour enfant.

   

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51mZo6dA-ZL._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La résidence... compte donc douze courts-métrages, donc aucun n'est raté, tous dégageant à un degré ou un autre une poésie particulière. A noter qu'à l'exception d'un seul tous sont muet (ce qui apporte un contraste rafraichissant avec les lourdes redoncances explicatives devenu le tout-venant de l'industrie du dessin animé).

  On commence en douceur avec La grande migration, errance d'un oiseau migrateur perdu, au dessin exquisement proche de l'art naïf et au scénario plutôt inventif sur ce théme à priori mince.

  Puis vient déjà un des premiers sommet du DVD : Le roman de mon âme, où la redécouverte par une jeune femme de ses anciens jounaux intimes et partitions de musique est le prétexte à un voyage onirique où comprendre ce qui se passe n'est pas forcément le plus important. Entre l'intrigue à la logique d'un rêve, la recherche artistique et l'ambiance discrétement sensuelle, il est déjà évident que divertir les enfants n'est pas la priorité du studio.

  Le chat d'appartement revient à un esprit plus bonhomme avec un adorable matou (sans rire, sa physionomie grassouilette est peut-être le point fort du film) qui cherche à atteindre un jardin perché sur l'immeuble d'en face.

  Le moine et le poisson nous montre, à coup de dessins minimalistes tout en restant magnifiques, le premier chercher à attraper le second par tous les stratagémes les plus improbables, jusqu'à une intriguante fin onirique.            

  Dans Une bonne journée, un brave petit homme cherche à rejoindre une jeune fille qui lui a tapé dans l'oeil depuis sa lointaine fenêtre, chemin semé d'embûche s'il en est. L'humour en est délicieux, souvent noir (se démarquer du tout venant pour enfant, encore une fois) et l'animation trés inventive (un bon point aux éléments de décor ou objets  qui appraissent au fur et à mesure de leur besoin dans l'histoire).

  L'histoire extra-ordinaire de Mme veuve Keskesmet est une petite fantaisie que je qualifierai toutefois pas de légère en raison de ses dessins à l'humour grinçant, notamment à travers la caricature de la veuve à la silhouette éléphantesque.

  Circuit marine  tourne en dérision le monde de la piraterie avec un jeu burlesque de "qui sera mangé ?" entre les animaux domestiques d'un capitaine, son chat, son perroquet et son poisson rouge. Les dessin sont particuliérement proches de l'art brut.

  Ensuite viens le clou du DVD, le sublime Histoire tragique avec fin heureuse. Le seul qui ne soit pas muet, puisqu'une voix off (jolie voix rauque qui colle bien à l'ambiance d'ailleurs) commente cette histoire de petite fille rejetée à cause de son coeur qui bat trop vite. Les dessins en noir et blanc, au fusain si je ne m'abuse, sont baigné d'un onirisme exquis qui colle merveilleusement à l'histoire. Du grand art.

  Le trop petit prince est une jolie scéne d'un petit homme qui essaye de laver le soleil tâché, ce qui n'est pas pratique quand celui-ci ce cesse de monter dans le ciel.

  François le vaillant verse dans la fantasy, avec la résistance d'un village médieval rasé par l'armée d'un chevalier noir maîtrisant le tonnerre. Les codes du conte sont ici délicieusement malmenés, car les héros villageois sont...des sorcières, la Mort, le Diable en personne !

  Au bout du monde est une fantaisie en plan fixe autour d'une fermette d'Europe de l'Est posée en équilibre sur le faite d'une montagne, ce qui n'a rien de pratique.

  Zodiac clôt enfin trés joliment l'anthologie avec une allégorie des rapport humains, de l'amitié à la confrontation, jouée par deux silhouettes bondissant dans le désert dans l'espoir de rattraper les oiseaux.

 

  Pour approfondir un peu l'univers de folimage, signalons la compilation Bobine mélodie où un groupe de musique expérimentale complétement barré, faisant de la musique avec n'importe quoi (de la pompe aux juouets mécaniques), et nommé L'effet vapeur, jouent sur des court-métrages dont hélas beaucoup sont en double par rapport à La résidence... (et tous, je suppose, par rapport aux autres DVD, de toute façon).

 

  Avec ces courts-métrages, Folimage parviens donc à prouver que le dessin animé est un art à part entière, pouvant tout aussi bien être apprécié sans nulle besoin d'esprit de régression "adulescentes" (ouais, j'ai casé ce mot hype stupide)  par les adultes. A l'heure ou il arrive encore que des anime nippon pour adulte soit destinés aux enfants par des distributeurs ignares, rappeler cette vérité est toujours utile.               

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 21:28

  Je viens enfin de voir le troisième et dernier métrage de René Laloux, Gandahar, concluant ainsi un cycle de visionnage de deux ans.  

  Un adage absurde veux que les français soient incapables ce faire des film de genres dignes de ce nom. Bon, d'accord, il est vrai que les faits abondent largement dans ce sens. Mais le vrai cinéma de genre français existe, je l'ai rencontré, et dans la foulée les films de René Laloux sont peut-être ce que l'animation française a fait de mieux, et ont le mérite d'être parmi les premiers à tourner le dessin animé, comme auparavant la BD, vers un public adulte. 

 

  En plus de quelques courts-métrages, l'oeuvre de René Laloux  se résume à trois long-métrages de science-fiction. Pour chacun d'eux, Laloux s'est adjoint un dessinateur différent, mais alors, quelles pointures !

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51J9AC3SYVL._SL500_AA300_.jpg 

Ainsi La Planéte sauvage (1973) a-t-il été coréalisé avec Roland Topor, le duo ayant déjà réalisé des courts dont le trés jouissif Les escargots que je ne saurais trop vous recommander de visionner sur Youtube (il ne fait aprés tout que 13 minutes).

  Le film adapte librement un roman de Stefan Wul (auteur sur lequel il faudrait que je songeasse à faire un billet)  Oms en série, relatant la révolte de la race des Oms (les hommes quoi) menée par le jeune Terr, contre les Draags, race de géants bleus qui les considérent comme des animaux domestiques. Dans le roman comme dans le film, le message est pacifiste et bien plus intelligent qu'un insurrectionnisme démago primaire.

  Passé ce cadre, le film est comme je l'ai dis, une adaptation libre, dont l'intrigue est plus bréve est moins épique, mais on se demande si l'on regrette vraiment la pourtant impressionante équipée finale chez Wul  devant la relecture bréve mais onirique au possible qu'en donne nos deux lascars. Et toute la peinture de la planéte sauvage est ainsi une démonstration éclatante de l'imagination délirante de Topor. La technique ? Une peinture image aprés image non sur film transparent mais sur papier. Le rendu, à condition d'adhérer aux couleurs psychédéliques trés seventies, est splendide.

  *mode patriote franchouillard on* la notoriété du film  dépasse largement les étroites limite de l'hexagone, au point que tout récemment un sondage américain l'a classé dans les dix meilleurs film SF français de tous les temps *mode patriote franchouillard off*

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/512OKaLLAqL._SL500_AA300_.jpg

Suit en 1981 Les Maitres du temps, adaptation encore une fois d'un roman de Stefan Wul, L'Orphelin de Perdide. Cette fois, Laloux a trouvé son comparse dessinateur  plus prés du monde de la SF, pour êtte précis de la BD : Moebius. Le style est différent, plus propre et lisse il faut bien le dire (il a bien fallu que la technique évolue) mais l'univers visuel est toujours aussi beau.  

  En ce qui concerne l'intrigue, si La Planéte sauvage et Oms en série ont chacun leurs mérites (le roman est plus épique, comme je l'ai dis) Les Maître du temps est sans doute l'un des rares cas d'adpatations supérieur à l'original, grâces aux libertés prises  sur une histoire presque banale (tout est dans le presque, avec la poésie particuliére de Stefan Wul) de sauvetage d'enfant sur une planétre trop lointaine. Ainsi un simple repaire de pirate se transforme-t-il en ruche totalitaire d'hommes changés  en anges asexués, occasion de faire passer un message, ce à quoi tiens toujours Laloux.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51UOcscJeGL._SL500_AA300_.jpg 

Enfin vient en 1987 le dernier bébé, Gandahar. Le scénario en est un roman de Jean-Pierre Andrevon, Les hommes-machines contre Gandahar (que je n'ai pas lu, donc pas de comparaison cette fois), est l'illustre collaborateur du cinéaste est Caza, autre pilier de la BD esséfe française. Et là, je dois dire que l'univers visuel du film, trés coloré et poétique, m'a semblé le plus splendide des trois. L'ambiance en est envoûtante, et ce malgré des doublages peu convaincants.

 

  Bref, un pilier de l'animation à découvrir absolument, et peut-être la grande gloire du cinéma de genre français.

 

ERRATUM : j'ai parlé d'un sondage américain recensant les dix meilleurs films de science-fiction français, je m'aperçois que mon souvenir a totalement déformé la chose. Il s'agit en fait d'un article en anglais parlant de sept films essentiels de la science-fiction française. C'est ici : link            

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 13:19

  Le terme d'animation russe est agréablement connoté, promettant une poésie profonde qui a fait la réputation de ce cinéma.

  Je dois dire que j'en connais peu de chose :

  Un ravissant long-métrage vu enfant, injustement oublié et dont la dernière trace que j'ai pu retrouver, bien après avoir écrit ce billet (ceci est un edit donc) est en six vidéo sur Youtube : Le bateau volant, adapté du conte éponyme d'Afanassiev, allez voir sur Youtube, le son est exécrable, mais c'est bô.

  Et quelques court-métrages, réunis sur deux DVD dont je vais parler. Il s'agit des oeuvres complétes d'un des péres fondateurs, Youri Norstein (lesquelles tiennent sur les 80 minutes d'un DVD !)  et, un peu moins classiques, Le Vieil homme et la mer d'Alexandre Petrov.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51NMSN3GKHL._SL500_AA300_.jpg 

Youri Norstein, d'abord, cinéaste peu prolifique : sept court-métrages seulement (réalisés tout seul !) mais alors, quelle beauté !

   Je dois dire m'être moins intéressé au premier, 25 octobre-Premier jour, peu enclin à la propagande soviétique que l'animation est trop frustre à mon goût pour compenser. La bataille de Kerjenets, récit d'une bataille historique contre les Tatars, est déjà plus intéressant, à condition d'apprécier une animation trés rudimentaire qui a toutefois de remarquable d'être faite à base...d'icônes et  de fresques du Moyen-Âge !

   La beauté nous subjugue enfin avec les suivants : trois dessins animés animaliers, adaptés de contes et fables russes. Le meilleur des trois est sans doute Le hérisson dans le brouillard, dont le titre vous donne un aperçu du potentiel onirique.

  Enfin vient le clou du DVD : un film nettement plus long que les autres (environ une demie-heure), qui fut trés remarqué en son temps même en France, et consacré par un prix "Meilleur film d'animation de tous les temps", J'ai nommé Le conte des contes.

  Ce récit est enrobé de mystéres par le fait notamment qu'il est entiérement muet, laissant son intrigue largement à l'imagination du lecteur. Tous au plus peut-on dire qu'il est question de la guerre, grande dévoreuse d'homme, vue par un chien laissé seule dans sa maison abandonnée, et dont le chemin croise celui d'une famille mystérieuse aux allures féériques (elle a même une sorte de minotaure de compagnie) coulant des jours heureux dans un monde tout proche. Plus qu'une charmante histoire un peu mystérieuse, Le conte des contes est surtout une ambiance magnifique, veloutée, tout en douceur sans être en aucun cas soporifique. Bref, moi qui ne connaissait pas grand-chose à l'animation russe aie eu le plaisir d'en découvrir un  exemple à la hauteur de sa réputation.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51B2Z34GH7L._SL500_AA300_.jpg 

Petit bond dans le temps avec Le Vieil homme et la mer d'Alexandre Petrov, DVD réunissant quatre court-métrage dont le métrage-titre adapté comme de bien entendu d'Hemingway.

  La méthode d'animation de Petrov mérite qu'on s'y attarde : entre la toute fin des années 80 et les années 90, époque ou la technologie du dessin animé ne cesse de se perfectionner, le cinéaste a réalisé ses films en peignant image aprés image sur des plaques de verre !

  Cette méthode dut-elle ne pas être promise à un grand avenir, force et d'avouer que le résultat est de toute beauté. En plus du grain de l'image que vous imaginez, l'animation est, contre toute attente (dont celle de votre serviteur) extrêmement fluide, au point que le réalisateur se permet de bluffer le spectateur avec des scénes oniriques de métamorphose, notamment dans le film Le rêve d'un vieil homme ridicule, adapté d'une nouvelle de Dostoïevski (voyez-le, vous pourrez y croire).

 

  Amateur de la poésie de l'animation russe ou ceux qui comme moi veulent la découvrir avec des valeurs sûres, jetez-vous sur ces deux DVD.          

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