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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 23:48

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Attention, OLNI !

 

Voyage à Visbecq, que je viens de finir, est un livre étrange d'abord par son histoire. Il s'agit en effet d'un manuscrit de la fin du XVIIIème siècle, resté inédit pendant plus de deux siècles avant d'être  découvert dans une librairie parisienne et d'être édité en 2007 par les éditions Anacharsis. Il a été expertisé comme l'oeuvre vers 1794 d'un auteur belge (il peut intriguer d'ailleurs par ses forts accents patriotiques belge pour un texte écrit quarante ans avant la fondation du pays à proprement parler). D'où préface d'Eric Lysoe, grand spécialiste français de la littérature fantastique du Plat Pays.

 

  Encore un texte ancien dont l'interêt historique n'est pas le plus important, ici, c'est plutôt le moment de pur délire qu'il représente, et le hausse au niveau des plus grands voyages extraordinaires d'une époque qui pour être celle des Lumières n'en était pas pour autant étouffée par le rationalisme bourgeois comme on veut bien le croire.

  En l'occurence, le voyage n'a pas précisment lieu au Visbecq du titre, ce qui serait d'un piètre exotisme pour ce lieu proche de Bruxelles, mais bien au centre de la Terre. La raison de ce long détour ? C'est que le narrateur, sur le chemin du château de Visbecq  où il doit rejoindre ses amis, a pris une dose plutôt forte d'opium, ce qui commence déjà à le faire divaguer au fil d'une écriture qui préfigure furieusement l'automatisme des surréalistes, avant de tomber (ou plutôt de descendre bêtement) dans un puits.

  On voit déjà venir le bon gros délire. Et en effet, ce voyage souterrain aurait eu de quoi épater les surréalistes suscités s'ils l'avaient eu sous les yeux.

  On voyage donc dans un monde souterrain peuplé de merveilles, gardé par des éléphants oranges et des lions rouges et verts, éclairé par un perpétuel jour vert, où les têtes de lapins poussent dans les arbres tandis qu'un acacia changent les gens qui l'approchent en ifs. Je rassure ceux qui craignent le long trip psychédéliques de cent pages, j'ai été moi-même agréablement surpris par la relative solidité de l'intrigue, trés différentes de nombreux textes de l'époque ou du siècle précédent (on pourra penser aux voyages dans la Lune et le Soleil de Cyrano de Bergerac) et qui comporte de véritables enjeux  d'un bon roman d'aventure. Il s'agit de s'opposer à la tyrannie d'un favori de la reine, un peu parano quand il est question d'un précieux coquillage de la princesse. Lutter contre cette tyrannie, ça commence par une évasion collective d'une tour en charmant au son de l'orgue  les loup-garous qui la gardent, et ça continue en apportant son aide dans une grande lutte de magiciens doués en métamorphoses.

  Tout n'est pas égal dans la féérie, loin s'en faut. Je dois dire m'être ennuyé sur les trois longs extraits mis en abyme d'une épopée médievale à la gloire de la Belgique, dans un style pompier différent de celui plus alerte, plus représentatif de la concision XVIIIème, des passages d'aventures.

  Mais on oublie heureusement vite ces passages devant le rafraichissant délire féérique de l'ensemble.

 

  Pour terminer et pour un juste retour des choses, le lien sur la blogosphère de la chronique qui m'a fait découvrir cet OLNI :

 

  link 

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commentaires

edwood 07/12/2010 08:21


Merci Kalev pour le renvoi de votre blog à la taverne qui conduit à Visbecq, univers étrange qui devrait attirer quelques lecteurs curieux.


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