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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 19:43

 

Ce vendredi 8 avril dernier a eu lieu à Lille une soirée ciné spéciale Japon, joliment intitulée "30 millions de Tsunamis, faites irradier de bonheur  le coeur de votre centrale."

  Si pour le second film, le baroque et déjanté Baby-cart II : l'enfant-massacre, j'attendrais de recevoir le coffret de l'intégrale de la série en DVD, je peux au moins pourfendre l'injustice qui s'acharne sur le premier film, Uzumaki.

 

  En  effhttp://cf1.imgobject.com/posters/01a/4bcbcbf8017a3c0f3400001a/uzumaki-cover.jpget, Uzumaki d'Higuchinsky est sorti au Japon en 2000, mais une injustice malheureusement banale  fait qu'en dehors de la soirée lilloise dont je parlais, où une unique bobine 35 mm a été projetée, il n'a pas été distribué dans les salles de ciné françaises. Il s'est donc contenté d'une sortie en Direct to Video, groupé avec un autre film parait-il médiocre (je jugerais par moi-même) mais quand même dans une collection dirigée par Jean-Pierre Dionnet, c'est déjà ça.

   Cette absence de distribution est d'autant plus incompréhensible qu'Uzumaki est un merveilleux OVNI dans le ciel du film d'horreur japonais, dont les histoires de fantômes à la Ring ou à la Darkwater sont déjà un peu devenu un cliché.

 

   Uzumaki est une adapation du manga éponyme de Junji Ito, dont le titre a été traduit Spirale en français, et dont l'intégrale rejoindra ma pile de lecture dés sa parution le 18 mai prochain.

  Dans la petite ville de Kuro Uzu, une lycéenne, Kirie, est l'une des première à constater des événement étranges : elle surprend le père de son petit ami Scuichi filmer un escargot, premier signe d'une fasination maladive pour le motif de la spirale. Cette folie déclenche peu à peu une épidémie de suicide ou intervient toujours le motif de la spirale, et auquel se joint une autre épidémie : des métamorphoses en escargot.

  On voit qu'Higuchinsky a dégotté un script déjà bien barré à la base. Et la façon dont il l'adapte au cinema est tout à fait merveilleuse.

  On peut tout à fait voir le film avec les exigences d'un bon film d'horreur japonais. Pour cela, le cahier des charges est rempli en terme d'ambiance déliciseusement anxiogène. Mais le film va plus loin.

  D'abord, pour commencer par le plus évident, par l'univers complétement surréaliste, qui permet au réalisateur (d'après le mangaka ?) de déballer une inventivité  en roue libre : celle plutôt peu macabre des suicides, mais aussi celles des métamorphoses, que le réal a le bon goût de ne pas résumer à une invastion d'escargot géants, loin s'en faut. Visuellement, c'est un régal, que dis-je, un orgasme cinématographique.

  Et par-dessus, il y a la mise en scène. Dés les dix premières minutes, entre le générique macabre et l'irruption d'un prétendant lourdingue de Kirie filmé sans dessus-dessous, le spectateur se demande dans quel univers il est tombé. La mise en scène d'Higuchinsky est expérimentale au dernier degré, les cadrages et montages bizarre se succédent entre deux passages filmiques plus posés (il faut bien que le spectateur respire), et pourtant on ne tombe jamais dans l'excés de l'épate, tout parait au contraire naturel, toujours au service de l'intrigue et non l'inverse. Uzumaki est le genre de film qu'on regarde en osant à peine cligner des yeux de peur de rater un plan de ouf. 

 

  Pour ceux qui recherchent passionément des films déjantés, Uzumaki  est sans doute ce qui se fait de plus délirant tant du point de vue de l'univers que de la mise en scène qui le sers. Ruez-vous donc sur cette petite merveille avant que la distribution DVD ne l'abandonne à son tour. 

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