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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 17:38

http://www.aifonline.net/True-Grit-film-affiche-Poster-Jeff-Bridges.jpg 

Suite et fin de mon compte-rendu du printemps du ciné, avec la dernière perle des frères Cohen.

 

  Comme j'ai déjà évoqué mon incultance cinématographique, je n'avais vu jusqu'alors qu'un film des frères Cohen, A serious man, comédie sur la communauté juive américaine, qui m'avait permis de m'initier au sens de l'humour absurde et grinçant des géniaux frangins.

  True Grit joue dans un tout autre univers, celui du Western. Au lendemain de la Guerre de Sécession, aux extrêmes limites de l'Ouest, la petite Mattie Ross, adolescente plutôt débrouillarde pour ses 14 ans (euphémisme), engage le marshall Rooster Cogburn, petite légende vivante malgré les ravages de la vieillesse et de l'alcool, pour capturer le meurtier de son père, réfugié en territoire indien Choctaw. L'affaire se complique un peu quand se joint à l'équipe un autre chasseur de prime à être sur le coup, le Texas Ranger LaBoeuf.

 

  Si ce fut un plaisir de retrouver l'humour discret des frères Cohen, c'en fut un encore plus grand de les voir jouer dans une grande variété de registres.

  Car True Grit est finalement moins une comédie un brin grinçante qu'une véritable épopée digne des meilleurs Western, avec en plus une certaine poésie à la Jarmusch à travers les personnages peu communs et le thème du destin qu'ils développent.

  On est ici dans la grande tradition des films de Clint Eastwood  depuis la glorieuse époque du Western spaghetti :

  D'abord, l'Ouest, malgré la célébration des grands espaces, n'a rien d'un héroïsme de l'âge classique de John Wayne. Les personnages sont tous des gueules, au pire patibulaires, au mieux un peu redneck. Seule la petite Mattie Ross surnage dans un univers où elle semble tout à fait décalée, personnage assez étonnant de gamine précoce capable de gérer les affaires de sa famille comme une adulte, pour pallier la défficience intellectuelle de sa mère.

  Ensuite, le rythme est lent, un peu comme chez un certain maitre Léone, le film arrivant par un subtil paradoxe à être à la fois empli de souffle épique et finalement peu porté sur l'action. Puisque j'ai parlé plus haut du Western classique à la John Wayne, il est remarquable que les Indiens, sur le territoire duquel a lieu la chasse à l'homme, n'apparaisse que dans deux rencontres fugitives et sans conséquence, laissant  les blancs régler leurs problèmes entre eux. En vérité, en dehors de quelques embuscades et autres escarmouches,  l'action progresse peu, la bande de ciminels que l'on traque se dérobe sans cesse, à croire que les frères Cohen nous font du Dino Buzzati au Far West. Et puis il faut dire qu'entre l'alcoolisme de Cogburn et la maladresse de LaBoeuf, dans les combats comme dans le face à face entre les deux hommes, ils ont tout de même l'air un peu bras cassé pour cette mission. En vérité, une tension se crée durant tout le film dans l'attente du climax final, une bataille épique (sans flingue dans tous les coins, c'est pas comme ça qu'on fait de l'épopée) qui rappelle les meilleurs moment de maitre Sergio.

 

  L'humour discret des Cohen est finalement peu de poids dans ce film qui n'est pas une comédie, mais une épopée aussi flamboyante que toute en retenue, aux personnages charismatiques et au réel souffle poétique.

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Published by Kalev - dans Autres films
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