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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 19:14

 http://www.actusf.com/spip/IMG/jpg/transdestigres150.jpg

Un nouveau petit OLNI publié par les éditions Hydromel. La novella de Léo Kennel, Transparence dez Tigres-Souvenirs transgéniques, titre qu'on chercherait en vain à interpréter, est placée dés sa quatrième de couverture sous le sceau du surréalisme. Et effectivement, on est en plein dedans, bien plus que chez bien d'autres oeuvres se réclamant de son héritage.

 

  L'histoire, puisqu'il faut en trouver une, est celle d'une petite (?) fille qui entreprend de s'évader de la Zone des friches, désert semé de friches industrielles et perpétuellement plongé dans une nuit orageuse, où est enclose la cité où elle a grandi.

   Ce court roman de 70 pages est alors découpé en deux, hum, "intrigues" parallèles : de courts chapitres aux titres biscornus montrent le périple lui-même, jallonné  de découvertes étranges que viennent inévitablement annoncer, en début de chapitre, l'apparition d'un chat borgne (les "chat-bornes"); en alternance, des chapitres plus long et simplement numérotés reviennent sur la vie passée dans la zones, en une série de saynétes surréalistes qui s'enchainent sans ordre apparent et sans transition à l'intérieur même de chaque chapitre. L'ensemble donne davantage l'impression d'un très long poéme en prose que d'un véritable roman.

  Je vais sans doute doute paraître monomaniaque, surtout après ma chronique de  L'Ecorcobaliseur de Berengére Cournut, mais le style de cette novella m'a immédiatemnt fait penser à Henri Michaux (visiblement une source trés féconde pour les héritiers du surréalisme, sans doute en raison d'un potentiel narratif plus fort que chez n'importe quel poéte officiellement surréaliste). Cette fois, le parallèle m'a  semblé bien plus flagrant, au point de faire songer à un pastiche : ambiance constamment inquiétante, saynétes rigoureuses dans leur absurdité, importance d'une flore et d'une faune aussi bizarroïdes l'une que l'autre, mots inventés, et jusqu'à l'art de passer du coq à l'âne, l'univers de Léo Kennel est quasiment celui de Michaux.

  En tout cas, si pastiche il y a, il ne démérite pas le maître, offrant des images réjouissantes d'étrangetés, cultivant une véritable poésie du bizarre. Le tout sur une plus grande longeur qui plus est, ce qui est une certaine performance.

  J'émettrais une réserve sur la tentative de donner progressivement un sens politique à l'oeuvre (et de la rattacher ainsi à la novella dystopique du même auteur, La Nuit en sursaut) , ce qui m'a un peu gonflé tant  l'univers semble peu se prêter à ce genre d'essai.

 

  Mais c'est un bémol mineur face à ce petit bijou qui porte haut les couleurs de l'héritage surréaliste. 

 

  Pour terminer par une vieille habitude, la chronique qui m'a fait découvrir le livre, et se montre plus détaillé sur l'univers: link  

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