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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 18:10

  Suite du fidèle récit de mon week-end ciné.

 

http://www.critique-film.fr/wp-content/uploads/2011/08/This-must-be-the-place-219x300.jpg 

This must be the place, film de Paolo Sorrentino, sur nos écrans depuis le 24 août, ne pouvait que m'intriguer, ce qui ne tiens pas à grand-chose, par exemple au fait que l'on parle de mouvement gothique au ciné. Et puis Sean Penn, quoi.

 

  Cheyenne est une ancienne star du rock gothique des années 80. Depuis, il vit de ses rentes, se débrouillant tant bien que mal à la bourse, dans un château de la banlieue de Dublin. A cinquante ans, bien qu'ayant abandonné la scène depuis longtemps, il arbore encore le look de son heure de gloire, entre la coiffure à la The Cure et le maquillage androgyne, ce qui ne manque pas d'attirer les sarcasmes dans la rue.

  Sa vie est pourtant bien entourée : une épouse aimante (jouée apr France MacDormand) qui sait compenser les faiblesses de son mari, la jeune Mary, qui à l'âge d'être sa fille mais se contente d'être une très jeune meilleure amie, dont le look gothique au style plus proche des années 2000 fait une relève de la culture qu'ils représentent tous deux. On peut rajouter un soupirant de Mary, un meilleur ami obsédé sexuel mais qui est bien plus que le sidekick de mauvaise comédie qu'il semble être, et comme ombre au tableau, la mère de Mary qui montre que tout le monde n'adore pas Cheyenne, même si rien n'est perdu  de ce côté.

  Malgré cet entourage globalement aimant, Cheyenne n'est pas heureux. Oh, rien à voir avec sa vie conjuguale ni aucune des personnes qui l'entourent. Le film ne vous parlera jamais de démon du midi et autre crise de la cinquantaine, et l'épouse de Cheyenne ou Mary resteront tout le long du film, et de l'errance de Cheyenne loin du foyer, puisque c'est de road movie à travers les Etats-Unis qu'il sera question, resteront des personnages positifs, des jalons incitant le héros à revenir au foyer une fois sa quête intérieure acomplie.

  Non, son mal-être est plus profond. Cheyenne est ce qu'on pourrait appeller un être perturbé, introverti au point qu'on pourrait le soupçonner de troubles autistiques, soufftant de fêlures internes dont le traumatisme qui lui a fait arrêter la musique, et qui sera révélé au cours du périple américain, n'est que la partie immergée de l'iceberg chez cet être lunaire, hypersensible, atteint de phobie diverses. Et à cinquante ans passés, s'il pense être atteint de déprime, sa femme préfére parler d'ennui.

  La quête d'un sens à sa vie commencera avec l'annonce de la mort de son père dans son New York natal, ce père avec lequel il s'est brouillé dès son adolescence, avec lequel il n'a eu aucun contact depuis les trente ans de son exil en Europe. Et c'est au chevet de son père décédé que commence une quête qui fait partir le film dans une direction inattendue : accompliir les dernière volonté du paternel en traquant Aloise Lange, son bourreau à Auschwitz, l'un des derniers nazis vivant aux Etats-Unis.

  On peut difficilement trouver sujet plus casse-pipe, mais Sorrentino s'en sort remarquablement bien par sa justese de ton et la poésie énigmatique qu'il met dans cette traque au nazi, qui devient prétexte à un parcours initiatique couplé à la plus pure tradition du road movie.

  L'émotion vient de cet éternel adolescent ayant aussi peu de prise avec la réalité que de contact avec sa famille, brutalement confronté aux démons surgis du passé de celle-ci. Malgré tout, si Cheyenne a toujours en vue la revanche de son père, il n'a pas la même obsession que lui, et sa traque lui permettra surtout de faire des rencontres. Certaines sont fugitives, le temps d'échanger quelques brèves de comptoirs à la poésie obscures, où même aucun mot du tout, avec des personnages colorés. D'autres joueront un plus grand rôle, et la plupart sont liées à la traque au nazis. Il ya l'ancien bourreau et son ex-épouse américaine qui aimeraient oublier le passé, il y a Mordecai Midler, chasseur de nazi et véritable légende vivante, pendant pragmatique et cynique au lunaire Cheyenne, et en même temps touche burlesque inattendue dans le film ; et il y a surtout Rachel, mère célibataire isolée avec son fils dans le coin le plus paumé, accueillant Cheyenne comme un sauveur, et accessoirement  petite-fille de boureau qui ignore la nature des zones d'ombres dans sa famille : sans doute le personnage le plus bouleversant du film, dont la rencontre en constitue le point d'orgue.

  Un film de personnages donc, incarnés par des acteurs criant de justesse, pour ne rien dire de Sean Penn qui comme on s'y attend crève l'écran. Un soufle poétique qui court par-dessus toutes ces rencontres. Et pour ne rien gâter, une mise en scène qui n'a rien de plan-plan, tout en plans tarabiscotés qui répondent à la marginalité des personnages. Tout concourt à la puissance d'émotion de ce film qui, au moins en ce qui me concerne, restera inoubliable.

 

  Un EDIT  du 3 octobre pour donner le line vers une chronique qu'à ma grande honte j'avais omis de lire jusque là, et qui résume bien mieux que je le puis le sentiment d'evoûtement  qui ù'a pris au visonnage, même si je n'ai pas du tout été sensible aux défauts décrits :  la parole à Cachou, donc.       

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Published by Kalev - dans Autres films
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Cachou 14/09/2011 23:04


J'ai adoré ce film décalé qui, même si imparfait, n'en reste pas moins extrêmement touchant et tendre. A ranger à côté de "The aquatic life", "Lost in translation" et "Garden State" pour moi...


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