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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 22:34

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Encore un film que je viens de revoir par la magie du DVD aprés l'avoir découvert au ciné. La claque a cependant été moins grande que This is England.  Car The Limits of control de Jarmusch m'a laissé une impression paradoxale qui se confirme aprés seconde vision : je suis incapable de dire précisement si j'aime ou pas, même si je suis convaincu de l'interêt de sa démarche. Et je crois que c'est le genre de film qui passe ou qui casse selons les spectateurs, soyez-en prévenu.

 

  Le film présente une sorte d'agent double mystérieux (et d'ailleurs sans nom comme tous les personnages du film) qui arrive en Europe, direction l'Espagne, pour une mission tout aussi opaque. Inutile que je précise qu'il ne faut surtout pas s'attendre à du James Bond, parce que dans le genre anti-film d'espionnage, on a rarement fait plus plus hardcore.

 

  On s'en doute déjà dés l'exposé, à un aéroport français, de la "mission", dans une récitation sybilline en plusieurs langues, dont d'ailleurs les phrases se retrouveront par d'étranges hasards dans le voyage de notre agent.

  Celui-ci même est un personnage qui arrive à être intriguant : impavide et limite inexpressif (mais tout tient justement dans cette limite), quasi mutique, il semble un modéle de concentration, avec ses exercices de relaxation quotidiens, son refus pendant le travail des téléphones mobiles ainsi que du sexe (même quand une femme s'allonge nue sur son lit). Et en même temps, on le devine asez rêveur, attaché aux promenades solitaires et à l'exploration de la culture sous toutes ses formes, du musée à la musique classique (une double scénette trés symbolique le montre même fréquenter coup sur coup un bar huppé et feutré et un bar jeune plus rock'n'roll).

  Ca c'est pour les à-côtés de la missions...et celle-ci alors ? J'aurais envie de répondre : des à-côté aussi. Car ce qui tient lieu d'intrigue se limite à un schéma répétitif qui est le principal motif qui fait que le film, comme je l'ai dis, ça passe ou ça casse.

  Il s'agit d'une série de rencontre qui se passent toujours de la même manière : un personnage aborde l'agent sans nom à la terrasse d'un café par la formule "vous ne parlez pas espagnol, n'est-ce pas ?" puis lui parle en bon anglais, dans un langage aux métaphores poétiques, d'un domaine culturel qui le passionne, art, science...Au terme de l'entretien, se fait un échange de boîte d'allumette, l'agent en reçevant ainsi une nouvelle contenant un message qu'une fois lu il fait disparaitre en l'avalant avec son café. Et un don en plus de temps en temps, comme la guitare qui jouera un rôle inattendu. 

  Et c'est tout. Bien sûr que nous avons compris que l'interêt n'est pas dans le but de la mission, forcément déçevant, mais dans la voyage. En l'occurence un voyage dans la culture mondiale menacée, qui se dessine comme la véritable commanditaire et la victime à défendre dans cette mission, mais aussi et surtour voyage intérieur.

  Car toute la subtilité du film tient dans l'effort qu'il demande  au spectateur : se glisser dans la peau de l'agent et adopter sa concentration rêveuse. Et ainsi se rendre compte que le film  n'est pas si répétitif quand on cherche dans les détails.

  Ainsi le voyage prend l'allure d'un parcours initiatique au sens premier, ésotérique, du terme : on commence dans la grande métropole madriléne, on continue dans un arrière-pays rustique, pour finir dans la cambrousse la plus sauvage ; les promendes culturelles évoluent en conséquent, moins riches, mais aussi les personnages rencontrés : on passe des artistes de grands standing (dont une actrice à l'insolite ombrelle transparente) à une espéce de gaucho mexicain portés sur les drogues hallucinogénes...tiens, mais que viennent faire l'évocation des drogues hallucinogénes dans un parcours vaguement ésotérique, je vous le demande ? A se demander pourqoi ces scènes trés esthétisantes sur fond de post-rock planant à la limite du psychédélique. A se demander même  si tout ceci n'est pas seulement un voyage intérieur. 

 

  Un film qu'on aime ou qu'on déteste, selon sa subjectivité personnelle. Je ne regrette pas personnellement de l'avoir vu (au point même de l'avoir acheté par la suite) malgré une forte tentation d'ennui. Au milieu de ce paradoxe, je pense  en tout cas que sa démarche intellectuelle et artistique est réellement intéressante et porteuse de sens, et qu'il ne s'agit donc pas du stéréotype de l'arnaque auteurisante imbitable -même si certains ne seront peut-être pas du même avis. Une expérience à tenter.          

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Published by Kalev - dans Autres films
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