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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 13:28

 http://www.ephemanar.net/images/subversion_drooker.gif J'ai déjà parlé longuement parlé ici ou  d'enthousiasmantes découvertes faites grâce à la partie bibliothèque de la librairie autogérée L'insoumise, haut lieu du milieu libertaire lillois. Comme après une petite année de fréquentation du lieu j'ai toujours autant de mal à me motiver pour les lectures politiques, domaine dans lequel je me sens un peu perdu, j'ai surtout profité du fonds livresque pour tout ce qui pouvait parler à mon esprit de lettreux ou d'artisteux, qu'il y soit ou non question de politique.

 

  Le petit artbook Subversion, l'art insoumis d'Eric Drooker a été édité par L'échappée, un bien beau travail qui joint au dessins, outre une préface et un avant-propos, par moins de deux interviews de l'artiste par deux personnes différentes, placées respectivement avant et après le corps de la partie dessins, mais encore entrecoupés de nombreux exemplaire de ceux-ci, ce qui évite fort habilement de couper la partie artistique d'une partie écrite qui en paraîtrait plus aride. Néanmoins, je confesse avoir à peine survolé tout ce paratexte au moment ou j'écris cette chronique, car j'ai l'intention de restituer à chaud les impressions que m'ont faites les images, lesquelles se passent très bien de texte, comme l'artiste l'affirme lui-même à propos de son "roman en image" Blood song ; d'ailleurs, l'image est toujours narrative dans cet artbook, on compte entre deux vignettes pas mal de bandes dessinées muettes. 

  Les dessins d'Eric Drooker, vu sous l'angle reducteur de leur aspect militant, peuvent être très percutants. Je reste par exemple frappé par la vue subjective d'une imposante silhouette policière de de son chien agressif, en contre-plongée dans une rame de métro. Mais sans jamais perdre le message de vue, être percutantes n'est pas toujours nécessaire aux oeuvres de Drooker, et certaines en  effet ne le sont pas vraiment, sans qu'on puisse  dire qu'elles soient plus faibles ou qu'elles aient en aucune façon manqué leur but. C'est que le style de Drooker n'est que rarement réaliste (et même dans dans les cas "réalistes", il faudrait se demander ce qu'on entend exactement par réalisme), et baigne d'un onirisme poétique jamais loin de l'allégorie. Des oeuvres coup de poing, donc, et d'autres plus convenues dans le message mais tout aussi frappantes pour l'imagination. Cette force poétique trouve son image centrale dans celle de la ville, la ville bien entendu tentaculaire et oppressante, tout en gratte-ciels à l'image de New York, et que Drooker met à toutes les sauces : juchée dangereusement sur le dos d'une tortue d'eau qui pourrait plonger d'un instant à l'autre, changée en labyrinthe, en ruches d'hommes-abeilles, en théâtre du mythe d'Icare, et subissant parfois, car l'univers de Drooker est aussi fait d'échappatoires, des métamorphoses plus riantes, en jungle à la sortie du métro, ses gratte-ciel changés en pile de livres ou enjambés comme un rien par des passants juchés sur échasses. A noter que les échappatoires (qui passent souvent par la musique) sont parfois d'une ambiguité très étrange ou d'une étrangeté très ambigue, comme il vous plaira : une BD muette montre les participants d'une fête improvisée s'enflammer comme des torches et se transformer post mortem en oiseaux.     

 

  Bien sûr, je ne vais pas vous laisser languir comme ça, je vais vous offrir un petit aperçu. Mais avant, comme je préfére toujours conclure mon texte avant de balancer les images, un petit mot sur un détail qui d'habitude me gonfle dans une quelconque édition de livre et qui ici m'a au contraire intéressé : les critique élogieuses sur la 4ème de couv'. En  effet, deux d'entre elles sur trois (enfin, au moins deux pour lesquelles je suis sûres) sont l'oeuvres de monstres sacrés du comics auxquels je ne connais guère de lien avec le milieu libertaire : Neil Gaiman, et même Franck Miller dont l'idée qu'il puisse avoir des sympathies anars prête à sourire. Voilà qui montre que la réputation d'Eric Drooker excède largement ses affiliations politiques, ce qui est bien à savoir pour toi, lecteur de ce blog rebuté par les idées anars.

 

  Pour les images, j'ai décidé de ne pas déflorer le livre et de ne vous offrir qu'un tout petit aperçu. Si vous pourrez toujours le compléter de vous-même par Gogol Image, je ne saurez trop vous encourager à soutenir de vos deniers l'excellent travail des éditions L'échappée (ouais, je sais, je l'ai emprunté...)

  Deux images, donc, choisies pour leur similitude dans ce qu'elle suggère, ce n'est d'ailleurs pas un hasard à mon humble avis si elles occupent la même double page dans l'artbook (note en edit : il semblerait qu'add block+ bloque une des deux images, je crois que le plus pratique serait que vous regardiez cette page en désactivant le plug-in ou bien avec un autre navigateur que Mozilla).     

 

 http://ursispaltenstein.ch/blog/images/uploads_img/eric_drooker.jpg   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://img.ffffound.com/static-data/assets/6/072f83a3b920f83ecb98a1026506bf31dc24595a_m.jpg

 

 

 

 

 

 

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Published by Kalev - dans Art
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