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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 12:11

  J'avais déjà eu l'occasion de parler des soirées lilloises Bon chic, Mauvais genre, ici, ou encore là, cette fois pour chroniquer les deux films d'une soirée entière. C'est ce que je vais refaire pour la théma "sales bêtes" de ce vendredi, qui regroupait deux films très différents.

 

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Tout d'abord, Baxter, réalisé en 1989 par Jerôme Boivin, fait partie de ces films qui vous redonnent confiance dans le cinéma français, car il s'agit de sa meilleure partie, les films de genre réussis, ovnis trop rares dans notre paysage cinématophraphique français. A noter que le casting du film est presque entièrment composé d'inconnu oi quasi, c'est sûr que Baxter avec Depardieu et Auteuil, ça n'aurait pas eu la même gueule.

 

Baxter est un bull-terrier qui "pense" et par la voix off de laquelle une partie du film sera contée. Chien de la fourrière dont il garde des souvenirs traumatisants, il fait l'apprentissage de la vie parmi les humains auprès  de plusieurs maîtres successifs : une vieille dame aigrie jusqu'à la misanthropie qui sombre peu à peu dans la folie en s'enfermant chez elle avec lui, un jeune couple gnagnan qui attend un bébé, et enfin un jeune garçon fasciné par le nazisme, le couple d'Hitler et Eva Braun et s'improvisant un bunker dans une décharge.

  Contrairement à ce qu'on peut penser naïvement, comme moi, après avoir vaguement entendu parler du film (j'ai peut-être renseigné par un mauvais article aussi, mais cela remonte trop loin dans mes souvenirs), Baxter n'est pas une enième histoire d'animal philosophe jugeant les humains. On pas chez Disney, et Baxter ne les juge pas les humains, en fait, où alors selon de critères très animaux, primitifs et dénués de toute morale. Là est la plus grande réussite du film : restituer la pensée animale traduite en langage humain, avec une imagination et une habileté incroyable pour déjouer l'anthropomorphisme.

  Il n'y a pas vraiment d'opposition entre gentils animaux et méchants humains dans le film, plutôt un contraste, sans spécialement d'intentions moralisatrices inutiles, entre la cruauté primitive et "innocente" de Baxter, et celle plus compliquées du monde des humains, expression à prendre dans son ensemble, car c'est bien l'association des humains qui rend leur monde cruel, de façon plus ou moins active ou passive selon les individus. A ce titre, Baxter mérite bien d'être qualifié de film satitrique, avec une réjouissante galeries de portraits grinçants ou personne n'est à son avantage : la folie d'un ados pertrubé répondant à celle d'une vieille aigrie, et un personnage de père beauf particulièrement gratiné sont des cas extrême, entre lesquels les adultes sont au mieux falots, au point d'en devenir parfois lâche, notamment devant les responsabilités paternelles.

  A condition d'apprécier l'humour noir et grinçant, le film est assurément très drôle, surtout par l'humour noir involontaire de Baxter. Mais le film couvre un plus grand nombre de registre : les scènes sombres au frontières de l'épouvante, notamment  dans les souvenirs traumatisants de Baxter qui reprennent le troublant générique, et parfois de véritables moments de poésie, souvent sombre certes, dont le sommet est sans doute le dialogue fantasmagorique dans le cimetierre. Bref, même si l'ensemble du film peut sembler un peu décousu, manquer de fil rouge, il n'y là aucune raison de bouder son plaisir, mieux vaux au contraire se laisser porter par chaque bon mot, trouvailles, émotions.

 

  Phase IV est d'un genre tout différent. Film réalisé dans les années 70 par Saul Bass et sans aucun doute chef-d'oeuvre méconnu de la SF, Phase IV démarre sur le même point de départ qu'un banal film catastrophe : les fourmis s'organisent sur la terre, s'allient entre races et éliminent leurs prédateurs, et obligent finalement à évacuer le désert américain où démarre cette invasion et où s'érigent des fourmillières aux forme géométriques parfaites.

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Cependant, contrairement  à ce que laisse entrevoir la stupide affiche internationale que je n'ai pu m'empêcher d'afficher ci-contre, il ne faut pas s'attendre à un film catastrophe, même si nous en aurons pour notre argent avec une autre forme de spectactulaire. L'action se "résume" à établir, pour deux scientifiques réfugié sous un dôme, un contact avec les fourmis et comprendre ce qu'elles veulent. Le tout se passe en huit clos, nous devrions dire en double huis clos, car en face il y a la fourmilière, où la caméra nous plonge avec un réalisme spectaculaire et surprenant pour l'époque dans le monde insecte.

  Le rythme est lent, est pourtant le supense est implacable : les fourmis mènent une guerre sournoise aux scientifiques réfugiées dans leur station avec la jeune Kendra, rescapée du  massacre de sa famille, infiltrant les machines, construisant des miroirs thermiques pour tenter de les ébouillanter. Cette guérilla est rendue plus ambigue par le fait que les deux camps essaient de communiquer, et que le double enjeu est exprimé par les deux scientifiques : pour le chef de la mission, Hubbs, personnage assez troublant par sa froideur et ses écarts vers le language télégraphique qui le rapprochent de ses adversaires, il s'agit de faire peur à l'ennemi pour se faire respecter. Le jeune Lesko, quand à lui, ne jure que par l'intelligence des fourmis. Et il est toutefois évident pour tous deux que les deux tactiques sont poursuivies par le camps d'en face. C'est ce paradoxe que l'intrigue du film déroule avec une rigueur implacable, dignes des grandes heures de la SF spéculative, et la fin ne permettra pas de trancher clairement, presque surréaliste et ouverte à de multiples interprétations.

  L'esthétique du film sens bon les années 70, avec force couleurs psychédéliques pour représenter le point de vue fourmi, et une musique électroniques dont je ne jurerais pas qu'elle n'a pris pris une ride (sans doute pour cela que le film sera bientôt joué en ciné-concert, j'avoue ne savoir où ni quand précisément).  

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commentaires

Brume 03/08/2012 02:26

Un bon point également pour Baxter, décidément en lisant ton blog je me sens moins seule au monde avec mes références. Un film excellent, très noir.

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