Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 15:48

http://img.over-blog.com/600x424/0/00/82/91/2015/janvier15/BCMG52_Affichematfoc.jpgBon chic, mauvais genre is back ! J'avais bêtement manqué la dernière soirée BCMG consacrée au cinéma français, la théma "France de l'étrange" en 2013, je me suis donc empressé  d'assister à cette soirée "pyschose du terroir", où les orgas de BCMG ont laissé carte blanche au tout niveau mag Distorsion, avec deux films qui, devinez quoi, sont très différents l'un de l'autre. L'occasion de découvrir le vrai cinéma français, et de clouer le bec à ceux qui cédent à la mode de dénigrer le cinéma français dans son ensemble (comme si le cinéma était affaire de nation) en n'en connaissant que les références mainstream.   

 

Le premier, c'est Les Chiens d'Alain Jessua, au générique duquel les sci fistes reconnaîtront le nom d'André Ruellan, et si le film n'est pas du tout essèfe, il y a un peu de l'esprit de la science-fiction française de l'époque, la fameuse science-fiction politique des années 70 (le film date de 1979). Un médecin joué par Victor Lanoux (tout aussi excellent dans le film que Gérard Depardieu, comme quoi ces acteurs sont sous-exploités par notre triste cinéma hexagonal), débarque dans une ville où il constate que de nombreuses personnes sont mordues par des chiens. Et pour cause, les habitants sombrent dans une paranoïa sécuritaire qui les pousse à se munir de molosses. Car c'est bien de cela et de rien d'autre que parle le film : de paranoïa sécuritaire. le moins qu'on puisse dire est que le métrage va droit au but, ne s'égare pas en chemin dans des digressions ou prétentions arty : c'est carré, brut, avec une mise en scène séche voir austère, et ça dégage en définitive une impresisond e froideur, à laquelle sied merveilleusement le cadre d'une modernité glaciale de Marne-la-Vallée. C'est bien entendu foutrement inquiétant, bien que ça ne tombe pas dans le pessimisme nihiliste : la résistance est là, à travers la belle image libertaire des jeunes loulous dont les rites de passages consistent à défier les chiens.

  Si c'est sec, il n'empêche qu'on compte d'impressionants morceaux de bravoures dans le film : la séance de domptage qui vire au rite fétichiste, le discours du candidat politique anti-sécuritaire couvert par les aboiement chiens, un flash-back en musique que je ne dévoilerai pas, ou encore un climax final que je dévoilerai bien sûr encore moins mais s'avére aussi percutant que lourd de symbolique. En définitive, ont tient un film coup-de-poing, qui reste d'une brûlante actualité plus de 35 ans plus tard. Salutaire, même, surtout que, le contexte aidant, son message risque d'être oublié de nos concitoyens dans les mois et années qui vont suivre.

 

  Avec le film franco-belge Alleluïa de Fabrice du Welz, on change complétement de registre et on quitte la fable politique austère et glaçante pour l'onirisme et la poésie noires, avec une variation sur le célèbre fait divers des tueurs de la lune de miel, couple dont l'homme épouse de riches veuves pour les assassiner. Ici, les tueurs, rebaptisé Michel et Gloria, voit leur histoire, qui a marqué les années 50-60, transposée dans l'époque contemporaine, bien que le cadre reste assez atemporel et donne au film l'aspect de la fable, célébrant les noces du vieux couple que sont le fait divers et le légendaire urbain et donnant une dimension mythique à cette magnifique et cruelle histoire d'amour et de mort.

  La grande force de ce film, c'est sa mise en scène, Non pas que ce soit creux ou intintéressant narrativement, bien au contraire (voir plus haut), mais la mise en scène exubérante fait toute la beauté folle du film. Certains plans sont magnifiques, comme la scène du premier rendez-vous, au moment où on ne voit que la moitié du visage des deux amants. La bande sonore est étonnante. Tout ceci n'a rien d'un onanisme artistique, mais débouche sur de la pure beauté cinématographique qui sert merveilleusement la force de l'histoire. De plus, le film dérape fréquemment vers l'onirisme, ce qui ne peut que me plaire. La scène de cauchemar psychotique est, à cet égard, terrifiante, d'autres scènes sont stupéfiante de poésie comme la scène de danse autour du feu. Histoire de donner une idée du délire du film, on compte même une authentique (et sublime) scène de comédie musicale ! Sans parler de la prestation renversante de Laurent Lucas, qui incarne un Michel fasinant, à la fois charmeur et malsain. Bref, un OVNI de toute beauté, qui disparaîtra très vite des écrans selon une injustice très commune, mais mérite absolument d'être vu si vous en avez l'occasion.

Partager cet article

Repost 0
Published by Kalev - dans Autres films
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Kalev
  • Le blog de Kalev
  • : Chroniques de lectures, anciennes ou toutes récentes, avec quelques chroniques de films ici ou là.
  • Contact

Recherche

Liens