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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:28

 http://img.over-blog.com/600x424/0/00/82/91/2014/decembre14/BCMG_51_Postermatfoc.jpg Encore une soirée Bon chic, mauvais genre ! Qui, comme son titre l'indique, est une soirée de Noël, avec des films qui permettent d'échapper un peu à la mièvrerie dont on nous inonde en cette période de l'année, et encore une fois deux fims n'ayant rien à voir entre eux.

 

  Le premier, c'est Christmas d'Abel Ferrara, cinéaste apparemment fétiche de l'honorable Dr Devo, orga de BCMG, puisque, outre son évocation récurrente sur son site Matière Focale, ça doit être son quatrième film programmé à BCMG (du moins si le Dr Devo n'a pas oublié hier d'en évoquer, en plus de King of New York il y a trois ans).

 Chrismas nous présente un couple de dealer new yorkais d'origine domincaine, embarqué dans une sale affaire en pleine péridoe des fêtes, à la veille de l'élection de Giulani à la mairie de New York (événement qui a l'air très important pour le sens du film, mais je manque d'éléments sur l'histoire de la grosse pomme).

  Ce polar vaux surtout pour la vision pas cliché pour deux sous du couple de dealers : ceux-ci cachent leur métier pourri, avec lequel Ferrara n'est pas tendre, sous une apparence de respectabilité bougeoise, allant jusqu'à financer des oeuvre  sde charité tout à fait hypocrites (et offrant ainsi un contraste saisisssant avec les kidnappeurs du mari, justiciers pétris de bonnes intentions mais aux méthodes brutales). Par conséquent, le choix de placer l'intrigue au moment de Noël fait tout le sarcasme du film :  ces dealers sont des consommateurs comme les autres, qui procurent à leur petite fille, avec la poupée introuvable et luxueuse qu'ils lui offrent, les rêve formatés de notre fête contemporaine de Noël, sans pouvoir faire oublier le sang qu'ils ont sur les mains (le choix de musiques de Noël au générique à certains moments du film s'avère ainsi particulièremt drôle et grinçant).

  Un propos intéressant, donc, servi par des acteurs impeccables (même Ice-T est surprenant) et par une mise en scène léchée, notamment dans la photographie. Cependant, j'avoue avoir été rebuté par la lenteur du film. Je n'ai pourtant pas le sentiment d'être un fanatique du rythme trépidant, mais là, la lenteur m'a empêché  d'entrer pleinement dans le métrage. Il n'est pas impossible que je sois un peu passé à côté du film, car objectivement, il est très bon.

 

  3615 Code Père Noël, film français sorti en 1990, est donc d'un genre tout différent. J'étais allé à cette soirée pour ce film, alléché par la présentation du site Matière Focale, mais j'avoue avoir eu un peu peur lorsque le Dr Devo nous a parlé du lourd passif du réalisateur Gérard Manzor : le kitshouille Le Passage avec Alain Delon (choniqué sur Nanarland quand même) que je dois néanmoins confesser avoir beaucoup aimé ado, l'affreux Un amour de sorcière avec Vanessa Paradis (que tout comme le Dr Devo je n'ai pas vu jusqu'au bout, et j'avais pourtant 14 piges), des séries télé comme Marie-Thèrése.com ou des épisodes d'Highlander...c'est pas glorieux tout ça. Et puis apprendre que 3615 Code Père Noël a été produit  par Francis Lalanne, frère de Manzor, ça fait encore une fois un peu peur. Mais c'est ce que j'aime chez l'équipe de Bon Chic, mauvais genre : leur propension à défendre "l'indéfendable" du point de vue de la critique ciné mainstream, en dépit de tous préjugés. Peut-être en l'occurrence m'ont-ils légèrement survendu le truc, à moins que je me le sois survendu moi-même  avec mes fantasmes de pré-visionnage, mais c'est nénmoins une intéressante pépite qu'ils nous ont déniché là.

     L'argument de 3615 Code Père Noël est tout à fait celui d'un film pour enfant, ce qu'il reste avant tout : Thomas, un petit génie de 10 ans qui truffe le manoir familial de jeux hi-tech, mais croit encore au Père Noël, croit contacter celu-ci-ci sur Minitel et attire à la place un psychopathe qui s'introduit chez lui la nuit du 24 décembre, alors que sa mère (celle de Thomas, pas du père Noël psychopathe) l'a laissé à la garde du grand-père. S'ensuit un jeu du chat et de la souris entre le tueur et la petite famille aidée par les gadget de Thomas, ce qui rappelle forcément Maman, j'ai raté l'avion. Mais la comparaison avec le film américain s'arrête là.

  En  effet, le film de Manzor se montre tout à fait ovniesque dans son mélange des genres. On navigue sans cesse entre deux directions opposées : l'univers enfantin d'une part, très geek rétro et très inventif, regorgeant d'inventions poétiques comme le passage secret (les décors, plus généralement, sont étonnant), d'autre part un effroi réel et un côté noir et cruel, avec ce psychopathe qui n'inspire pas seulement la peut et le dégoût mais aussi la pitié (on est très loin du cliché du génie du crime !). Le film passe sans transition d'un registre à l'autre, et le personnage de Thomas est à l'avenant : plein de ressources et courageux, mais aussi terrorisé, très loin du jeune héros sans peur et sans reproche. Si j'ai en général du mal à apprécier le jeu des jeunes acteurs, il faut reconnaître qu'Alain Musy, l'interpréte du Thomas, est bluffant.

    C'est dans ce refus de choisir que le film de Manzor se montre le plus intéressant, ainsi que dans son inventivité poétique (même si je ne l'aurais pas comparé à Terry Gilliam comme les orgas de BCMG). Tout ceci fait oublier l'extrême kistsherie du film (mais kitsherie ne veux pas dire "kistshouille", malgré une BO très inégale et dans l'ensemble immonde), et son côté daté. Une curiosité à voir.  

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Published by Kalev - dans Autres films
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