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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 09:04

 

Oui, c'est bien encore des soirées Bon Chic, Mauvais Genres que je cause.

 

Deux films très contrastés au programme. Pour le premier, The Fall de Tarsem Singh, réalisateur de The Cell, je vais devoir me joindre à l'indignation des organisateurs de la soirée. Comme pour le remarquable Uzumaki, découvert à ces même événements, ce film n'a jamais été distribué en salle en France, de manière tout ausi incompréhensible. Que l'on partage au non mon enthousiasme pour ce film, la situation est anormale quand les distrib' inondent nos salles de daubes qui n'ont pour la plupart même pas le mérite de marcher, comme si une flopée de demi-succés était préférable au fait de prendre un minimum de risques avec un film qui peut pourtant trouver son public.

 

  Fin du coup de gueule.

 

  http://img.over-blog.com/500x269/0/00/82/91/2011/decembre-11/The-Fall-0283.jpg

The Fall, donc, relate la rencontre dans un hopital californien du début du XXème siècle  d'une petite fille d'origine indienne, Alexandria, et d'un cascadeur de cinéma muet, Roy, dont l'accident aux circonstances louches font penser à une tentative de suicide consécutive au départ de sa fiancée.

  Peu à peu, Roy, conteur suprêmement habile, emmène la petite dans un monde imaginaire, lui fait suivre l'épopée du bandit masqué et de ses cinq acolytes qui tous ont un motif de  vengeance envers le tyrannique gouverneur Odieux. Il y a l'ancien esclave noir évadé Otto Benga, il y a l'indien dont la "squaw" a été enlevé dans son "wigwam" (alors qu'il s'aghit d'un indien d'Inde !) et a fini par se suicider, il y a l'expert en explosif Luigi qui a été ostracisé, Charles Darwin lui-même  qui a reçu d'Odieux un exemplaire mort d'un papillon rarissime. S'y ajoutera après leur évasion de l'ile où ils étaient captifs, un mystique aborigène, réfugié à l'intérieur d'un arbre sur une terre autrefois fertile et brûlée par Odieux, et qui préserve un peuple d'oiseau dans son ventre.

  Inutile de s'en cacher, c'est le conte de Roy qui fait le premier attrait du film. D'une flamboyance flirtant volontiers avec la parodie, empli de morceaux de bravoures poétiques, parfois proprement surréaliste, il ne ne démérite pas des meilleurs Gilliam. L'esthétique tape-à-l'oeil de Tarsem Singh, tout en couleur vives et en costumes extravagants, si elle avait pu faire ricaner devant Immortels (je n'ai pas dérogé à la règle, même en n'ayant vu que quelques cap' du film)  est ici parfaitement réussie et en adéquation avec le film.

  Mais le conte donnerait un métrage finalement creux si le film ne la compliquait par l'imbrication du réel et la fiction d'une part (bien qu'il n'y ait aucune composante dickienne dans le film, ce qui est imaginaire le reste, sauf dans le jeu avec l'imaginaire d'Alexandria) et d'autre part la relation entre le conteur et son auditrice. C'est que le suicidaire Roy a des idées derrière la trête en captivant ainsi la petite fille qui ne se doute de rien du haut de ses cinq ans. L'ambivalence de leur relation trouve son incarnation dans le jeu fiction/réalité, le récit se montrant volontiers malléable aux suggestions d'Alexandria, mais y plane toujours l'ombre des fantasmes morbides de Roy et de sa quête qui l'est tout autant mais dont la menace est bien réel. Ce labyrinthe cauchemardesque aboutira à un climax éprouvant évitant de très peu la noirceur totale.

 

 

 http://var.vdkimg.com/vodkaster/storage/images/media/images/panic-florida-beach-2/23997343-1-fre-FR/panic-florida-beach-2_scaledown_450.jpg

Passons mainternant à un film plus classique, même s'il est parait-il un peu oublié apr mi els classiques de Joe Dante. Panic à Florida Beach, de son très crétin titre français, hors de propos (qu'est Florida Beach ?) et orthographiquement nawakesque (le titre original est Matinée), nous plonge avec une nostalgie évidente dans l'année 1962, à la suite d'une petite famille qui vient d'emménager dans la petite ville de Key West pour suivre le père dans ses déplacements militaires. Le plus âgé de leurs deux enfants, Gene, 15 ans, est passionné par le cinéma, spécialement les films d'épouvantes du ciné de quartier où il traine son trouillard de petit frère. A sa grance joie, le cinéma du coin recevra bientôt une de ses idoles, le productuers et réalisateurs Laurence Woosley, le Maître de l'épouvante. Celui-ci vient présenter son nouveau film,  Mants (l'Homme-fourmi) avec un procédé révolutionnaire dont il garde la surprise ; divers artifices qui font bouger les sièges, trembler les murs, refiler des joutes, et autres intervention d'acteurs déguisés.

  Mais un événement tragique vient contrebalancer cette heureuse nouvelle : c'est l'année du blocus de Cuba, le père de Gene doit partir au front, et toute l'Amérique vit dans la peur de l'Apocalypse nucléaire. Une peur bien plus réelle que celles des Hommes-fourmis, mais avec laquelle joue malicieusement Laurence Woosley, et aussi finalement, le réalisateur Joe dante lui-même (le patron de cinéma qui se bâtit un abri anti-atomique sous son établissment et confond le procédé de Woosely avec l'apocalypse est à cet égard savoureux). En 1993, il est facile de tourner en dérision cette peur très ancrée dans la guerre froide en la mettant sur le même plan que la science-fiction où les mutations radioactives sont utilisées à l'envi (gageons qu'en 2011, c'est moins facile...). L'ironie envers cette peur rejoins celle très tendre envers les sympathiques nanars, ce cinéma bis auquel Joe Dante rend hommage, et contribue à donner une image très décontractée de ce début des années 60 : la nostalgie y est, comme je l'ai déjà souligné, l'époque est vu comme résolument tournée vers l'avenir, optimiste, avide de liberté face au conservatisme américain (qui est présent dans le film d'une façon particulièrment désinvolte, car les seuls conservateurs sont des simulateurs aux service de Woosley). Le film n'échappe pas à un aspect teen movie avec les histoires d'amours de ses adolescents.

  L'horreur chère à Joe dante étant distanciée par une mise en abyme aux allures d' hommage, c'est une comédie rafraichissante que nous offre le réalisateur, qui montre qu'on peut faire des films futés sans tomber dans la sinistrose.

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