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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 11:33

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Après trois chroniques de la section musicale de ce blog, je me rend compte que je dois sembler un peu monomaniaque, car toutes trois avaient rapport de près ou de loin avec la scène black metal (même quand  l'album chroniqué n'en était pas, juste le groupe à ses débuts). Il est donc temps non seulement de quitter cette scène, mais de quitter un peu les terres du metal, parceque quand même, il y a pas que ça dans la vie. Surtout que la chronique du dernier Sigur Ros doit bien être dans mes cartons depuis trois semaines, la première écoute de l'album ayant servi à m'isoler de certaines festivités patriotardes de mi-juillet où, comme dit le poète, je reste dans mon lit douillet, un disque de musique contemplative étant, on le conçoit, idéal dans ces conditions.

  Donc, Sigur Ros, pour les présenter à ceux qui ne les connaissent pas, c'est un groupe islandais devenu depuis la fin des années 90 une formation phare de la scène post-rock...mais comme l'appellation post-rock ne définit parait-il pas grand-chose, car englobant des groupes parfois sans grands rapports entre eux, je définirais leur style un peu inclassable comme un rock expérimental très influencé par le rock progressif, le classique, le minimalisme, le noise rock, résolument tourné vers un son très atmosphérique, mais sans oublier un travail très riche à la fois sur les mélodies et les sonorités, ce qui rend leurs compositions trippantes au possible. A noter que la majorité des textes sont rédigés soit en islandais, soit en "vonlenska", une langue inventée dont les sonorités sont proches de la langue de Snorri.

  Au cours de sa déjà longue carrière (Kveikur, dont il sera question ici, est quand même leur septième album studio) Sigur Ros a su  garder son style propre tout en se renouvellant de façon subtile d'un album à l'autre. Mais je dois admettre qu'avec l'avant-dernier, Valtari, ça a coincé chez moi. Je ne saurais guère expliquer pourquoi d'ailleurs : il est possible que cela vienne davantage de mon oreille que de l'album et que celui-ci soit difficile d'accès pour moi. Je l'ai d'ailleurs un peu mieux apprécié à la deuxième écoute pour laquelle il fallu quand même attendre un an que Kveikur paraisse, et je sens qu'il va falloir que je passe un certain temps à l'apprivoiser.

  Kveikur, en revanche, et sans nulle doute l'un des albums les plus accessibles de Sigur Ros, pour une raison simple: il est sans doute leur plus rythmé ; en fait j'ai eu l'impression que les deux derniers albums du groupe formaient un dyptique séparant  deux facettes habituellement mêlée à diverses proportions dans les albums précédents, Valtari concentrant les morceaux éthérés et contemplatifs, et Kveikur les morceaux qui tout en restant ambiant peuvent tout à fait être qualifiés de catchy et pêchus.

 

  Avant de passer à la revue des morceaux, un mot sur l'artwork : c'est peut-être l'un des plus stupéfiants qui ait été conçu par le groupe (qui a toujours eu un goûts très sûr pour ses visuels) et surtout le plus troublant, surtout à l'intérieur du packaging (précisons que j'ai l'édition digipack, il est possible que tout le monde n'ait pas les même illus) avec cette fresque de style art brut remplis de personnages et d'animaux dont les têtes sont remplacés par une sorte de, euh, de...symbole maçonnique ? (désolé, mais un triangle avec un oeil, c'est la première chose à laquelle ça me fait penser...ben quoi ?).

 

 Bon, allez, brève revue des morceaux.

 

  On commence cash avec Brennistein, du Sigur Ros standard au niveau de l'instru, ce qui, attention, ne veut absolument pas dire morceau faible, cela n'existant pas à mes yeux (ou plutôt à mes oreilles) sur ce disque, à l'exception de l'outro qui sert plutôt à redescendre en douceur. Et puis Brennistein a peut-être le meilleur jeu de batterie de l'album, la voix de fausset du chanteur Jonsi est particulièrement trippante (mais elle le sera sur beaucoup d'autre pistes), et de plus l'intro présente tout de suite l'une des innovations de l'albums : un son noisy très abrasif.

  Hrafntinna introduit davantage de variété avec un instrument que je ne me souviens pas avoir entendu jouer auparavant par le groupe, que je leur ai découvert sur scène en février dernier dans des morceaux que je n'ai pas reconnu et qui étaient peut-être bien des teasers de l'album : un orchestre de gongs, du type gamelan, enivrant à entendre.

    Isjaki a aussi des sonorités très riches avec son tambour et ses sons aigres de pipeaux, qui lui donne une ambiance folk très décalée sur l'album, et endiablée avec ça.

  Yfirbord revient à du Sigur Ros standard. Dans la lignée des sons de synthés plus durs dont j'ai parlé avec l'intro de l'album, ici on entend, assez discrétement il est vrai, de véritables beats électros, le son le plus décalé de l'album, le plus propre à destabiliser le rocker un peu puriste.

  Stormur est toujours du Sigur Ros standard, avec ce que ceci a de relatif sur cet album.

  Par contre, Kveikur, le morceau-titre, réemploie les gongs et présente en outre la meilleure prestation vocale de Jonsi sur l'album, ses vocalises étant susceptibles de provoquer forces "eargasmes".

  Rafstraumur occupe une place un peu à part, en ce que tout en restant aussi catchy que les autres morceaux, il renoue avec la veine contemplatives du groupe, dans son intro et dans le passage instumental qui en reprend le thème au milieu. Frissons garantis.

  Blapradur revient au Sigur Ros standard (voir plus haut ).

  Var est l'outro anecdotique dont j'ai parlé plus haut, qui nous fait redescendre en doucueur avec ses notes de pianos et ses plages de synthés discrètes mais qui, sons noisy aidant, l'empêchent d'être trop mièvres.   

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Published by Kalev - dans Musique
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