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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 21:28

  Je viens enfin de voir le troisième et dernier métrage de René Laloux, Gandahar, concluant ainsi un cycle de visionnage de deux ans.  

  Un adage absurde veux que les français soient incapables ce faire des film de genres dignes de ce nom. Bon, d'accord, il est vrai que les faits abondent largement dans ce sens. Mais le vrai cinéma de genre français existe, je l'ai rencontré, et dans la foulée les films de René Laloux sont peut-être ce que l'animation française a fait de mieux, et ont le mérite d'être parmi les premiers à tourner le dessin animé, comme auparavant la BD, vers un public adulte. 

 

  En plus de quelques courts-métrages, l'oeuvre de René Laloux  se résume à trois long-métrages de science-fiction. Pour chacun d'eux, Laloux s'est adjoint un dessinateur différent, mais alors, quelles pointures !

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51J9AC3SYVL._SL500_AA300_.jpg 

Ainsi La Planéte sauvage (1973) a-t-il été coréalisé avec Roland Topor, le duo ayant déjà réalisé des courts dont le trés jouissif Les escargots que je ne saurais trop vous recommander de visionner sur Youtube (il ne fait aprés tout que 13 minutes).

  Le film adapte librement un roman de Stefan Wul (auteur sur lequel il faudrait que je songeasse à faire un billet)  Oms en série, relatant la révolte de la race des Oms (les hommes quoi) menée par le jeune Terr, contre les Draags, race de géants bleus qui les considérent comme des animaux domestiques. Dans le roman comme dans le film, le message est pacifiste et bien plus intelligent qu'un insurrectionnisme démago primaire.

  Passé ce cadre, le film est comme je l'ai dis, une adaptation libre, dont l'intrigue est plus bréve est moins épique, mais on se demande si l'on regrette vraiment la pourtant impressionante équipée finale chez Wul  devant la relecture bréve mais onirique au possible qu'en donne nos deux lascars. Et toute la peinture de la planéte sauvage est ainsi une démonstration éclatante de l'imagination délirante de Topor. La technique ? Une peinture image aprés image non sur film transparent mais sur papier. Le rendu, à condition d'adhérer aux couleurs psychédéliques trés seventies, est splendide.

  *mode patriote franchouillard on* la notoriété du film  dépasse largement les étroites limite de l'hexagone, au point que tout récemment un sondage américain l'a classé dans les dix meilleurs film SF français de tous les temps *mode patriote franchouillard off*

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/512OKaLLAqL._SL500_AA300_.jpg

Suit en 1981 Les Maitres du temps, adaptation encore une fois d'un roman de Stefan Wul, L'Orphelin de Perdide. Cette fois, Laloux a trouvé son comparse dessinateur  plus prés du monde de la SF, pour êtte précis de la BD : Moebius. Le style est différent, plus propre et lisse il faut bien le dire (il a bien fallu que la technique évolue) mais l'univers visuel est toujours aussi beau.  

  En ce qui concerne l'intrigue, si La Planéte sauvage et Oms en série ont chacun leurs mérites (le roman est plus épique, comme je l'ai dis) Les Maître du temps est sans doute l'un des rares cas d'adpatations supérieur à l'original, grâces aux libertés prises  sur une histoire presque banale (tout est dans le presque, avec la poésie particuliére de Stefan Wul) de sauvetage d'enfant sur une planétre trop lointaine. Ainsi un simple repaire de pirate se transforme-t-il en ruche totalitaire d'hommes changés  en anges asexués, occasion de faire passer un message, ce à quoi tiens toujours Laloux.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51UOcscJeGL._SL500_AA300_.jpg 

Enfin vient en 1987 le dernier bébé, Gandahar. Le scénario en est un roman de Jean-Pierre Andrevon, Les hommes-machines contre Gandahar (que je n'ai pas lu, donc pas de comparaison cette fois), est l'illustre collaborateur du cinéaste est Caza, autre pilier de la BD esséfe française. Et là, je dois dire que l'univers visuel du film, trés coloré et poétique, m'a semblé le plus splendide des trois. L'ambiance en est envoûtante, et ce malgré des doublages peu convaincants.

 

  Bref, un pilier de l'animation à découvrir absolument, et peut-être la grande gloire du cinéma de genre français.

 

ERRATUM : j'ai parlé d'un sondage américain recensant les dix meilleurs films de science-fiction français, je m'aperçois que mon souvenir a totalement déformé la chose. Il s'agit en fait d'un article en anglais parlant de sept films essentiels de la science-fiction française. C'est ici : link            

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Published by Kalev - dans Animation
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