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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 07:24

http://www.payot-rivages.net/couvertures/bassedef/9782228895347.jpg  Lors de la précédente étape sur les légendes urbaines, j'avais déjà mentionné le "Que sais-je ?" de Jean-Bruno Renard. Il sera question ici de deux livres que Renard a co-écrit avec l'autre sommité française dans le domaine des légendes urbaines, Véronique Campion-Vincent, à savoir le dyptique des "rumeurs d'aujourd'hui" : Légendes urbaines-Rumeurs d'aujourd'hui en 1992 (ça commence à dater un peu !) suivi quelques années plus tard par De souce sûre-Nouvelles rumeurs d'aujourd'hui.

  Je parlerai surtout du premier, car je n'ai lu qu'un petit morceau du second (essentiellement le chapitre sur les croyances au surnaturel, minoritaires dans le légendaire urbain, faut-il le rappeler). Je peux d'ores et déjà  dire que malgré les sous-titres qui les rapprochent en un même dyptique, les livres ont une structure tout à fait différente : le premier est constitué d'une vingtaine d'articles autonomes et assez brefs consacrés chacun à une légende urbaine bien connue (pour citer les exemples les plus clichés, sachant qu'il y en a pas mal de plus originales : les crocodiles dans les égoûts, les auto-stoppeurs fantômes...), tandis que le second est constitué de longs chapitres traîtant de manière plus transversales, à travers force exemples, des grands thèmes du légendaire urbain. C'est donc du premier dont il sera question ici.

  Comme cela devait se voir un peu dans le précédent billet, le légendaire urbain m'avait avant tout intéressé en tant que résurgence de mythes archaïques, qui en font l'une des (nombreuses, quoiqu'on on dise) dernières branches, la plus ancrées dans notre civilisation moderne, du grand arbre des mythologies, comme j'avais pu m'en rendre compte jusqu'au vertige à travers l'essai de Le Quellec, Alcool de singe et liqueur de vipère. Cependant, se focaliser sur les survivances serait passer à côté des essais de Renard et Campion-Vincent. C'est bien le légendaire urbain dans son ensemble qui y est intéressant, même s'il ne m'est pas plus sympathique, en raison principalement de son caractère conservateur voir franchement réac' , même pas distancié par l'éloignement culturel, et, ici je vais porter un jugement esthétique qui n'a aucun sens scientifiquement, mais mes billets de mythologie sont de toute façon un truc de lettreux et pas de mythologue, de leur relative pauvreté d'imagination, à quelques exceptions près bien sûr (des inventions poétiques comme les fameux vérins hydrauliques de la tour Eiffel, et bien sûr les très belles fresques déjà données en exemple plus haut).

  Mais je perd le fil... donc, Renard et Campion-Vincent ne se focalisent pas sur les sources archaïques des légendes urbaines, dont ils ne sont de toute façon pas spécialistes en tant que sociologues et non mythologues, et ce même si les sources archaïques sont présentes. L'énergie que notre tandem n'emploie pas à chercher en amont du légendaire urbain comme le fait Le Quellec (cité plusieurs fois, notez bien) il l'emploie à chercher en aval, dans les innonbrables développements qu'offrent la culture littéraire et audiovisuelle, et ils se montrent par là d'une érudition impressionnante.

  C'est cette dernière qui m'a le plus intéressé dans cet essai, car j'ai bien moins accroché à l'intéreprétation des légendes urbaines. Celles-ci font largement recours à la psychanalyse, et la psychanalyse et moi (voire la psychologie en général, il y a des théories qui m'effraient bien plus que la psychanalyse) ça fait deux. Certaines connections entre légendaire urbain et mythes traditionnels m'ont semblé aller vite en besogne, malgré leur propension à faire rêver. Enfin, il m'a semblé que les auteurs en faisaient un peu trop dans l'analyse de la morale urbaine, dans tout ce qu'elle peut avoir (sauf exception) de convervattrice / réactionnaire. Certes, le côté réac' du légendaire urbain, où suinte la peur de l'étranger et de la modernité, ne fait aucun doute, mais de là à voir de la fable et de la justice immanente excessivement cruelle partout...sans parler de trucs qui m'ont semble parano et pour tout dire un peu puant comme le fait de vouloir à tout prix voir une métaphore xénophobe dans le film Alien.

 Ouvrage passionnant pas son érudtion. Pour ce qui est de l'analyse, chacun jugera. 

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Published by Kalev - dans Mythes
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