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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 12:49

  http://ecx.images-amazon.com/images/I/61ArmqZmsOL._SX342_.jpg Le groupe Nadja est un duo originaire de Toronto, qui sévit dans une musique expérimentale qui varie d'un album à l'autre, sachant qu'ils sont très productifs, mais tourne globalement autour du drone metal. Ce que j'en ai écouté m'a semblé plutôt aride, comme l'ensemble du drone metal, genre qui ne m'a jamais beaucoup accroché (mais c'est peut-être faute d'avoir pu en écouter dans de bonnes conditions, notamment avec les enceintes poussées à fond, ce que je n'ose faire de peur de me faire assassiner par les voisins). When I Seen the Sun Always Shines on TV, publié comme beaucoup d'autres albums du groupe chez The End Records, excellent label américain de rock progressif et de metal que je connaissais surtout jusque là pour le magnifique groupe de post black metal Agalloch,  cet album donc est le seul qui ait vraiment retenu mon oreille, et qui ait changé mon regard sur le drone, même s'il se rapproche du doom, musique un peu moins lente qui est peut-être mon courant metal de prédilection.

 

  When I Seen the Sun Always Shines on TV est un album de reprise, reprises plutôt improblables s'il en est, comme vous avez pu le constater si vous avez reconnu dans le titre une ritournelle de...A-ha. Et pour le reste, c'est pour le moins contrasté, car A-ha y voisinne avec...Slayer, Eliott Smith, The Cure, Swans...

  Et donc, ces reprises sont plutôt doom/drone, et également post-rock, autre style de prédilection de Nadja, et les voix, élément rare dans discographie de Nadja mais rendu inévitable sur cette album de reprise, sont d'un style shoegaze, quoi pousse très loin la faiblesse de la voix (du coup, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec le très beau groupe français Les Discrets, qui concocte  un mélange très proche de doom metal, de post-rock et de shoegaze, et pousse également très loin la faiblesse de la voix, mais pour un résultat très éloigné de la musique expérimentale de Nadja).

  La plus grande prouesse artistique de cet album, et c'est là que les honorable lecteurs de ce blog vont commencer à lever un sourcil sceptique et que je vais commencer à me sentir bien seul, c'est celle de faire se ressembler tous les morceaux dont les originaux sont si divergents. Le trash metal brutal de Slayer, la folk éthérée d'Eliott Smith, la synth-pop sautillante d'A-ha, tous ces morceaux se fondent dans un même style. Ajoutez à cela une volonté assumée de cultiver un son pourri, chargés de larsens et autres parasites, et ces reprises peuvent légitemement laisser sceptique ; et je n'ose imaginer à quel Enfer les voueraient les fans hardcore des originaux, même si à mes yeux une reprise ne s'apprécie qu'en elle-même (autrement je n'aimerais pas autant et sans doute même détesterais les reprises commises par Type O Negative, groupe qui a coutume de s'attaquer à des mastodontes du rock).

  Et pourtant, sans que je puisse expliquer pourquoi, ça marche. Loin d'être la soupe immonde qu'elle peut sembler à un auditeur inattentif (ou peut-être juste moins pervers que moi), la musique de Nadja est un joyau de musique dépressive, dont la qualité est à l'opposé de la masturbation technique (j'admire aussi la technique instumentale, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ) et par-là même donne une autre image de la musique, très éloignée de celle qui domine de façon écrasante la musique metal et même rock, où on a du mal à imaginer qu'on puisse être brillant sans riffs de gratte virtuoses ou voix de six octaves.

 

  Il me faut enfin dire un mot sur un élément qui apporte une plus-value indiscutable à l'album : le packaging. Je vais sans doute sembler ennuyeusement dissert, et du coup me sentir encore plus seul, mais j'attache une grande importance au flacon de mon ivresse musicale, sans doute en rapport avec mon goût immodéré pour l'image, qui se traduit par une collectionnite aigue de baydays, de livres d'arts et même d'albums pour pitinenfants, et explique sans doute aussi ma grande consommation de CD physiques, même si pour l'un comme l'autre j'ai du beaucoup lever le pieds depuis quelques années (3615 mylife off).

  Donc, le  packaging...je ne parle pas seulement de la pochette, qui détonne encore une fois dans le monde du metal par son esthétique de BD ou de dessin animé (et qui me semble bien, comme d'autres cover de l'artiste Klawful pour le même groupe, une mise en scène fantasmatique des deux membres de celui-ci), mais que vous pourrez trouver n'importe où sur le net, mais je parle également du livret, d'autant plus gratuit qu'il ne contient bien entendu aucune parole des reprises, et qui constitue un prodige de narration graphique et pour ête précis de narration graphique muette, avec la contrainte que cela implique. Je pense que ce très bel objet va entrer dans mon panthéon personnel des packaging de disques, au côté de Machina-The Machines of God des Smashing Pumpkins (qui joue encore dans une autre cour une dizaine de dimensions au-dessus), de Soft Black Stars de Current 93, de Home et quelques autres disques de The Gathering....bon, ok, je me calme.

 

  Et je maintiens, cet album est brillant. Si si.       

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Published by Kalev - dans Musique
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