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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 18:33

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Je remonte cet article, cette fois-ci sans qu'aucun edit ne le justifie. La raison en est plus triste: le couple d'écrivain Michel Grimaud nous a définitivement quitté, Jean-Louis-Fraysse ayant rejoins hier, 27 juillet, sa compagne Marcelle Perriod décédée en janvier. L'un des rares décès annonçés dans la fandom SF à m'avoir réellement bouleversé (il faut dire qu'il y a dans le lot tant d'inconnus pour l'inculte que je suis)  tant leurs livres m'auront bouleversé d'une façon plus positive. Je regrette d'ailleurs ne pas avoir remonté cet article plus tôt, c'est à dire  lors des événements de janvier.

 

  RIP Michel Grimaud, et que cette article vous soit dédiée en hommage.        

 

Michel Grimaud est le pseudonyme d'un couple d'écrivain vivant dans le Midi, Marcelle Perriod et Jean-Louis Fraysse. Ils sont principalement connus comme auteurs pour la jeunesse, avec une quarantaine de romans dans les genres de la science-fiction et du polar. L'un des plus célèbres est sans contexte le magnifique Le Tyran d'Axilane, paru chez Folio Junior, que n'incluerai pas dans cette chronique car il me faudrait pour cela une relecture.

  Michel Grimaud, c'est aussi, on l'a oublié un peu aujourd'hui, des romans adultes. Au moins trois, dont j'ai pour l'instant lu deux (pour La dame de cuir dont on m'a dis le plus grand bien et qui m'attend dans ma pile à lire, plus la relecture du Tyran d'Axilane : suite au prochain numéro -je ne saurais dire quand hélas).

 

  Il y a des livres qui sont simplement agréables, dont on aime éventuellement se souvenir, mais dont votre esprit  sort une fois que vous l'avez refermé. Et puis il y a Malakansâr et L'Arbre d'or, des livres capables de distiller une musique entêtante, au point de revenir vous hanter des mois voire des années aprés avoir refermé le livre.

 Que ce soit pour moi le cas des deux romans ne m'étonnent pas, car ils sont trés proches : tous les deux mettent en scène des univers de science-fiction trés colorés et exotiques, mais pas du tout comme théâtre de grandes aventures épiques stéréotypées : l'humain est au centre, et je dirais même plus les gens ordinaires qui font vivre au quotidien ces civilisations lointaines.

  Et puis, il y a leur théme commun, dont je vous laisse juge du pouvoir lacrymogéne : la quête d'un rêve impossible et fou, qui, le lecteur lucide s'en rend vite compte, ne s'accomplira jamais et laissera au contraire la place à une chute cruelle.

 

 

Commençons d'abord par le L'Arbre d'or, qui donne la vision la plus folle de ce rêve (roman qui est hélas le plus introuvable des deux, n'existant plus qu'en occasion, du moins à ma connaissance).

  Rêve fou, c'est le cas de le dire. L'histoire, relatée par une troupe de mystérieux conteurs aux Terriens eux-même, prend place dans un royaume aux multiples planétes, appelé le Petit Monde. Le roi qui le gouverne, Budiban Ier, à tous d'un dictateur, à la main lourde dés qu'il s'agit de couper des têtes, mais le paradoxe de l'écriture fait que le lecteur est incapable de ne pas ressentir  un certain attachement pour ce personnage lunaire. Ce drôle de tyran, spoliateur de toute la richesse de son peuple, se retrouve néanmoins, à son grand dam, privé du dernier bien de celui-ci : un rêve, celui d'un arbre d'or, dont aux yeux du mage de la cour il ne fait plus de doute qu'il existe et qu'il a ensemencé les rêves des sujets du roi (ceci était un avant-goût de l'imagination poétique des auteurs).

  Et le roi Budiban  d'offrir une prime alléchante à celui qui s'emparera de l'arbre...et ce n'est pas quelques chasseurs de primes qui se lanceront dans cette quête, mais bien le peuple entier du petit royaume.

  Nous suivrons cette grande équipée par les yeux de deux groupes de personnages  : d'un côté Vic et Sarbo, de pauvres vendeurs de ficelles à ballons, de l'autre une joyeuse troupe constituée de la plantureuse Mamboule, de ses enfants, de Génor, colosse bénêt seul capable de la satisfaire sexuellement, de son voisin Roucou. Tous feront partie de la petite fraction de la population à s'acharner jusqu'au bout, et à partir jusqu'au lointain Grand Monde.

  Si la quête est celle des deux romans qui se finit de la manière la plus optimiste, cette optimisme reste relatif et se teinte d'une pointe d'amertume.

 

 

  Passons maintenant à Malakansâr, sans doute mon préféré de ces deux romans. Cette fois, nous suivons, sur une lointaine planéte  au décor de fantasy, un jeune homme d'une riche famille, Silo. Promis à une grande carrière, il choisit nénmoins de s'enfuir. Pourquoi ? Simplement parcequ'une bardesse  lui a conté l'histoire de Malakansâr, la ville des Dieux, et que Silo n'aura plus de repos avant de l'avoir atteinte. Au risque de transformer ce voyage en cavale (mais les auteurs n'auront pas de temps à perdre avec ce genre d'intrigue)  une esclave du peuple Mowo, considéré comme inférieur et sauvage, le suit, nourrissant le secret espoir de retrouver les éléments libres de son peuple. Tous deux rencontrerons un dernier rêveur, Glévian, membre d'un peuple de pêcheurs des marais, qui aprés avoir découvert dans la vase une splendide statuette, se pique lui aussi de trouver la cité des Dieux.

  La grande force de ce roman est son univers, bien plus fouillé que celui de L'Arbre d'or. Plus fouillé ne veut pas dire qu'on y multiplie les lieux façon fantasy cheap, mais que ce monde a une véritable présence, on pourrait dire une vie propre, et cela grâce à d'évidentes notions d'ethnologie ; ce monde et ses habitants n'est ni plus ni moins qu'un personnage à part entière du récit.

  Pas vraiment d'intrigue dans cette odyssée au bout du monde, mais une invitation à la découverte de l'autre, et une ode à l'amitié et à l'amour à travers les trois protagonistes. Et quand même le fil conducteur de la quête, avec en vue une fin nettement plus cruelle que pour L'Arbre d'or, mais par là même susceptible de vous hanter, comme elle l'a fait avec moi.          

 

Pour finir, une petite interview

 

  http://www.actusf.com/spip/article-6082.html

 

  Et parcequ'elle est bien plus belle, une ancienne couverture de L'Arbre d'or

 

 

 

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Published by karelia.over-blog.com - dans SFFF
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Nicolas 29/07/2011 12:07


Merci pour lui, pour sa famille.


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