Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 14:28

 

  Souvenez-vous, j'avais parlé de ce bédéaste hors normes ici, dans l'un des tous premiers billets de ce blog (le troisème avant que je ne remonte Michel Grimaud )(oui, j'aime bien me faire de la pub à bon compte).

 

  Je viens de poursuivre l'exploration de son oeuvre avec son dyptique formé par Lucille et Renée, deux pavés BD parus aux éditions Futuropolis.

 

http://chezmo.files.wordpress.com/2011/04/lucille.jpg 

  Lucille est une jeune fille anorexique qui, malgré et peut-être à cause des soins d'une mère couveuse, se meurt peu à peu de sa maladie, jusqu'à ce qu'elle croise la route d'Arthur, ou Vladimir, lui-même ne sait plus trop comment il doit s'appeller.

  C'est qu'Arthur a lui-même un parcours très compliqué : fils de marin-pêcheur alcoolique, atteint de toc le poussant à compter tout et n'importe quoi, comblant son ennui en jouant des farces cruelles comme faire signer de prétendus contrats avec le Diable à d'autres adolescents plus naïfs, bref, la joie de vivre. Finalement, son père se suicide. Vladimir, c'est le nom qu'est censé porté Arthur selon une tradition héritée de Pologne qui veut que le fils prenne le nom  de son père après sa mort, et c'est dans l'univers de cette BD l'un des symboles du poids étouffant du passé familial, dont les héros cherchent à s'affranchir.

  Obligé de travailler après la mort de son père, c'est en lui livrant ses médicaments qu'Arthur/Vladilmir rencontre Lucille. Tous deux déicdent de fuir leur Nord natal où ils étouffent et de fuguer pour l'Italie.

 

  Renée, suite programmée qui s'est tout de même fait attendre cinq ans, commence sur la note tragique qui clôturait l'album précécent : Arthur (oui, c'est bien Arthur et non Vladimir pour Lucille) en prison pour meurtre, un meurtre qu'il a commis pour défendre Lucille mais qui restait peut-être trop évitable aux yeux de la justice, allez savoir...c'est qu'Arthur a en lui des pulsions violentes, et celles-ci ,e demandent que l'enfer carcéral pour se réveiller.

  Pendant ce temps, Lucille attend son retour de visites en visites, évoque prudemment avec sa mère leur père et mari disparu qui semble avoir beaucoup emporté chez l'une comme chez l'autre.

  Pendant ce temps, nous suivons un nouveau personnage, Renée, étudiante qui vit une histoire d'amour compliqué avec un jazzman marié, traine elle-même un lourd passé, et dont le lien ténu mais chargé de douleur avec le destin de Lucille et Arthur se révélera après un nouveau coup de couperet du destin.

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/3/5/8/9782754800853.jpg

  Contrairement aux albums que j'avais chroniqué dans l'article ci-dessus, Lucille et sa suite peuvent être considéré comme des récits réalistes. Mais comportant une bonne  part d'onirisme, laquelle est encore un peu discrète dans le premier tome, et envahira le réel dans le suivant, peut-être après la leçon du Grand Autre. A coup de rêves et de fantasmes, Debeurme donne libre cours sa passion de la psychanalyse, sans aucune lourdeur, car c'est la confession sur le divan que vous entendrez et verrez sous ses formes les plus poétiques, et non le verbiage plus ou moins dépassé du spécialiste.

  Il est difficile de dire si cet onirisme rend plus dur ou plus doux la cruauté du destin des personnages. Car de la dureté, nous en aurons droit plus souvent qu'à notre tour, Debeurme ne fait pas vibrer la corde sensible mais frappe où ça fait vraiment mal, trouvant toujours les mots effroyablement justes pour décrire les pires souffrance à travers la voix de ses personnages.

  Les dessins apportent leur part de beauté onirique au récit : un an avant le Grand Autre, Debeurme éclatait déjà son dessin en supprimant les cases et les bulles, mais cela ne suffirait pas à donner la beauté onirique de son univers si celle-ci ne transparaissait dans le moindre trait, surtout dans les paysages et les végétaux qui trahissent le mieux l'impression de rêve éveillé. 

 

  Malgré la poésie qu'y insuffle Debeurme, l'histoire de ces personnages écorchés vifs, soyez-en prévenus, peut faire vraiment mal à la lecture, mais c'est cette douleur qui en fait la beauté.  

Partager cet article

Repost 0
Published by Kalev - dans BD
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Kalev
  • Le blog de Kalev
  • : Chroniques de lectures, anciennes ou toutes récentes, avec quelques chroniques de films ici ou là.
  • Contact

Recherche

Liens