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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 21:22

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Mon article précédent, plus ou moins ancré dans mon actualité livresque, me remet à l'esprit un livre lu il y a déjà un certain nombre de mois, mais qui n'a pas grand chose à envier aux nouvelles de Pieyre de Mandiargue au niveau de l'étrangeté.

 

  J'ai découvert Locus Solus, de Roussel, d'une façon qui intéressera peut-être ceux qui veulent découvrir ce livre sans débourser un sous, à condition de ne pas être rebuté par la lecture en ligne (surtout pour un texte qui réclame tant d'attention, ce qui a été rédibitoire pour moi qui l'ai acheté pour lire la suite).

    Donc, Le roman est dans son intégralité disponible sur le Projet Gutenberg, comme j'en ai découvert le lien par l'intermédaire de Wikipédia et vous le refile ici

 

 Locus Solus est paru en 1914 à compte d'auteur comme à peu prés tous les livres de Roussel, beaucoup trop expérimentaux pour l'époque, mais voués à être reconnus par les surréalistes.

  Le roman  est le récit d'une viste guidée que le savant Martial Canterel offre à un groupe de personne de son vaste domaine. En sept chapitres, organisés à la manière d'un conte initiatique (visions suivies d'explications) nous découvrons les fabuleuses inventions de Canterel  qui n'est pas seulement un homme de science mais un véritable artiste.

  Autant le dire tout de suite, Locus Solus n'est pas du tout une lecture facile. Wikipédia (l'article sur l'auteur, précisons que c'est sur celui du roman que se trouve le lien sur Gutenberg) me souffle que les oeuvres de Roussel sont basées sur un travail de langue obscure, sur le modéle de la "langue des oiseaux" propre à la magie dans les anciennes cultures (j'ai parlé de conte initiatique, vraiment ?). Cela se voit dans Locus Solus : pas de quoi forcément partir en courant, le roman reste compréhensible, mais nécessite de s'accrocher à un style sec et explicatif, assez rebutant (ce qui ne veux pas dire mauvais, rappelons que le style rebutant est au centre d'un authentique travail de prosateur de la part d'Houellbecq).

  Une fois cet obstacle surmonté, le roman révéle toutes ses merveilles d'imagination : les inventions de Canterel sont les véritables personnages du roman. Sorte de croisement improbable du délire poétique et de la hard science fiction (je dois dire qu'en utilisant cette formule je pense surtout à la machine à composer une fresque avec des dents dans le chapitre II), ces oeuvres d'arts scientifiques sont un prétexte à une batteries d'histoires en abymes dont les emboitements vertigineux font franchement passer les Mille et une Nuit pour du pipi de chat.

   Dans la mythologie invoquée par Canterel, Roussel ose tout : les fictions ancrées dans le monde contemporain voisinnent  avec des piéces inventées de mythes arthurien, de récits de voyageurs arabes, mais aussi carrément des passages fantaisistes d'Hérodote, de la Bible et j'en passe. Des histoires dont l'imaginaire, entiérement rationnel (on est clairement dans la proto-science-fiction, jamais dans le merveilleux pur) se révéle le plus souvent délicieusement tiré par les cheveux et fait donc écho aux oeuvres de Canterel auxquelles il donne une dimension supplémentaire, et même beaucoup d'autres dimensions.

 

A noter que l'anime nippon Ghost in the shell II : innocence fait explicitement référence à ce roman, ce qui en dit long sur sa postérité même en dehors de la France.  

 

  Si vous vous sentez d'attaque pour des textes exigents, n'hésitez pas à jetez un coup d'oeil à cette curiosité, surtout que le projet Gutenberg vous offre gratuitement le coup d'oeil. 

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