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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:21

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51jSpYqTXsL._.jpgVoici une BD à côté de laquelle j'aurais très bien pu passer ; je l'ai emprunté par hasard à ma bibliothèque préférée où elle était exhibé en présentoir, au rayon bayday, stratégie qui semble très bien marcher sur moi ces derniers temps, puisqu'elle m'a aussi fait découvrir Pierre Autin-Grenier, auteur sur lequel je me fendrais bien d'un billet si je trouve des choses intéressantes à en dire, et poussé pas plus tard que tout à l'heure à emprunter Le Trouveur de feu de Henri Gougaud. Et en l'occurence j'ai décidément bien fait de céderà la curiosité.

 

  Les Gratte-ciel du Midwest, édité en 2011 en français par la maison d'édition Ca et Là, mais dont j'ignore la date de parution en anglais, fait partie de la longue série des bayday américaines indépendantes, et pas seulement amerloques d'ailleurs, qui détournent dans un but adulte l'univers enfantin du cartoon animalier. Ici, nous avons un univers de chat, ou nous suivons un enfant, peut-être le double de l'auteur (ce qui supposerait un portrait au vitriol de lui-même) rejeté par ses camarades, parallélement à sa vie adulte où il est devenu un personnage détestable. Pas grand-chose de plus à résumer de l'intrigue, car cet exercice serait très difficile et un peu vain. 

 

  L'une des premières choses qui frappent dans Les Gratte-ciel...c'est son style onirique, rempli de divagations propreement surréalistes, ce qui, les connaisseurs de ce blogs ne s'en étonneront pas, ne pouvait que me plaire. Certaines pages sont proprement stupéfiantes, comme celles où la grand-mère du héros le barbe avec le récit de ses souvenirs avant que ce récit ne dérape vers des scènes fantastiques.

  De plus, l'intrigue n'est non seulement pas du tout linéaire mais enrichi d'encarts ne relevant pas du récit : publicités parodiques, courrier des lecteurs délirant d'un certain Kenny le Sec, caricature de l'américain moyen, et d'autres délires encore. Tout ceci contribue à insuffler un vent de folie à cet univers animalier.

 

  Mais la deuxième chose qui frappe, c'est l'humoir noir corrosif de l'ouvrage. Cotter donne une image très noire de l'humanité, espéce dont les individus rendent coup sur coup, passant vite du statut de victime à celui de bourreau, et que même leurs rêves frelatés, imposés par la société marchande (la vision terne des rêves d'enfant n'a pas manqué de me rappeller certain sketch de Boulet...) ne suffiront pas à sauver. L'humour noir est proche du nihilisme, sans jamais tomber dans la facilité, se montrant au contraire très pertinent dans sa dénonciation de la société américaine (ce qui ne concerne pas que la société amerloque, encore une fois), entre le fondamentalisme religieux et le consumérisme, et toutes ces choses qui font qu'au-delà des discours apocalyptiques entretenus par le moindre fait divers, notre vie moderne d'occidental est avant tout terne et triste. Cotter n'épargne rien ni personne, ce qui rend Les Gratte-ciel...jouissif de méchanceté. 

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Published by Kalev - dans BD
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