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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 10:58

http://static.fnac-static.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/8/3/4/9782070363438.jpg   Ouais, je sais, je ne prend vraiment pas de risque dans le choix du livre chroniqué. Mais il s'avère qu'aussi triste que cela puisse paraître, je n'ai jamais lu ce grand classique de la littérature jeunesse, en ayant pourtant, paradoxalement, possédé deux éditions folio (en un tome chez folio tout court, en deux -Contes bleus et Contes rouges- chez folio junior) dont je me suis stupidement débarassé sans les avoir lu à la fin de l'adolescence. Jusqu'ici, donc, je ne connaissais de cette célébre série de contes que l'adaptation en dessin animé qui passait à la téloche lorsque j'étais tout minot, et dont j'ai seulement découvert il y a un mois à tout casser qu'elle se  basait sur les illustrations de Claudine et Roland Sabatier, ce qui en fait à ma grande surprise mon premier contact avec ce tandem d'illustrateur avant le choc des encyclopédies "elficologiques" de Pierre Dubois. En cherchant les contes en bibliothèque, je suis d'ailleurs tombé sur l'édition illustrée par les Sabatier, ce qui m'a fait plaisir, même si finalement les illustrations ne sont pas extraordinaires et en outre très petites, et ce sont sans doute des raisons très subjectives et nostalgiques, par rapport en encylopédies de Pïerre Dubois citées plus haut, qui me font voir une grande poésie dans ses moindres paysages ruraux (bien que j'ai  vu une ou deux vignettes qui me semblent vraiment sublimes de poésie, mais ça ne veux pas dire que ce sera partagé).

  De toute façon, puisqu'il me faut bien parler des éditions pour aider mon aimable lecteur à se retrouver dans cette complexe affaire, il vaut mieux préférer celle en un tome, les Contes du chat perché tout court, aux Contes bleus et aux Contes rouges, car la première édition comprend deux contes inédits ; bien sûr, il y a le cas des "nouveaux contes du chat perché",  les inédits de la fin des années 90, Le Mammouth et Le Commis du père Noël (pas lu, ce dernier) édités en albums illustrés eux aussi par les Sabatier et repris dans la pléïades des Oeuvres romanesques de Marcel Aymé, mais qui d'après ce que j'ai pu glaner sur le net seraient des manuscrits attribués à tort à l'auteur.  A noter aussi que l'article Wikipédouille des contes en mentionne un autre intitulé Le Loup et le Chat, mais je n'en ai pas retrouvé la trace ailleurs.

 

  Bon, ça c'est fait, passons à la chronique.

 

  Je n'avais pas encore lu les Contes du chat perché, donc, et à vrai dire je ne connaissais presque rien à l'oeuvre de Marcel Aymé, mais j'avais quand même lu son autre recueil le plus connu, plus orientée vers un public adulte, Le Passe-muraille, qui m'avait fait découvrir de nouveaux horizons littéraires à quatorze piges. J'avais donc l'habitude de ce mélange de merveilleux poétique et d'humour grinçant, mais j'avoue que ce fut une grande surprise pour moi de retrouver ce ton grinçant dans ce recueil de contes pour enfant. D'ailleurs cet humour est dans le fond inséparable de l'univers enfantin, la satire anticonformisme (qu'on dirait davantage être celle d'un anarchiste de gauche que d'un "anarchiste de droite" qu'est paraît-il l'auteur) recoupe souvent le thème classique des rêves d'enfant comme alternative à l'esprit de sérieux des adultes, lequel prend ici une coloration satirique particulière. Le conte Le Chien pousse très loin l'ambiguité morale, au point de dérouter l'esprit, et c'est aussi avec Le cerf et le chien l'un des deux contes (un "rouge" et un "bleu", comme par hasard) qui cultive le plus un état d'esprit qui fut ma deuxième surprise de lecture, même si je l'avais déjà ressenti tout minot devant le dessin animé : une poignante mélancolie, qui se fait sentir de façon un tout petit peu plus discrète dans de nombreux contes (Le canard et la panthère en est un bon exemple). D'autant que ceux-ci dans leur ensemble sont un peu fait pour malmener le jeune lecteur : si dans ce monde de fable parler aux animaux est naturel pour tout le monde est pas seulement pour les enfants, cela n'empêche pas les animaux d'être mangés. Bref, on est très loin de l'univers bleu de Disney. 

  Et j'ai bien sûr parlé, en sus de l'humour, de la poésie des nouvelles de Marcel Aymé, celle-ci éclate également dans les Contes du chat perché, dans ses inventions ouvertement merveilleuse (outre le fait de dialoguer avec les animaux, il est tout aussi naturel et il se passe tout autant d'explication, fut-elle magique, de se charger de la cécité de quelqu'un d'autre ou de voir se réaliser ses peintures. Un bon point par rapport au merveilleux lourdement explicatif d'aujourd'hui), mais aussi dans des inventions plus réaliste, comme à la fin du conte Le paon, et la poésie rejoint souvent l'humour comme dans Le mouton.

  Bref, des contes pour enfant finalement très adultes, que ce soit dans leur fond ou dans leur merveilleux même dont la poésie transcende les âges.  

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Published by Kalev - dans Autres livres
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