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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 22:27

Voilà une chronique qui pourra sembler un peu vaine, car elle porte sur une oeuvre antique devenu introuvable. Pour en avoir une idée plus précise, il faudrait soit être riche (et aimer le chinage méticuleux dans le cas d'une collection en fasicules -il existe aussi une énorme intégrale) soit se faire des relations, dans une optique de prêts entre amis, parmi les collectionneurs pervers qui hantent le petit monde de la SF.

  Mais il peut aussi être rafraichissant de simplement savoir que de tels OVNI existent.     

 

Les Aventuriers du ciel, les voyage d'un petit parisien dans la stratosphère, la Lune et les planètes (ouf)  est un roman feuilleton d'anticipation plutôt orienté jeunesse, écris par RM de Nizerolles et publié par les éditions Ferenczi entre 1935 et 1937. Il sera réédité avec une coupe d'une moitié de l'intrigue en 1950-51.
  Le feuilleton reprend le jeune héros Tintin crée pour un premier cycle des Aventuriers du ciel  au début des annés 10 , sous-titré Les voyages aériens d'un petit parisien autour du monde. Autant les voyages aériens de ce cycle ne doivent plus présenter grand interêt aujourd'hui, autant les voyages spatiaux du cycle suivant révèle des trésors d'inventivité confinant à la poésie.

  La prétexte à ce grand délire en 108 fascicules : Tintin et son vieil ami, le professeur sain-Marc, tentent d'empêcher le vol d'une machine spatiale appelée le Bolide par l'espion allemand Rinhoff. Par accident, tous trois ainsi que le journaliste anglais Timmy-Roppe, qui a aussi eu l'idée saugrenue de fouiner sur les lieux, décollent à bord de l'engin. Ils ne sont pas sorti de l'auberge, à cause du sadisme d'un feuilletoniste qui trouve toujours une bricole tirée par les cheveux pour les éloigner de la terre, à croire qu'ils le font exprés ces empotés.

  Parallélement, leurs amis restés sur terre -Yvonne, soeur de Tintin, l'explorateur Gérard Lonvalet, le jeune fils du compte de Requirec- aident l'inventeur Germain Landry, papa du Bolide, à réunir des fonds pour contruire un deuxième engin et mener une expédition de secours. Et cette troupe également n'aime pas faire simple quand elle peut faire compliquée, même si elle va se limiter à la terre.             

  Même si cette intrigue parallèles ne soutiens pas la comparaison avec sa soeur jumelle, elle a le mérite d'être divertissante -sa chatoyante partie asiatique en est une belle démonstration parmi d'autres.

 

  Le plus étonnant, c'est que le don de poésie dont j'ai parlé, avec toute sa charmante candeur, est tout à fait en accord avec l'aspect scientiste très naïf du roman, et y est même intimement mêlé.
  Ainsi d'une des inventions les plus étonnantes : l'arrivée sur la planète Vénus  ou résident les descendants des (faux) dieux grecs projetés dans l'espace par une explosion volcanique de l'Olympe (!), des Cyclopes projetés par l'explosion de l'Etna, des hydres...mignon n'est-il pas ?
  Question délires déjantés, on peut aussi citer, dans le désordre :
  Une fusée qui emporte dans sa gravitation une immense satellite-océan de Jupiter, et s'écrase avec lui sur une planète désertique où cette eau tire d'un sommeil millénaire un peuple de nains à nez énormes et une faune monstrueuse.
  Un peuple mercurien qui après une première vie immatérielle s'incarne en arbres parleurs s'ils sont bons et en fleurs carnivores s'ils sont mauvais (mignon aussi, ça).
  Des faunes joviens évolué du cheval  grâce à leur propre science (là je vois bien un commentaire à la Lewis Caroll "j'espère que vous savez comment cela se peut, car j'avoue que je l'ignore").
  Une planète  de conte de fées peuplée de nains et de géants, au ciel multicolore, avec son pays de cocagne aux ruisseaux de vin et aux arbres à pain d'épices (le tout expliqué scientifiquement bien sûr).
  Des martiens suréquipés technologiquement et qui ont tellement observé la Terre qu'ils ont adoptés le francais comme langue mondiale (ça se (ré)invente pas).
  Et ainsi de suite.

  Ce petit pitch ne donne bien sûr qu'un aperçu partiel de l'inventivité  de ce cycle, non seulement je n'ai pas fait toutes les planètes, mais les fascicules fourmillent de trouvailles mineures aussi délicieuses les unes que les autres, et font passer les aspects un peu faciles du cycles (grosses ficelles narratives notamment, et éventuellement une vision du monde, typique du vieux roman d'aventure, qui peut sembler désagréable aujourd'hui).

 

  Bref, une merveille de la culture populaire, pleine de vie est d'inventivité, ce qui fait d'autant plus regretter qu'il n'y ai eu aucune réédition depuis plusieurs décennies.  

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Published by Kalev - dans SFFF
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