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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 11:35

http://fr.web.img1.acsta.net/medias/nmedia/18/35/45/65/18404593.jpg  Si vous trainiez sur ce blog hier soir peu après 21h30 hier, averti peut-être par Google Read, vous avez peut-être vu passer une chronique de ce film d'animation, supprimée dans les vingt minutes qui ont suivent. C'est que je ne comprend plus pourquoi j'ai pu mettre tant d'aigreur, a fortiori en n'ayant vu qu'une demie-heure de film et survolé la suite en avance rapide. Je ne devais pas être trop dans mon assiette ce soir-là, car finalement, comme je m'en suis aperçu ce matin en le visionnant jusqu'au bout, j'aime plutôt ce film, et je vais me trouver à dire le contraire de ce que j'ai dis hier, avec, paradoxalement, des arguments très proches dans les qualités du film comme dans ses défauts (mais je ne m'étendrais pas là-dessus, ce billet a disparu, point). 

 

  J'étais intrigué par ce film d'animation danois qu'est Le Fil de la Vie dés sa sortie en 2005, quand j'étais jeune lycéen, puis je l'ai un peu oublié, jusqu'à ce qu'il se rappelle à moi à la faveur d'un cheminement de pensée relevant de l'utopie artistique, née du visonnage tout récent de nouveaux films de Kevin Connor (après Le Sixième continent chroniqué ici), celle d'un film de science-fiction qui dédaignerait les images de synthèses au profit des bonnes vieilles marionnettes, ce qu'un réalisateur serait obligé d'assumer, et quel film le fait de façon plus évidente, moins équivoque que Le Fil de la Vie ?

  L'idée qui fonde l'univers du Fil de la Vie est un peu connue aujourd'hui, ou en tout cas elle a bien fait parler d'elle à l'époque : un monde de fantasy (on pense forcément à Dark Crystal, mais il serait vain et absurde de comparer les deux films)  où les personnage sont conscients d'être les marionnettes ; ils se réparent eux-même, fabriquent leurs enfants, escaladent une falaise en s'aidant de leur fil ou bien sont entravés par eux en prison, meurent quand on coupe leur fil de vie ou quand celui-ci tombe naturellement du ciel, sans compter des idées plus poétiques comme les personnes dont le lien affectif et pour ainsi dire réel....bref, l'idée de départ est exploité à fond. En fait, tout le génie de l'idée de départ est contenue dans le générique : celui-ci montre le tournage du film lui-même, de sorte que ce film revendique le fait d'être "méta". Il semble que le réalisateur Anders Ronnow-Klarlund et son marionnettistes n'oublient pas d'où ils viennent : l'art de la marionnette, c'est du théâtre, et le théâtre, c'est par essence des conventions, pas du réalisme (ce que certaines mises en scène contemporaines tentent étrangement de nous faire oublier) et Le Fil de la Vie s'inscrit en conséquence dans une tradition cinématographique qui remonte à Meliès et à son théâtre fimé au délire visuel somptueux, et qui apporte une bouffée de fraîcheur au milieu de l'obsession du réalisme qui plombe le cinéma de genre actuel, poussant les producteurs à engloutir des millions dans des effets spéciaux inutiles, tandis que la poésie narrative elle-même est sacrifiée sur l'autel d'un réalisme plan-plan.

  Outre cette idée de départ très bien exploité, le film, bien que s'adressant en priorité aux enfants, montre une grande intelligence narrative, même sur un scénario qui reste de la fantasy de base (ou il y a même, hélas, un élu, ce qui est tout à fait inutile) : cette fable pacifiste, qui compte au moins un personnage féminin très fort et charismatique, noir de surcroît (même s'il faudra que le héros la sauve à la fin du film) n'est pas niais, c'est au contraire très sombre, pas du tout édulcoré, et sans excés trashouille non lus. Le tout est traîté de façon plutôt mature, sans humour pourri (en fait, le film manque même un peu d'humour, mais c'est un moindre mal par rapport à la potacherie des blockbuster actuel, a fortiori pour enfant). C'est sur la question de la narration que je vais montrer mes première réserves : on y montre des esclaves et des prisonniers dont les membres sont "récupérés". Il y a un mauvais usage de cette pratrique, celui des méchants qui n'hésitent pas à tuer pour s'emparer d'un corps, et un "bon" usage, celui acceptable dans la société et dont profite le prince pour récupérer sa main dés le début du film. On voit l'esclave dont on arrache la main souffrir...et pourtant il n'y aura aucune remise en cause de cet ordre des choses au cours du métrage ! Idées puantes ? Plutôt une maladresse de l'intrigue, je pense (et j'espère).

  Mes autres réserves portent sur la mise en scène, même si je ne serais pas si catastrophiste que dans mon billet disparu, très loin de là. Je ne comprend même pas comment j'ai pu trouver l'animation laide, même si le film ne fait pas non plus d'étincelles sur la plan esthétique et comporte même des plans très kitsch, comme le flirt au clair d'une lune gigantesque, et s'il gâche beaucoup ses décors. Le plus gros ratage, dans le film, c'est la musique : trop de musique sirupeuse, tout le temps, celle-ci ressemble à n'importe quel BO que peuvent composer  les Hans Zimmer, James Horner et autres Howard Shore pour les blockbusters les plus formatés. Et puis, ici je vais m'aventurer sur un terrain plus discutable, car  il est possible que j'en demande trop au film, mais si l'univers de marionnettes est très bien exploité, le délire visuel est convenu : les décors, les costumes, les accessoires, tout cela manque de luxuriance, de détails, de sorte que graphiquement, c'est plutôt sans âme, à l'image de la musique. La pauvreté du délire graphique, même si encore une fois j'en dermande peut-être trop, m'a semblé être un problème qui déborde de l'esthétique et empiète sur la narration :  le réalisateur m'a semblé apporter trop peu de soin à son univers fantasy ; franchement, le petit enfant qui posséde un oiseau en peluche (important pour l'intrigue, si si) dans un univers certes atemporel, mais qui rappelle plutôt l'Antiquité ou le Haut Moyen-Âge, c'est pas un peu du foutage de gueule ?

 

  Malgré ses défauts, Le Fil de la Vie est un bon film, à l'idé de départ réjouissante et très bien exploitée. Ca ne révolutionne pas la fantasy, mais ça suffit à lui apporter du sang neuf. 

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Published by Kalev - dans Animation
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