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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 21:32

 

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Parler d'animations dans les trois précédents billets m'offrent une occasion, par la magie de la transition facile, de parler de ce qui est peut-être mon film préféré (et qui s'il n'est pas d'animation, y emprunte l'essentiel de son esthétique).

 

    La science des rêves est le seul film français de Michel Gondry, réalisé entre ces merveilleux ambassadeurs américains de la french touch surréaliste que sont Eternal sunshine of the spotless mind et Be kind, rewind (je ne dirai rien sur Human nature faute de l'avoir vu). A noter que le film a tout de même été tourné dans une VO qui mélange français et anglais.

 

  Stéphane Miroux (Gael Garcia Bernal) jeune homme rêveur et même complétement lunaire, affligé d'un sévère accent hispanique, débarque du Mexique à Paris chez sa mére, suite au décès de son pére. Censé travailler dans une boite de calendrier où il s'imaginait déjà artiste avant de réaliser qu'il doit coller des bouts de papier dans un sous-sol, et malgré l'amitié de son collégue gentiment beauf Guy (Alain Chabat), Stéphane préfére dormir, rêver, s'imaginer inventeur et présentateur de l'émission Stéphane TV devant des caméras en carton. Jusqu'au jour où vient s'installer à côté de chez lui Stéphanie (Charlotte Gainsbourg) dont Stéphane à la mauvaise idée de tomber amoureux, et comme il est un peu loser sur les bords, parfois même franchement lourd, et surtout qu'il confond littéralement rêve et réalité, c'est pas gagné.

 

    Pour un OVNI, le film en est un. L'esthétique est ce qui frappe le plus de prime abord, garantie d'orgasme pour qui raffole de l'animation traditionnelle. En plus des séquences oniriques, l'univers visuel s'enrichit ausi bien de la faune artisanale de Stéphanie que des fabuleuses inventions de Stéphane, parmi lesquelles la machine à remonter le temps d'une seconde ou encore la machine à transformer un enregistrement sonore en rêve en dirigeant les mouvements des yeux.

  Mais cet univers pourrait donner chez un cinéaste moins talenteux un clip géant entrecoupé d'une histoire à l'eau de rose. Ce serait mal connaitre l'auteur d'Eternal sunshine of the spotless mind, film qui, tout est là, cultive un peu le même type de labyrinthe entre rêve et réalité. Si vous craignez une happy end dégoulinante, rassurez-vous, il n'y aura pas de fin, justement parceque le spectateur ne s'y retrouve pas plus que Stéphane Miroux dans ses rêves. Bref, derrière ses allures de grand dessin animé pour adulte, avec sa fantasie poétique et l'humour potaches de l'amical Alain Chabat, La science des rêves est une histoire plutôt inquiétante, celle de cette grande galére que constitue le glissement vers, n'ayons pas peur des mots, la folie. Toute la finesse de ce film est dans ce grand paradoxe, entre la légéreté et la tragédie.

 

  Une petite note sur les éditions DVD de ce film : l'édition collector est l'un des trés rares DVD dont j'ai regardé les bonus, et pour cause ! Le DVD comporte en effet une version alternative du film, reconstitué à partir de scénes coupées et de prises de vues alternatives. Cette "version B" est passionnante  car elle fait apparaitre en profondeur le travail du cinéaste. Il a fallu d'ailleurs que je la visionne pour me rendre compte de l'aspect particuliérement labyrinthique d'un passage de la version A (la version B est moins habile dans son mystére).

 

  Film à voir pour prouver qu'aprés Laloux et le duo Caro/Jeunet le cinéma d'imaginaire hexagonal à encore de beaux jours et des oeuvres originales devant lui.        

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commentaires

Dicky le Canard 30/11/2010 21:53


Un Ovni comme tu dis avec des scènes d'une rare mélancolie... La version alternative est superbe mais il faut avoir vu la première version pour mieux la comprendre et s'en imprégner. Un petit bijou
lunaire tout en poésie et en fantasme de carton.
Cordialement

Dicky le Canard


Kalev 02/12/2010 22:43



Merci de ton avis, et merci aussi de préciser au lecteur du blog de voir la version A avant, il faut dire que dans le cas contraire la version B paraitra totalement décousue (ou cousue de fil
blanc); on voit qu'elle n'a pas été montée pour être un film a part entière.  



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