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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 00:06

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/7/1/3760098460175.jpg

Ouvrons tout de suite ce billet (le centième du blog, yes) par un remerciement, envers l'amie Cachou sans le conseil (donné sur le blog même ) de laquelle le mordu de surréalisme que je suis n'aurait jamais découvert cette perle. Du coup, juste retour des choses, je donne le lien vers sa chronique  

  Un David Lynch polonais des années 70 qui resterait encore aujourd'hui quasiment inconnu en France, vous y croyez ? Ce n'est pourtant qu'une absurdité d'un genre fort courant dans le monde de la distribution et des médias, et c'est ce qui arrive à La Clepsydre de Wojciech Has, même s'il faut saluer le travail archéologique, dut-il ne pas avoir le retentissement qu'il mérite, des éditions Malavida.

 

  Bon, maintenant va falloir résumer le film, grumpf.

 

  Le héros, Joseph, arrive après un étrange voyage en train dans une clinique psychiatrique (déjà, là, on s'attend à tout) pour le moins étrange : située au milieu d'un cimetierre, délabrée, enfouie sous les buissons et les toiles d'araignées, elle est pourtant opérationnelle. Joseph vient y consulter un médecin dont il espère qu'il parviendra à ressusciter son père, où plutôt à éviter sa mort qui n'a pas encore eu lieu dans la réalité de l'hôpital. A noter que le père de Joseph s'appelle Jacob, ce qui met immédiatement ce qui va suivre sous le patronnage de la culture juive, dont il vaut mieux posséder quelque base avant d'attaquer.

  Ce qui va suivre donc, c'est une errance à travers le monde mouvant qui s'ouvre à partir de la clinique et qui n'est autre que le monde de l'inconscient.

http://tortillafilms.tortillapolis.org/illustrations/clepsydre1.jpg 

Le danger, avec ce genre de pitch surréaliste, c'est de réduire l'intrigue à une alignement ennuyeux de scènes sans liens les unes avec les autres. Or Has est bien plus subtil que ça : d'abord l'errance de Joseph n'est pas linéaire, ce qui cause le danger d'enlisement évoqué ci-dessus, mais cyclique, revenant toujours aux même lieux-clés, ceux-ci eussent-ils un peu changé. Le retour cyclique des même motifs, comme image de l'obsession, est parait-il caractéristiques de l'oeuvre de Has (merci les bonus du DVD et leurs précieuses clés pour comprendre ce genre d'ovni), et en l'occurence cela s'avère merveilleusement utile. De plus, l'errance n'est pas vaine et surtout pas d'un absurde superficiel qui court le risque d'être ridicule. Joseph mène une quête, alors d'accord nous ne savons rien de ce qu'il cherche, ce serait comme expliquer les chefs d'inculpations du procès qui donne son titre au roman de Kafka, mais le mystère qu'elle sous-tend nous intrigue et nous donne envie de poursuivre, d'autant plus que la cohérence est facile à trouver si on fait appel -et ce n'est qu'un début- à la psychanalyse sous ses divers avatars.

http://www.avoir-alire.com/IMG/jpg/clepsydreep.jpg 

Ainsi de Freud viendraient les tentations sexuelles de Joseph, qu'il refoule plus ou moins bien au nom de sa mystérieuse mission et de divers interdits sociaux et notamment familiaux, des désirs dont parfois même il s'écoeure ; de Jung, viendraient les images issues de l'inconscient collectif, les figures historiques, même  fantaisistes, et les références issues de la culture juive. Ces dernières donnent une toute autre dimension au rébus du film, l'hermétisme surréalistes des dialogues se confondant  avec un hermétisme moins définitif, celui d'une quête mystique. Je ne serais pas surpris que les références à la judaïté soient très mêlées aux références historiques dans un esprit très XXème siècle.

  Il est certain que le film regorge de clés dont je n'ai pas saisi un dixième, mais il n'y a guère besoin de saisir grand-chose pour regarder sans s'ennuyer une seule fois ce film qui dure pourtant un peu plus de deux heures. D'autant plus que l'objet filmique est splendide : les décors totalement imprévisible, remplis d'objets hétéroclites, parait-il une autre spécialité de Has, sont magnifié par l'image, que ce soit par le jeu des couleurs où les cadrages étranges mais jamais gratuits/pédants, et  par-dessus tout plane une BO qui emprunte à la musique contemporaine, parachevant la beauté glacée qui baigne chaque plan du film. 

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commentaires

Cachou 21/08/2011 09:05


Je savais qu'il te plairait ^_^.
Je viens de commencer le livre qui l'a inspiré (un recueil de nouvelles de Schulz, "Le sanatorium au croque-mort"), j'accroche bien (mais j'ai dû le reposer momentanément pour une lecture commune).


Kalev 21/08/2011 15:39



Tiens, je ne savais qu'il était inspiré d'un livre. Merci encore pour la découverte en tout


cas !



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