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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 21:23

  http://www.noosfere.org/images/couv/m/malpertuis14-2010.jpg

J'ai découvert l'oeuvre de Nico Bally par ses forts recommandables nouvelles auto-éditées (et pourtant Dieu sait qu'il faut en général se méfier de l'auto-édition) : le recueil Un remède à la mélancolie et ses deux "mini-roman", le déjanté et trash Junkie Yoga et, le texte que je préférait jusque là, le trés poétique conte fantasy Cendrécume.

 

  L'Oeil clos est un roman cette fois publié de manière plus orthodoxe chez Malpertuis, maison spécialisée dans le fantastique. Plus qu'un roman, il s'agit d'un cycle de nouvelles narrant les aventures d'un jeune dandy, Nicolas Bally (cette auto-citation n'est pas neuve dans les textes de l'auteur) à travers un XIXème siècle fantasmé. A première vue, on pourrait penser à une enième variation sur univers steampunk et gothique, la 4ème de couverture ne retenant maladroitement que les thèmes des plus classique comme les cercles occultes, les fantômes ou, horreur glauque en cette période d'over-production littéraire, les vampires.

  Mais l'univers de L'Oeil clos est bien plus subtil. L'uchronie céde volontier le pas au flou de l'onirisme (un esprit snob parlerait de transfiction) semant dans cette Europe XIXème des lieux aussi fantasmagoriques que la cité incendiée de Limaille et ses innombrables cathédrales jamais restaurée, ou bien la cité glaciale de Cendrécume, récurrente dans l'oeuvre de l'auteur.

  Dans cet univers aux accents volontier surréalistes, les aventures des Nicolas Bally sont autant d'occasion d'aborder un nouveau registre du fantastique (dont les arguments sont  d'ailleurs volontiers originaux) : onirisme pur, de toute beauté, avec l'expérience psychédélique de la toute première aventure, dont la conclusion donne son titre au roman ; merveilleux avec les cité suscité, Limaille étant le lieu de plusieurs nouvelles ; science-fiction pas vraiment réaliste, pour le coup vraiment steampunk, avec les nouvelles mettant en scène le laboratoire Sephir ;  poésie macabre et dérangeante, virant vers le gore, avec l'histoire d'une passion pour la dame d'Edler dont le corps transpire le sang ;  horreur un brin surréaliste avec une agression par les hideux rubishins ; du fantastique plus classique aussi, sans pour autant tomber dans la facilité, mais à l'opposé également du fantastique plus diffus, qui comme par hasard vient souvent à travers la mise en abyme du travail d'écrivain de Nicolas Bally, qui hante tout l'ouvrage : pouvoir de sugestion du pervers feuilleton Malsainte, ou bien histoire plus proche de l'étrange que du fantastique (sauf dans sa résolution) d'une femme qui n'aime Bally qu'à travers ses écrits.

  Toutes ces histoires à l'imagination débridée sont écrite dans un style extrêmement concis : l'auteur de ne perd pas de temps, expédie certaines péripéties pour ne garder que ce qui l'intéresse, et n'en sait pas moins planter remarquablement bien une ambiance fantastique  Certains trouveront peut-être le style un peu sec, même si je n' ai pas du tout ressenti cette gêne et l'ait au contraire trouvé rafraichissant.

 

  Bref, malgré les petites maladresses d'un premier roman, L'Oeil clos est assurément un petit bijou qui devient sans doute incontrounable si vous suivez ce qui se publie en fantastique moderne. 

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Published by Kalev - dans SFFF
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