Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 14:13

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51bFEfty%2BdL._.jpg  La nostalgie, ça peut avoir du bon. Accumuler les films et les dessins animés vus quand j'étais gosse (mais sans encore oser les regarder, parce que la nostalgie, c'est aussi douloureux) m'aura donné envie de découvrir du neuf : après m'être procuré les films de L'Histoire sans fin, que je n'ai donc toujours pas revu après presque un mois, j'ai décidé de commencer par lire le roman, parce que oui, presque une vingtaine d'année après avoir vu les films, ainsi que le dessin animé qui passaient à la téloche quand j'avais dix ans et m'a encore plus marqué je dois dire, je n'avais jamais pensé à lire le roman de Michael Ende. Il faut dire que jusqu'à une date récente (ce mois-ci), j'étais persuadé, trompé sans doute par le souvenir de l'univers labyrinthique de la série animée, qu'il s'agissait d'une série à rallonge et non d'un unique tome. En fait, L'Histoire sans fin n'a guère besoin d'être une série interminable, car ses 500 pages sont très denses, l'intrigue ne perd pas de temps sans s'interdire non plus de développer, et l'univers est en outre d'une richesse et d'une profondeur inouïes qui rendent le roman encore plus dense.

 

  Il est difficile de rendre compte de l'inventivité débridée du roman, qui ne peut guère se mesurer, dans le domaine de la littérature de fantasy  dite "pour la jeunesse", qu'à des romans comme Le Magicien d'Oz de Lyman Franck Baum, qu'il surpasse peut-être. C'est la moindre des choses, dirons-nous, pour un roman qui fait l'apologie de l'imagination et développe même, dans sa seconde partie, une intéressante mise en abyme métaphorique de l'activité d'écrivain créateur de mondes imaginaires, sans s'interdire un aspect que d'aucun pourront trouver moralisateur, mais qui a le mérite d'éviter la prétention.

  Si l'univers du Pays Fantastique (la Fantasia du film), reste fondé, comme un peu toute la fantasy, sur des créatures issues de mythologies traditionnelles, il brode nénmoins par des dizaines d'inventions toutes plus surprenantes et poétiques les unes que les autres. Elles sont souvent très visuelles, d'autres, plus abstraites, flirtent avec un fantastique qu'on pourrait qualifier de métaphysique, pour reprendre les termes d'une critique d'Italo Calvino que j'avais cité ici. Qu'elles soient plutôt visuelles ou plutôt abstraites, les inventions du roman ont un parfois un aspect compliqué difficile à saisir, qui peut les rendre à la limite d'être tirées par les cheveux, mais l'auteur parvient toujours à la leur insuffler une grande poésie. Quelquefois les images frôlent le surréalisme, je crois bien même avoir lus des références à Dali et Magritte dans l'épisode quasi-final et de la Mine aux Images, et cela me surprend moins alors que je viens tout juste d'apprendre par Wikipédouille que l'auteur était le fils du peintre surréalsite Edgar Ende.

  Reste que la construction du roman est déconcertante. Il semble être constitué de deux romans acollés bout à bout (lesquels donneront les deux premiers films, pour donner une idée), la seconde est plutôt lente à démarrer même si la splendeur des images permet de s'accrocher, et on compte au tout début de l'aventure du Pays Fantastique au moins une saynète autonome dont les personnages n'apparaîtrons plus par la suite. Néanmoins, ces défauts de construction, qui pourraient être rédhibitoires dans un roman d'aventure plus commun, sont ici facilement oublié devant l'un des univers les plus somptueux de toute l'histoire de la fantasy.   

Partager cet article

Repost 0
Published by Kalev - dans SFFF
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Kalev
  • Le blog de Kalev
  • : Chroniques de lectures, anciennes ou toutes récentes, avec quelques chroniques de films ici ou là.
  • Contact

Recherche

Liens