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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 16:38

  Je viens  de finir deux recueils d'un auteur que je connaissais depuis quelques années par une unique nouvelle, Les Filles de la nuit, parue dans l'excellente anthologie La Dimension fantastique chez Librio. Il s'agit donc, en l'espèce, du Visage de feu et du justement nommé Les Filles de la nuit (de dernier étant aussi trouvable sous son premier titre Aux portes des ténèbres)

 

http://www.noosfere.org/images/couv/m/marfant0640.jpg 

Jean-Louis Bouquet est un auteur dans laquel il peut être difficile de rentrer aujourd'hui, en raison principalement d'un style assez ampoulé, caractéristique d'une large page de l'histoire du fantastique, et qui pourra accentuer un caractére plutôt daté de ses écrits. Néanmoins, se laisser endormir par ce parfum désuet peut occasionner des surprises, pour ne pas dire un choc pour un lecteur innocennt comme moi, par exemple en se rendant compte qu'une nouvelle comme Les pénitentes de la Merci dans Les Filles de la nuit est une plongée assez glauque et éprouvante dans l'univers sado-masochiste, ce qui n'est quand même pas du plus timoré dans les années 50. Dans le même genre, deux nouvelles du Visage de Feu font référence au freudisme et l'une d'elles, Alouqa ou la comédie des morts, livre une ambiance assez perverse centrée sur un voyeurisme un peu macabre.

 

  Dans tous les cas, Jean-Louis Bouquet  est sans aucun doute un trés grand écrivain fantastique. Sur le canevas classique  d'histoires de sorcelleries, il parvient à entretenir l'angoisse  avec la subtilité des grands maîtres, au point de parfois rivaliser avec le plus grand écrivain fantastique franchophone, j'ai nommé le belge Jean Ray. Ainsi la nouvelle Craacirnolas dans Les Filles de la nuit est assez exemplaire dans l'art difficile s'il en est de tenir éveillé la nuit.

 

  http://www.noosfere.org/images/couv/M/MarFant0641.jpg

Si j'ai parlé de "canevas classique d'histoires de sorcellerie", il faut toutefois nuancer, car certaines nouvelles dépassent ce canevas par des images saisissantes, un théme surtout semblant trés fertile chez l'auteur : les mises en abymes d'oeuvres d'art. Cela est frappant surtout sur les trois premières nouvelles du Visage de Feu (ce n'est pas pour rien que ce reuceil a fait forte impression sur Andé Breton -bien que l'aspect psychanalytique ai sans doute un peu joué. Il n'empêche que le mystére qui plane sur Assirata ou le miroir enchanté -j'ai omis de dire que chaque nouvelle de cette sorte de recueil-concept porte le seau d'un démon de la kabbale dont le nom commence par A- que ce mystére a un parfum de poéme surréaliste). Dans Les Filles de la nuit, une nouvelle surtout  exhale ce genre de vertige : tout simplement la nouvelle éponyme qui, malgré ses défauts de suspens entre autre, est sans doute la plus puissante des deux recueils par la force de ses images, comme par hasard à travers la mise en abyme d'un inquiétant marionnettiste.

 

  Malgré le style qui me rebutait au premier abord -mais auquel on se fait vite, d'autant qu'il est bien mieux maitrisé qu'il n'y parait-  je ne regrette pas d'avoir exploré plus avant l'oeuvre de cet auteur sans aucun doute incontournable du fantastique français.  

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Published by Kalev - dans SFFF
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