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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 04:59

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/large/d8/43466.jpgC'est pas pour dire, mais ça manque un peu de série B décontractée du slip sur ce blog, que ce soit en film ou en livre, et c'est pourtant pas faute d'en lire / regarder. Il est temps d'y remédier.

 

  La franchise House, développée dans les années 80-90 à partir de la charmante comédie d'horreur de Steve Miner, mérite que je fasse une petite parenthèse 3615 mylife. Promis, ça ne sera pas long.

  En effet, c'est tout minot que j'ai découvert le premier film, sous forme de gag en détournant les images, dans Pif Gadget, pour être précis un numéro spécial intitulé "Pif horror show". Pendant des années, au moins jusqu'à mes 13 ans où je redécouvrais mes vieilles BD, le film m'a hanté sans l'avoir vu. Paradoxalement, j'ai attendu l'âge de 23 ans pour le regarder en DVD (pour les suites, ça aura encore attendu 5 ans, jusque la semaine qui vient de s'écouler). Forçément, la gentille comédie horrifique de de Steve Miner était très loin des fantasmes sulfureux de mon enfance. Mais parce que j'ai vaguement grandi entre temps, j'ai tout de même pris un grand plaisir à la voir.

 

  Le premier House, réalisé en 1986, et sans nul doute, et sans surprise, le meilleur. On y suit le cauchemar d'un écrivain de romans fantastiques, Roger Cobb, qui se réfugie dans la maison où son jeune fils a disparu voici des années, et où sa grand-mère vient de mettre fin à ses jours, afin de trouver l'inspiration pour écrire sur son expérience du Vietnam, au lieu de quoi il sera confronté à des créatures monstueuses.

  Le film présente un mélange détonnant de comédie légère, mais pas dépourvu d'humour noir, et d'horreur, une horreur qu'on pourrait qualifier de grotesque dans le bon sens du terme. C'est frais, c'est inventif, le défilé de monstres donne parfois l'impression de voir un Muppet Show horrifique. D'aucun lui trouverait un côté vaguement nanardesque avec ses effets spéciaux bricolés, mais outre que ceux-ci donnent un grand charme au film, que ne procureraient certes pas des images de synthèses des années 80, le métrage ne se prend pas au sérieux et cultive le second degré et, plus loin que ça, l'humour. Les gags sont souvent drôles, on peut même trouver une forme de poésie dans cette galerie de monstres.  Certaines scène sont apparemment devenues cultes, comme celle du "raton laveur dans le placard".

 

  http://images.fan-de-cinema.com/affiches/large/e0/41621.jpgLes suites, qui n'ont aucun rapport avec le premier ni entre elles du point de vue de l'intrigue, et n'ont en commun que le thème de la maison hantée et un certain goût de la fantaisie, sont, sans surprises encore une fois, nettement moins bonnes, mais le second, House II, la deuxième histoire, réalisé en 1987 par Ethan Wiley, est encore honorable.

  Autour du scénario le plus improbable de la franchise, jouant d'avantage des codes de l'aventure que de l'horreur (le héros, revenant avec sa compagne dans le manoir de ses parents qu'il n'a jamais connu, réveille le fantôme de son arrière-arrière-grand-père et l'aide à progtéger le crâne de cristal que celui-ci a ramené d'un temple aztéque- tout un contexte familial qui insuffle une grande tendresse au film, bien dans l'esprit de la franchise finalement) le second volet de la série n'en montre plus guère, d'horreur, ni même d'humour noir, au profit d'une comédie fantastique légère. L'inventivité est encore au rendez-vous, sous une forme très naïve, parfois à la la limite du nanar, même s'il faut compter avec le second degré. On y voyage dans le temps, la préhistoire ressemble à un monde perdu à la Conan Doyle où les dinosaures côtoient les hommes des cavernes, ces derniers portent des armes en métal (!) tout comme à une autre époque les aztéques, ce dont je n'arrive pas à déterminer si c'est voulu et assumé.

  Au final, le film dégage une poésie acidulée de bande dessinée ou de vieux cinéma de quartier, un cinéma mort et enterré depuis des lustres à l'époque du film qui ne peut en être qu'un pastiche [EDIT : je n'en suis plus aussi sûr quelques mois après rédaction de cette chronique !]. C'est parfois un peu trop enfantin à mon goût, mais ça ne jure pas tant que ça avec le premier, finalement.

 

  Avec le troisième volet, The Horror Show (James Isaac, 1989), les choses se gâtent. De façon surprenante, les producteurs font évoluer la franchise  vers le gore (très mal fait) et le glauque, avec un psychopathe de service affreusement surjoué qui harcéle post-mortem le flic qui l'a mené sur la chaise électrique (ce qui confère tout de suite une délicieuse puanteur au film).

  Cette évolution n'est pas forcément courageuse (j'imagine qu'il est plus facile de vendre des effusions de ketchup pour ados en mal de frisson qu'une fantaisie poétique qui parle  à l'âme d'enfant) mais après tout, pourquoi pas...le problème est que cela ne débouche que sur un film poussif, ni fait ni à faire, plus proche du navet que du nanar, et ce malgré quelques bonnes scènes qui renouent avec le grotesque et l'humour noir de la série, et l'aspect plus nanardesque (mais rit-on du film ou avec lui ?) des théories pseudo-scientifiques bidons ; mais les bonnes scènes sont trop rares, et c'est bien dommage.

 

  House IV (Lewis Abernathy, 1992) redresse péniblement la barre, en renouant avec le mélange de fantaisie et d'humour noir de la série (on y voit d'ailleurs apparaître William Katt, l'acteur qui joue Roger Cobb dans le premier film, dans le rôle...d'un personnage qui porte le même nom). On tient une jolie fable écolo, un peu naïve, avec la veuve de "Roger Cobb" qui s'installe avec leur fille dans le manoir familial du défunt, bâti sur une source sacrée indienne (!) et tente de le sauver des manoeuvre de son beau-frère, au service d'indsutriels véreux.

  Ce quatrième volet est dans l'ensemble un film très moyen, avec une mise en scène très téléfilm et où la sensibilité propre à la franchise se change en une affreuse mièvrerie. Mais on y rit plus volontiers avec le film, et certaines scènes d'horreur s'apprécient au premier degré, de sorte que finalement, ça se suit sans déplaisir. La franchise a bien fait de s'arrêter là, mais elle tire le rideau sur un spectacle bien moins catastrophique qu'on l'aurait craint. 

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