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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 22:57

http://www.cinemovies.fr/images/data/affiches/Gaff230508663.jpg 

Après avoir revu   The Limits of control de Jim Jarmusch , j'ai décidé  de m'attaquer à un film peut-être plus représentatif  d'une des figures les plus atypiques du cinéma américain.

 

  Ghost Dog, héros du film éponyme, excellement interprété par Forrest Whitaker, est un tueur à gage aussi efficace que peu commun. Il vit en  effet dans une cabanes sur les toits et ne communique que par...pigeons voyageurs. Issu des quartiers pauvres, il ne semble être devenu tueur que pour accomplir sa dette envers le mafiosi qui lui a sauvé la vie, et dont il se considére comme le vassal. Car Ghost dog suit les préceptes des Samouraïs, dont les extraits du code sont récités tout le long du film, jamais gratuitement mais au contraire suivant habilement l'à-propos de l'intrigue.

  Mais à la suite d'une bavure (la fille du parrain assiste de manière imprévue au dernier boulot) Ghost dog devient indésirable pour la mafia.

  Avec Jarmusch, on peut s'attendre à une vision peu orthodoxe du film de mafia. On n'est bien sûr pas déçu, Ghost Dog  ressemblant à une parodie de mafia film : ici les mafieux sont des bras cassé, dont les missions foireuses sont l'occasion d'un humour volontier noir, et sont surtout vieillissant. On peut même parler d'une espéce en voie de disparition: la seule relève générationnelle est la fille du parrain qui s'avére complétement folle, et la passion cocasse autant que généralisée pour les dessins animés est tout ce que les gangsters ont trouvé comme seconde jeunesse. Bref, ce sont des dinosaures, au même titre que le Samouraï des temps modernes qu'ils pourchassent, le charisme en moins. Pour aller toujours plus loin dans son langage filmique poétique, Jarmusch les comparera même...à l'ours, que Ghost Dog, qui n'aime pas faire les choses à moitité quand il s'agit de ses idéaux, venge en abattant deux chasseurs.

  Si ces bras cassé mafieux offrent au spectateur son lot de personnages haut en couleur, ils n'en sont  pas la seule source : ainsi certains des passages les plus lumineux et poétiques du film concerne le meilleur ami de Ghost Dog (pour ainsi dire le seul avec la petite Pearline) un vendeur de glace avec lequel la compréhension est plus que difficile vu qu'il ne parle que yoruba. L'occasion de ravissants dialogues de sourds où les deux interlocuteurs sortent les même propos sans le savoir. L'un de ces dialogues concerne d'ailleurs une image déjà trés poétique, un bateau construit de manière insolite sur les toits, car Ghost Dog n'est pas seul sur les toits dont Jarmusch fait un véritable univers. Je pourais citer d'autres images à la poésies lumineuses, comme la scène du pistolet à la fin. Mais je vais m'arrêter là, sinon autant raconter tout le film.

  Ah, et puis n'oublions pas la BO,  trés importante comme toujours chez Jarmusch, un hommage au hip hop dont certains moments du film sont quasiment des clips (ce qui n'est pas totalement gratuit car renvoyant à la culture afro-américaine de laquelle l'identité de Ghost Dog est au moins autant issue que du code Samouraï) .

 

  Plus convaincant que Dead man, moins déconcertant que The Limits of control, assurément du grand Jarmusch, qui révéle enfin idéalement le talent de poéte du cinéaste.           

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Published by Kalev - dans Autres films
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Cachou 31/12/2010 00:02


Je n'ai pas encore vu "Limits of Control" tiens... J'ai adoré "Broken Flowers".


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