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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 20:18

  Histoire de tirer ce blog de son sommeil de deux semaines, je vais enchainer un troisième  billet consécutif sur l'animation. Excusez cette monomanie, mais visionnage d'avant-hier oblige, celui de La résidence du studio Folimage.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/515C0MBP4EL._SL500_AA300_.jpg 

Les studios Folimage, pilier de l'animation française, sont connus notamment pour leur long-métrage La prophétie des grenouilles, qui a quand même réussi à remporter un certain succés avec l'esthétique pas forcément en vogue de l'art brut. Folimage, c'est aussi des courts, qui permettent à ce studio d'affirmer qu'il entend élever le dessin animé  au rang d'Art et pas seulement de divertissement pour enfant.

   

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51mZo6dA-ZL._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La résidence... compte donc douze courts-métrages, donc aucun n'est raté, tous dégageant à un degré ou un autre une poésie particulière. A noter qu'à l'exception d'un seul tous sont muet (ce qui apporte un contraste rafraichissant avec les lourdes redoncances explicatives devenu le tout-venant de l'industrie du dessin animé).

  On commence en douceur avec La grande migration, errance d'un oiseau migrateur perdu, au dessin exquisement proche de l'art naïf et au scénario plutôt inventif sur ce théme à priori mince.

  Puis vient déjà un des premiers sommet du DVD : Le roman de mon âme, où la redécouverte par une jeune femme de ses anciens jounaux intimes et partitions de musique est le prétexte à un voyage onirique où comprendre ce qui se passe n'est pas forcément le plus important. Entre l'intrigue à la logique d'un rêve, la recherche artistique et l'ambiance discrétement sensuelle, il est déjà évident que divertir les enfants n'est pas la priorité du studio.

  Le chat d'appartement revient à un esprit plus bonhomme avec un adorable matou (sans rire, sa physionomie grassouilette est peut-être le point fort du film) qui cherche à atteindre un jardin perché sur l'immeuble d'en face.

  Le moine et le poisson nous montre, à coup de dessins minimalistes tout en restant magnifiques, le premier chercher à attraper le second par tous les stratagémes les plus improbables, jusqu'à une intriguante fin onirique.            

  Dans Une bonne journée, un brave petit homme cherche à rejoindre une jeune fille qui lui a tapé dans l'oeil depuis sa lointaine fenêtre, chemin semé d'embûche s'il en est. L'humour en est délicieux, souvent noir (se démarquer du tout venant pour enfant, encore une fois) et l'animation trés inventive (un bon point aux éléments de décor ou objets  qui appraissent au fur et à mesure de leur besoin dans l'histoire).

  L'histoire extra-ordinaire de Mme veuve Keskesmet est une petite fantaisie que je qualifierai toutefois pas de légère en raison de ses dessins à l'humour grinçant, notamment à travers la caricature de la veuve à la silhouette éléphantesque.

  Circuit marine  tourne en dérision le monde de la piraterie avec un jeu burlesque de "qui sera mangé ?" entre les animaux domestiques d'un capitaine, son chat, son perroquet et son poisson rouge. Les dessin sont particuliérement proches de l'art brut.

  Ensuite viens le clou du DVD, le sublime Histoire tragique avec fin heureuse. Le seul qui ne soit pas muet, puisqu'une voix off (jolie voix rauque qui colle bien à l'ambiance d'ailleurs) commente cette histoire de petite fille rejetée à cause de son coeur qui bat trop vite. Les dessins en noir et blanc, au fusain si je ne m'abuse, sont baigné d'un onirisme exquis qui colle merveilleusement à l'histoire. Du grand art.

  Le trop petit prince est une jolie scéne d'un petit homme qui essaye de laver le soleil tâché, ce qui n'est pas pratique quand celui-ci ce cesse de monter dans le ciel.

  François le vaillant verse dans la fantasy, avec la résistance d'un village médieval rasé par l'armée d'un chevalier noir maîtrisant le tonnerre. Les codes du conte sont ici délicieusement malmenés, car les héros villageois sont...des sorcières, la Mort, le Diable en personne !

  Au bout du monde est une fantaisie en plan fixe autour d'une fermette d'Europe de l'Est posée en équilibre sur le faite d'une montagne, ce qui n'a rien de pratique.

  Zodiac clôt enfin trés joliment l'anthologie avec une allégorie des rapport humains, de l'amitié à la confrontation, jouée par deux silhouettes bondissant dans le désert dans l'espoir de rattraper les oiseaux.

 

  Pour approfondir un peu l'univers de folimage, signalons la compilation Bobine mélodie où un groupe de musique expérimentale complétement barré, faisant de la musique avec n'importe quoi (de la pompe aux juouets mécaniques), et nommé L'effet vapeur, jouent sur des court-métrages dont hélas beaucoup sont en double par rapport à La résidence... (et tous, je suppose, par rapport aux autres DVD, de toute façon).

 

  Avec ces courts-métrages, Folimage parviens donc à prouver que le dessin animé est un art à part entière, pouvant tout aussi bien être apprécié sans nulle besoin d'esprit de régression "adulescentes" (ouais, j'ai casé ce mot hype stupide)  par les adultes. A l'heure ou il arrive encore que des anime nippon pour adulte soit destinés aux enfants par des distributeurs ignares, rappeler cette vérité est toujours utile.               

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Published by Kalev - dans Animation
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