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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:34

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Chronique qui est la suite directe du mini-Swap continents perdus, puisque le manga Dossier A était l'objet-surprise livré dans mon colis. Le tome 1, pour être précis, car j'ai acheté de mon propre chef les huit suivants (le dernier est paru le 8 de ce mois), pour dire à quel point j'ai vite été accroché.

 

  Dossier A de Osamu Uoto et Garaku Toshusai file tout le long de ces tomes une des grandes aventure à nous faire rêver depuis 24 siècles : la quête de l'Atlantide. Shuzo Iriya, ancien archéologue reconverti en vendeur d'antiquité après qu'une erreur ridicule -la fausse découverte de la tombe du roi Arthur- l'ait mis au ban du monde universitaire, se voit embarqué dans la quête de ce continent légendaire au côté de la jolie Yuli Endre, fille d'un milliardaire hongrois qui vient d'être assassiné...car il semblerait qu'une société secrète tiens depuis des millénaires à garder le secret de l'Atlantide et ne recule devant aucun moyen.

  Le premier tome m'a fait l'effet d'un page turner agréable mais sans conséquence, juste ce qu'il fallait pour me rendre assez addict' pour acheter la suite tout en me demandant si je faisais bien. En vérité, la réponse à cette dernière question est : oui, cent fois, car la série, gentillette à ses débuts, avec des personnages plutôt stéréotypés, se bonifient au fil des tomes (par forcément au niveau des personnages, toujorus archétypaux, mais ça n'a guère d'importance) pour devenir bien plus qu'un page turner, un grand récit d'aventure bien doté en ce qui fait cruellement défaut à beaucoup de thrillers actuels : l'imagination.

 

  Je vais faire une petite parenthèse "confession d'un schizophrène". Mon attitude à l'égard des mystères millénaires, sociétés secrètes, civilisations perdues et autre bric-à-brac à la Indiana Jones est assez ambivalente, dépendant énormement de ce que je peux lire sur le sujet.

  En effet, d'une part, en tant qu'étudiants en Histoire nourri de scepticisme, je peux me délecter des articles par lesquels Jean-Loïc Le Quellec cassent allégrement les délires pseudo-archéologiques, en alliant rigueur implacable et humour ravageur, et toujours de façon utile, car l'une des réalités peu glorieuses de la pseudo-archéologie, qui n'a pas cours dans les Indiana Jones, est sa récupération politique et sectaire (je vous conseille la lecture de son essai Des martiens au Sahara, chroniques d'archéologie fantastique, c'est fendard). 

  Et d'autre part, tout comme j'aime Indiana Jones, je peux prendre une plaisir pas trop coupable à suivre une intrigue déballant tout le bric-à-brac mystique comme le fait Dossier A. Un univers où les archéologues doux rêveurs ne sont ni des fachos ni des sectaires, et peuvent se permettre de davantage faire confiance en leur passion et leurs rêves qu'en leur rigueur, car contrairement à la science de notre monde la rigueur n'est pas le plus important -ce n'est que de la BD, après tout.

 Et il faut dire que ce manga a beau de na pas faire dans la dentelle au niveau hétéroclite -il n'y manque même pas les secrets des templiers et...des nazis, c'est dire- son mystère est solidement charpenté, d'une documentation impressionnante -quelques détails m'ont fait tiquer, mais le travail de doc reste solide derrière-  et concourt à l'imagination débridée ci-devant évoquée. Pour donner un exemple de mystère résolu dans ce manga, qui maitrise l'art de l'énigme à la perfection, le tome 4 envoie l'équipe -définitivement constituée en trois membres avec l'adjonction du garde du corps Demer- en quête d'un...fragment perdu de l'Odyssée dans les légendes japonaises. Evidemment, il est hors de question de détailler et de donner d'autres exemples, car cela ficherait en l'air les enquêtes qui constituent le canevas du manga...et sont parfois gratuites !

  En dehors des énigmes archéologiques, le roman maitrise à la perfection les codes du récit d'aventures, au point de les retourner dans tous les sens pour nous offrir de véritables morceaux de bravoures : ainsi, la scène d'insoutenable suspens à huit-clos dans le tome 7, ou le cluedo indescriptible du tome 9, sont de très bons exemples de moments mémorables.

  Attention, ne vous attendez pas non plus à une action frénétique, car dans ce cas la structure du manga ne manquerait pas de vous déstabiliser. En  effet, les moments aventureux alternent avec des moments intimistes, ou il s'agit de régler les problèmes personnels d'autrs personnes ou de soi-même...en découvrant parfois, au passage la clé d'une énigme, les autres nous apprenant autant que les pierres et les textes sacrés. Le fil conducteur de ces passages disparates se trouvent dans une apologie volontariste du rêve, qui paraitra dans tous les cas naïve (mais n'est-ce pas rafraichissant en notre temps de cynisme ?)  et parfois un peu mièvre, mais il faut pour cela compter avec le décalage culturel auquel nous a habitué le monde du manga, ou l'intimisme n'a pas le même statut que sous nos latitudes.

 

  Si les thriller ésotériques vous blasent (ce qui est compréhensible) essayez au moins ce manga, qui prouve qu'on peut faire un divertissement à la fois léger et intelligent sur les thèmes les plus naïfs qui soient au panthéon de la littérature populaire.

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Published by Kalev - dans BD
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