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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 23:36

http://cinemacritique.fr/wp-content/uploads/2011/04/Detective-Dee-32598.jpg 

Detective Dee et le mystère de la flamme fantôme  est le dernier bébé de Tsui Hark, réalisateur célèbre pour avoir donné une autre dimension de spectacle au cinema hongkongais avec la série des Il était une fois en Chine. Bon, je vais encore étaler mon incultance : je n'ai vu aucun de ses films.

 

  L'intrigue prend place en 690, alors que la Régente, veuve de l'Empereur, s'apprête à devenir la première et unique impératrice de l'Histoire de la Chine, ce qui soulève bien des complots en guise de contestations. L'assession au trône est bien compromise  quand le chantier d'un Bouddha géant en face du palais (détail de l'intrigue à l'historicité douteuse, mais on s'en fout un peu de l'Histoire dans ce film, j'aurais l'occasion d'en parler plus en détail) est endeuillé par deux morts mystérieuses par combustion interne. Sur les conseils du Cerf sacré, par la voix duquel parle de Grand Prêtre, la Régente décide de sortir des prisons impériales le Juge Dee (oui, c'est bien du Juge Ti de la célèbre série de romans à plusieurs mains qu'il s'agit) emprisonnés pour rebellion contre la régence, afin qu'il résolve cette affaire. L'enquête commence donc, avec l'aide de la belle Jing Er, Grand Officier de la Régente, et de Dong Laï qui représente le Temple Suprême.

 

  Bon, pour entamer la chronique de ce film, autant commencer par la question que tout le monde attend : est-ce que oui ou non on s'en prend plein la g* avec cette (très) grosse production chinoise ? La réponse est oui, bien sûr : entre les costumes et décors, la choré des combats, le montage léché bien éloigné de celui, épileptique, trop à la mode dans les blockbuster d'Hollywood et d'ailleurs depuis quelques années, les effets clipesques utilisés avec parcimonie au point d'avoir réussi à attirer ma tolérance bienveillante (oui, à mon corps défendant, ça sembler passer mieux chez moi avec Tsui Hark qu'avec -attention Point Godwin- Zack Snyder)  il est clair que Tsui Hark pense bien à nos mirettes. Pour être franc, il y a quelques effets visuels qui ne m'ont pas du tout convaincu et m'ont donné l'impression, si je suis me permettre, d'une légére carence budgétaire par rapport à la démesure du projet (attention, je ne suis pas en train de traiter Detective Dee de nanar tiers-mondiste fauché, loin de là) mais dans l'ensemble, le spectacle est jouissif.

 

  Pour autant, dissipons tout de suite les malentendus : on est très loin du film pop-corn. D'abord parce que Tsui Hark soigne son univers.

  Je l'avais déjà  un peu sous-entendu avec l'affaire du Bouddha géant : malgré la qualité de reconstitution, il ne faut absolument pas voir le film comme un film historique. Même si je n'ai pas la prétention de m'y connaitre en Histoire de l'Orient en général, dés  la première scéne, la visite du chantier par un ambassadeur Omeyyades parlant [espagnol ???], en pleine Chine de 690, m'a laissé un peu dubitatif, tout en me disant que ça avait son petit côté spectaculaire, et c'est en effet le but privilégié. Car Detective Dee n'est pas un film historique, mais une authentique fantasy historique, où les guerriers dont on se demande d'où ils tirent leur force -rien qui ne dépaysera les amateurs de l'envoûtant Tigres et Dragons, et ses successeurs qu'il faudra bien que j'explore un jour, ça me rappelle que j'ai Le Secret des poignards volants dans ma DVDthèque depuis, ouf, au moins- où ces héros côtoient une magie omniprésente, qui semble parfaitement commune dans ce VIIème siècle chinois. Le Cerf parleur, interpréte du Grand Prêtre, m'a surpris dans la mesure où aucune bande-annonce ne m'avait préparé à cet élément merveilleux,  que les chargés de com' ont peut-être bêtement jugé infantilisant -bon point pour la surprise. Et ce n'est que le début de l'exploration d'un univers étonnant qui culmine avec la ville souterraine du Marché Fantôme, l'une des images qui parviennent à insuffler une véritable poésie imaginative à laquelle les grosses productions d'Hollywood et d'ailleurs nous ont un peu fait perdre l'habitude.

  Ensuite, le dernier gros atout du film, propre à en faire un spectacle haute de gamme, ce sont ses personnages. Non pas que les trois acolytes ou la Régente aient une psychologie particulièrement fouillée. Mais ce sont des héros à la carrure tragique, presque shakespearienne. Grâce à eux et à leur destinée, le film dépasse les statut  de blockbuster d'action et d'aventure pour atteindre la dimension de l'épopée, avec une grande flamboyance. D'autant plus que les acteurs sont très bons, comme j'ai pu m'en rendre compte en VO -je ne garantis rien pour la VF, que je ne connais pas. Il est dommage qu'une ou deux petites incohérence d'intrigue, que je ne dévoilerai pas, cassent un peu l'ambiance épique, mais celle-ci n'en reste pas moins sublime.

 

  La preuve est faite qu'il n'est pas besoin de faire dans le cinéma d'auteur post-moderne-trucmuche plus ou moins convaincant pour faire un grand film. En bref : Detective Dee c'est bon, mangez-en.   

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commentaires

Nico Bally 06/05/2011 14:34


Corrige vite ton incultance en regardant au moins The Legend of Zu (genre fantasy asiatique de taré) et Time and Tide (genre action à la Hong Kong).


Kalev 23/05/2011 11:29



Oups, je viens de voir le commentaire que maintenant (c'est ça de laisser le blog un peu en sommeil). merci pour ces conseils en tout cas.  



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