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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 00:02

http://www.actusf.com/spip/IMG/jpg/cyclones.jpg 

Dans le monde touffu de la micro-édition, la maison Organic a un parcours pour le moins original. Il s'agit en effet à l'origine d'un label indépendant de musiques expérimentales, qui s'est lancé dans l'imprimé avec la collection Petites bulles d'univers, laquelle a vocation d'éditer des livres alliant le travail d'un écrivain et d'un artiste plasticien. Il s'agit de livres à très petites diffusion, pour lesquels j'aurait découvert une méthode de distribution originale : j'ai trouvé le livre dont il sera question ici sur Amazon, non pas en neuf où il n'était pas distribué, mais chez un vendeur d'occasion...approvisionné directement chez l'éditeur.

 

  L'album Cyclones, donc, associe le texte de Karim Berrouka, les illustrations de Bruno Leray  et la conception graphique (dont la complexité dépasse l'art de l'illustration pour ce genre de livre-objet) de Philippe Aureille. 

 

  Georges a décidé de se prêter à une expérience et de se faire cloner à six exemplaires (cyclones, six clones...je vous laisse découvrir l'image très poétique que Berrouka file à partir de ce jeu de mot). Mais cette expérience ne lui apporte pas le bienfait prévu : au lieu d'être six fois plus fort, Georges souffre affreusement de se sentir plutôt six fois diminué. Excepté chaque soir à six heures, ou le prend un "super-pouvoir (à la con)", qui le fait bien se sentir six fois plus fort, mais ne lui apporte qu'une souffrance pire encore.

  Malgré tout, les six Georges, dont le point de vue alterne au fil de chapitres mais qu'il est impossible de distinguer excepté d'après les prénoms des jeunes filles dont il sont amoureux, prénoms qui sont autant d'anagramme d'un même, tentent de trouver le réconfort auprès de la religion ou d'un psychologue, espèrent profiter de chaque super-pouvoir (à la con) pour se réunir, et enfin trouver la paix auprès de leurs chères et tendres, Elanor, Norael, Lorane,  Oranel, Elnora et Aloren.

 

  Même  si cela n'est jamais dit explicitement, il est facile de voir dans les aventures douloureuses de Georges une vision de l'intérieur d'un trouble psychiatrique avec dédoublement de personnalité. Un thème qui a a tout pour être dérangeant, donc, et le lecteur peut s'attendre à une lecture éprouvante d'après le début, mais aussi au feuilletage en voyant les illustrations de Bruno Leray, à base de visages chauves exprimant la souffrance, la folie ou ayant tout simplement une mine sinistre plus difficile à décoder derrière un masque un peu art brut.

  Pourtant, si le court récit de Karim Berrouka n'est certes pas exempt de dureté, son ton est très différent de celui des ses illustrations : le thème grave est traité avec beaucoup d'humour, un humour qui touche parfois à la satire (celle de la psychologie verbeuse) mais reste avant tout tendre, débordant de tendresse pour le personnage dans sa quête de paix (son raisonnement sur la salut de son âme dans son état est particulièrement cocasse, même s'il ne permet pas de perdre de vue que Georges est un personnage qui souffre). La fin est à l'avenant, puisque contrairement à ce que à quoi je m'attendais on peut parler de fin heureuse, même si on est pas encore dans l'impossible happy end.

 

  Ne pas se laisser désarçonner par la noirceur apparente, que le légèreté du texte relativise sans pour autant traiter du thème avec désinvolture.        

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Published by Kalev - dans Albums
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