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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 14:43

  http://www.babelio.com/users/AVT_Pierre-Autin-Grenier_4813.jpegAprès les trois recueils de récits chroniqués ici (je fais des rimes, je suis sublime)(hum, pardon), j'ai bien envie de récidiver pour deux nouveaux livres de cet auteur disparu récemment.

 

  Le premier, L'éternité est inutile, paru, comme beaucoup de livres de l'auteur, chez L'Arpenteur, est le troisième tome de la série de recueil Une Histoire, soit la suite immédiate de Toute une vie bien ratée, chroniqué précédemment.

  Encore des nouvelles, cette-fois-ci pour la plupart "réalistes", bien que certaines dérapent vers l'onirisme comme la toute dernière, Loin des cannibales, où bien C'est nous ! qui mélangent les époque dans son utopie révolutionnaire (car Pierre-Autin-Grenier, cela devient de plus en plus évident au fil de mes dernières lectures, est toujours aussi engagé auprès des idées anars, et ce dés le début du recueil qui attaque sur Durrutti et la guerre d'Espagne, avec parfois des bizarreries  comme le fait d'être fasciné par le Che et la Révolution cubaine, ce qui n'est guère libertaire). Plus réaliste donc, et plus ouvertement autobiographique aussi, l'auteur y montre une plus grande suite dans les idées que dans le tome précédent de Une Histoire, que ce soit dans les auto-citations à l'intérieur du recueil (comme la formule qui lui sert de titre) ou dans les thèmes, notamment celui du village paumé et triste où il s'est enterré pour plaire à son épouse et qui encourage sa dépression.

  Le second, Friterie-bar Brunetti, paru chez L'Arpenteur également, est le premier texte long que je lis de l'auteur, on peut parler d'un court roman (une centaine de pages), relevant également de l'auto-fiction, genre dont j'ai déjà dit à quel point Autin-Grenier le rend passionnant, et il en faut du talent pour rendre passionnant un thème qui ne vend pas forcément du rêve à première vue, celui qu'annonce le titre. J'ignore si la défunte friterie-bar Brunetti, où l'auteur aurait passé ses jeunes années, a vraiment existé, je ne pense pas  que l'auteur aurait eu intérêt à l'inventer, mais elle comporte une grande part d'utopie : ce troquet populaire où régne l'esprit anar, ça parait trop beau pour être vrai, même si l'auteur explique assez cet état de fait, surtout vers la fin, pour le rendre crédible, et laisse à penser qu'il a peut-être juste un tout petit peu enjolivé la réalité pour les besoins du récit. Cette friterie-bar Brunetti est bien une authentique utopie, une utopie menacée par les progrès du capital, ce qui fait que cette histoire de bistrot -mieux, cette hommage appuyé aux bistrots et cafés- est peut-être le livre le plus politique que j'ai lu de l'auteur, en plus de déborder de vie et de gouaille.

  Ah, j'y viens donc, à ce qui fait toute la saveur des livres d'Autin-Grenier, au-delà des images surréalistes qui sont loin d'envahir son oeuvre -celle-ci est quand même plus largement "réaliste"- une qualité sur laquelle j'ai été étrangement peu dissert dans ma dernière chronique et qui tient en une exclamation : quel style ! Je crois bien n'avoir jamais vu un auteur contemporain pousser la gouaille populaire à un tel point de virtuosité, au point qu'on pense forcément à Rabelais, même si le style d'Autin-Grenier n'a rien de pornographique comme celui de l'atueur de Gargantua. De quoi me faire regretter amérement de n'avoir découvert ce génie méconnu qu'après sa mort.

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Published by Kalev - dans Autres livres
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