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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 16:50

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L'illustre Miyazaki aura décidemment été au centre de mes derniers zyeutages de film. Pas moins de quatre métrage se sont rajouté à la vision déjà ancienne du Voyage de Chihiro, du Château dans le ciel, du Château ambulant et de Ponyo sur la falaise.

 

  Je ne pensais pas d'abord à une chronique sur ces quatre anime. A quoi bon encore parler de films aussi canoniques que Princesse Mononoké, Nausicaa ou Mon Voisin Totoro ? Puis, aujourd'hui même est venu le déclic : le visonnage de Porco Rosso sur lequel je me suis aperçu qu'il y avait beaucoup plus à dire que je ne l'imaginait au départ. Alors autant se jeter à l'eau.

 

  Sur ces films, les deux premiers restent les plus éblouissants en terme de création d'univers -on remarquera que ce tous deux dévellopent des thémes trés semblables relevant de l'écologie, théme inspirateur par excellence ?

  Princesse Mononoké est peut-être le film le plus épique du réalisateur, authentique épopée de fantasy comme on en voit trés rarement au ciné, du point de vue l'univers merveilleux dans un Japon de légende, mais aussi de son ton trés adulte, qui donne ses lettre de noblesse à un cinéma de fantasy encore trop lourdement adolescent.

  Nausicaa en est un peu le pendant SF et post-apo, avec un peu moins d'ampleur épique, et il faut dire une héroïne sans peur et sans reproche qui m'a semblé bien moins intéressante que les personnages tourmentés du précédent. Il n'empêche qu'il s'agit également d'une grande épopée, qui dégage en outre une ambiance visuelle très particulière : il fallait tout le talent de poésie graphique de Miyazaki pour faire naître le ravissement devant la Fukai, la forêt radioactive qui a tout au départ pour être une de ces scénes d'horreur auxquelles la science-fiction d'aventure nous habitué.

 

  Avec Mon voisin Totoro, on entre dans un tout autre registre, celui des univers Miyazakien plus subtils, plus en  demi-teinte. Mon voisin Totoro  plaira sans doute surtout à ceux qui ont  gardé leur âme d'enfant, mais il n'empêche, ça reste de l'Art.

  L'univers que découvre les deux petites héroïnes comporte  son lot de merveilles, la plus étonnante restant le chat-bus, dont la deuxième apparition est plus éblouissante que la première. Néanmoins, les éléments merveilleux restent peu nombreux et, quand on a vu, au hasard, Le Voyage de Chihiro, l'interêt du film ne peut se résumer à elles. D'abord la poésie graphique, déjà évoquée, de Miyazaki, peut faire naître le merveilleux des décors les plus réalistes, comme le tunnel de verdure où Mei poursuit les Totoros. Ensuite, Mon voisin Totoro, c'est aussi des personnages : si ce film est l'un des plus légers de son auteur, dépourvu de méchants et de véritables enjeux, il ne bascule jamais dans la miévrerie, grâce à sa représentation trés juste du monde de l'enfance, qui n'est pas fait uniquement du bonheur de cueillir des fleurs.

 

  Enfin, il y a Porco Rosso, qui m'a le plus surpris, car je m'attendais pas à ce que ce soit dans ce film que je trouve la poésie miyazakienne au sommet de sa subtilité.

  Porco Rosso, c'est surtout un grand récit d'aventure dans l'Italie des années 30, dans le domaine qui passionne le réalisateur, l'aviation. Avec un élement merveilleux, parfaitement accepté de toute honnête personne de cet univers, c'est que le héros, véritable légende vivante, est un cochon, depuis un envoûtelment assez mystérieux (je vais y revenir).

  On retrouve dans ce récit d'aventure aérien une légéreté  commune à de nombreux film de Miyazaki, avec des "méchants" plus bêtes que rééllement méchants. Mais les thémes en sont trés adultes : le héros Marco, alias Porco Rosso, est un chasseur de prime, et donc un personnage peur recommandable...du point de vue de l'Italie fasciste, c'est dire que la notion de mauvaise réputation est ici malmenée. Car Porco Rosso a des principes, et s'il est un chasseur de prime, il refuse d'être un pilote de guerre, symbolique  qui revient tout le long du film. Celui-ci fait référence plus largement au contexte de l'époque, à travers non seulement le fascisme mais aussi la crise économique -et pourtant le film reste à cent lieu de la noirceur, avec Porco Rosso qui reste trés populaire pour un dissident, les fabriquants d'avions qui se debrouillent encore pas mal en temps de crise, et bien sûr les pirates, méchants qui n'en sont pas.

  Mais la subtilité est encore plus profonde, dans la mise en scène et dans le climat de mystère. Le meilleur exemple, bouleversant, est l'histoire que raconte Marco à la petite Fio, son aventure sur la mer de nuage, sommet de poésie du film. Si Marco a encore son visage d'homme dans ses souvenirs, impossible de savoir si cette aventure merveilleuse a un lien avec sa métamoprhose (sur laquelle le mystére reste entier) et l'on se demande de toute façon si la scène ne nous dit pas autre chose. La fin, que je ne dévoilerai pas, est un autre exemple de mystére poétique : Miyazaki aurait pu finir son film comme le conte de fée que tout un chacun aurait attendu, mais il choisit de le faire plus délicatement, en laissant la fin ouverte à toutes les interprétations (c'est sûr qu'en terme de mystére c'est d'une tout autre classe que le coup de la toupie à la fin d'Inception, haha -mais je m'égare).

  Bref, Porco Rosso, comme Mon voisin Totoro, trouve son interêt dans une poésie subtile et en demie-teinte, quand les deux premiers films sont plutôt du côté du vertige du sense of wonder.

 

  Preuve s'il en est besoin qu'en plus d'être un poéte, Miyazaki est un poéte qui a de nombreuses cordes à son arc et ne se laisse pas enfermer dans un style.  

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Published by Kalev - dans Animation
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