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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 00:37

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/2/22/Nue,_jean_rollin-1969.jpg  J'avais déjà parlé  ici du choc qu'a réprésenté  il ya quelque mois le vision du Frisson des vampires et des Démoniaques de Jean Rollin. Cela m'a donné envie de réitérer l'expérience avec deux autres films, La vampire nue (1969) et Lèvres de sang (1974). 

 

Le cinéma de Jean Rollin me confirme avec ces deux films qu'il aura toujours du mal à séduire un large public à l'heure actuelle, par sa propension à faire le grand écart entre le nanar et le meilleur du raffinement artistique. C'est toujours fauché (ce dont on se fout un peu), très mal joué (mais je n'ai pas construit ma culture ciné avec le site Matière Focale et leurs fameuses soirées Bon chic, mauvais genre sans me faire à l'idée qu'on peut faire un très bon film avec de mauvais acteurs), c'est toujours extrêmemlent lent (ce à quoi j'ai été plus sensible avec ces deux films, peut-être parcequ'il n'y plus l'effet de surprise de l'oeuvre de Rollin), le goût du réalisateur pour l'érotisme pourrait être un autre sujet de moquerie pour nanarland et leur concept de "plans nichons" (même si l'érotisme de Rollin est plutôt classieux, et de toute façon no amis les nanardeurs ont l'air d'avoir plutôt du respect pour l'oeuvre indépendante du réal. Pour son oeuvre alimentaire ausis, mais pour des raisons qui leur parle davantage) et enfin le diable, si j'ose dire, est dans les détails, à travers les invraisemblances du récit, Rollin préférerant toujours se laisser aller à son imagination que chercher la crédibilité. Tout ça n'est pas en phase avec les goûts de notre époque marquée par l'ironie, le second degré permanent mais pas toujours pertinent, une époque ou le public blasé a le rire facile. Quand les bonnes séries B sont souvent vues comme des nanars, quelle place reste-t-il pour la série Z de Jean Rollin ?

  Et pourtant le réalisateur parvient toujours à nous clouer à notre siège pat ses images puissantes, parfois hallucinées, et sa poésie qui n'appartient qu'à lui.

 

 http://www.ferdyonfilms.com/wp-content/uploads/2006/09/levres-de-sang-03-g.jpg Dans La vampire nue , le deuxième film du réalisateur, le héros, Pierre, rencontre une jeune fille en fuite dont il découvria qu'elle est une esclave de son richissime père ; Lèvres de sang, quant à lui, traîte d'un sujet qui m'intéresse particulièrement, le souvenir d'enfance, avec un homme à qui une photo de ruines rappele le souvenir d'une rencontre avec une jeune fille.  

  La vampire nue est sûrement, sinon le plus nanardesque des deux films, du moins celui dont les traits nanardesques sont les plus gros, les moins "subtils", entre la pseudo-science bidonnée, le scène risible de la croix, et la curieuse propension du réalisateur, déjà visible dans les Démoniaques, peut-être sans qu'il le fasse exprés, à trouver une justification à la mort-moi-le-noeud au fait que certains personnages se déguisent. Loin de rendre le film irregardable, ces invraisemblances apportent un plus-value nanardesque à un film, qui, sinon, s'apprécie au premier degré. Lèvres de sang est plus maîtrisé, peut-être plus mature dans l'oeuvre du réalisateur, et il est en outre porté par un acteur principal moins mauvais que le moyenne des acteurs rolliniens. Mais du coup, c'est peut-être aussi le moins fou des deux, malgré des belles images kitsh comme les belles vampires vêtues de voiles et le final merveilleux de poésie, qui encore une fois ne s'embarasse pas de réalisme. La vampire nue est le plus délirant visuellement, avec ses décors, ses costumes, ses poupées (autre trait récurrent de l'oeuvre rollinienne), ses masques, les fameux masques qui rendent le début saisisssant, rappelant, peut-être à dessein, Jean Cocteau et ses hommes-chevaux (ce début est rendu encore plus saisssant par le fait qu'on ne parle pas avant le dixième minute du film)  et puis le film joue, comme Le Frisson des vampires, sur la poétique des noms propre.

  Et il y a un autre aspect de La vampire nue qui a éveillé ma sympathie : Jean Rollin  assume pleinement ses sympathies anars, que je ne connaissais jusque là que par une préface de Jean-Luc Porquet pour  Pierre Dubois. Même si ça n'a guère de portée politique (et c'est tant mieux, je vois mal le film faire référence de manière concréte à la politique de notre monde, non tout ceci reste du symbole onirique), il faut avouer que la vision de l'armée des vampires entrant dans le château avec leur drapeau noir (et accesoirement leurs flambeaux, curieux mélange averc un aspect mystique) a une classe incroyable.

 

  Comme j'ai envie de poursuivre mon exploration de l'oeuvre de Jean Rollin, et que je suis grave un ouf, je tenterai prochainement l'exprérience de son oeuvre récente avec son dernier film avant son décès, Le masque de la Méduse.

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