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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 20:33

http://www.lechappee.org/sites/default/files/styles/couverture-fiche/public/ouvrages/chroniques_nord_sauvage_0.jpg(Attention, cette chronique contient de gros morceaux de 3615 mylife)

 

Ah, Pierre Dubois...difficile de trouver un auteur qui représente autant de choses pour moi. Concernant la lecture de La Grande Encyclopédie des Fées, offerte pour mes 11 ans, suivie de celle des Lutins deux ans plus tard, je ne crois pas exagérer en disant que cette double lecture a changé ma vie, m'ouvrant des horizons insoupçonnés en terme d'imaginaire, de style littéraire et même d'art plastiques à travers les illustrations pleine de grâce onirique de Claudine et Roland Sabatier. La Grande Encyclopédie des Elfes m'a moins marqué, car lu trop tard, et en outre dans une période de la fin mon adolescence que je n'aime guère me rappeler, mais a constitué malgré tout un beau moment d'enchantement.

  Et depuis ? Plus de découvertes aussi enthousiasmante. Les Leçons d'elficologie, il y a quelques années, ne m'ont pas passionné plus que ça. L'Elféméride m'est tombé des mains il ya quelques mois (sans que je puisse vraiment dire pourquoi, peut-être suis-je simplement blasé par mes lectures mythologiques plus près des sources). Ces deux livres me plaisent surtout, finalment, pour leurs magnifiques illustrations. Les quelques Contes de Féerie que j'ai lu m'ont bien plu, mais comme j'ai l'habitude avec d'autres livres, j'ai laissé sans raison aucune celui-ci prendre la poussière dans ma PAL.

  Et voilà que quelque chose me relance sur les rails, les retrouvailles avec le druide barbu dans le dernier milieu où je pensais retrouver sa piste : le milieu anar.

 

(Je crois que j'ai atteint mon quota de 3615 mylife, vous pouvez sortir de votre abri)

 

Chroniques du Nord Sauvage a été éditée par L'échappée, éditeur de bord plutôt anar, donc, ce qui ne manque pas de me surprendre. La préface de Jean-Luc Porquet, journaliste au Canard Enchaîné, et la quatrième de couverture à sa suite, font coller les contes de Pierre Dubois à l'Histoire du Nord, région ravagée par l'industrie, à l'éloge de la nature et de l'imaginaire libérateur (on y mentionne même brièvement l'Art Brut, ce qui fait un pont surprenant, jusque dans la coloration rouge et noire, avec le livre Eloge des jardins anarchiques de Bruno Montpied, que j'avais chroniqué ici).  Néanmois, le lien entre cette préface et les contes pourrait sembler un peu tiré par les cheveux, et pourtant Jean-Luc Porquet arrvie à nous en convaincre, surtout quand on connait un peu l'oeuvre de Pierre Dubois, que l'on sait que son interpétation des contes et des légendes et résolument anti-conformiste et égratine plus souvent qu'à son tour la déshumanisation capitaliste.

 

Ces "Chroniques" sont bien des contes, ou des nouvelles, on ne saurait dire, tous situés dans le Nord. Mais il est difficile de parler de contes merveilleux : si celui-ci, ou le fantastique, on ne saurait dire encore une fois,  est bien présent dans le recueil, il est très discret, ou plutôt non, il est omniprésent, mais la plupart du temps de façon indirecte, sous forme de références aux croyances populaires, de contes mis en abyme...L'érudition de Pierre Dubois forme une alchimie parfaite avec son style très gouailleur, un style rabelaisien, qui necessite d'ailleurs lui-même une grande érudition, et avec son don pour les images fantasmagoriques. On imagine la saveur que cela donne aux textes.

  On compte en tout et pour tout, à mes yeux tout du moins, un seul texte raté : La Moneuse, histoire de brigandage sous la Révolution Française, qui aurait pu être d'un romanesque flamboyant mais se révèle plombé par d'interminables citations de procés-verbaux de l'époque, qui phagocytent le récit au dépens de la prose de l'auteur et le rende ennuyeux, à l'exception des dernières pages, à la fin desquelles les citations de textes officiels se révèlent d'ailleurs enfin utiles et même percutantes.

  A l'opposé, Chroniques sauvages est sans doute le meilleur texte du recueil. Pierre Dubois rend hommage au peintre Jacques Van de Watyne et en fait un martyr païen sur fond de chasses au sorcières au XVIIème siècle. Ce texte sublime, vraiment flamboyant celui-là, mériterait à lui seul l'achat du recueil, s'il n'était heureusement si bien entouré. Ce point d'orgue final contribue à laisser sonné à la fin de la lecture, au point que j'ai eu du mal à me réhabituer au monde réel quotidien. 

  Ajouter à cela les illustrations en noir et blanc, oeuvres de l'autreur lui-même pour les personnages en page de garde de leurs propres histoires, et pour le reste de René Hausman (illustrateur de L'Elféméride) et, pour l'illus la plus flippante, de Mako, sans compter les lettrines de Cenvint. Pierre Dubois sait décidément toujours aussi bien s'entourer quand il s'agit de mette en image ses récits !

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Published by Kalev - dans SFFF
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