Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 22:50

http://www.riviereblanche.com/carnavalsansroi01.jpg 

Ca y est, il est enfin paru ! Le cycle du Rêve du démiurge que j'ai évoqué  dans mon article sur son auteur Francis Berthelot, en est à son huitème tome. Le parcours éditorial chaotique du cycle a conduit cette fois, si j'ai bien compris les aimables explications de l'auteur,  à une double édition de Carnaval sans Roi, en numérique chez le Belial, en papier chez Rivière blanche, objet que j'ai désormais dans les mains, avec sa couverture incongrue dont on cherchera en vain le rapport avec le roman.

 

  Celui-ci est la suite directe du cinquième épisode de la série, Nuit de colère, et du septième et avant-dernier, Le Petit cabaret des morts. Le héros du premier, le télépathe Kantor, qui a perdu son pouvoir en sauvant son ami Octave du gel catatonique, se voit confier une tache énorme par un psychiatre qui lui restaure sons don pour l'occasion : débarasser un personnage central du  second roman, Alvar Cuervos, des cinq esprits qui le possédent.

  Les romans du cycle du démiurge ont beau être conçu pour se lire de façon autonome, vous comprendrez aisement que je conseille fortement la lecture des précédents tomes afin de mieux comprendre les tenants de l'intrigue. Si vous avez la flemme de tout vous fader, prenez au moins en route à Nuit de colère ; pour les âmes qui possédent Alvar, leur histoire épique commence au moins au sixième volume, Hadés palace, dont j'ai déjà évoqué le place de tournant dans la cohésion générale de la série, laquelle prend de plus en plus l'aspect d'un cycle d'aventure. De toute façon, le cycle entier, vous n'y couperez pas, ne serait-ce qu'en préparation du tout dernier roman de la série, Abîme du Rêve, dont je croise les doigts pour bien voir la parution d'ici 2012 -date annoncée également de la triple intégrale du cycle au Belial, yes !

 

    Pour ouvrir la chronique sur une note subjective, et pour être franc, j'ai attaqué ce roman avec une certaine inquiétude: le style de Berthelot saurait-il toujours autant m'enchanter ? Le problème était sérieux, non seulement après un an et demi d'attente insoutenable  après avoir dévoré les sept premiers tomes en quatre jours, mais après m'être familiarisé avec le principe de la prose poétique sous ses formes les plus vertigineuses, auprès des George Limbour, René Crevel et consort. Et le début du roman a semblé un instant confirmer mes craintes, laissant l'impression d'un style emprunté.

  Mais j'ai eu le grand bonheur d'être vite détrompé. Certains passages, comme je n'en avais pas conscience auparavant;  peuvent en effet paraître empruntés, dans des creux de l'intrigue ou un style épuré serait peut-être plus judicieux -mais qui suis-je pour juger le travail de  Berthelot ?- mais la plupart du temps, le style latte toujours aussi sévérement la tronche, si vous me passez l'expression. Il peut vous asséner ses coups de lattes gratuitement, mais pas inutilement, comme à titre d'exemple les descriptions de "l'odeur de la folie" qui régne dans l'asile. Mais je pense évidemment aux moments où on l'attend au tournant, c'est dire dans le feu de l'action où celle-ci se mêle aux descriptions surréalistes, et ou plus que jamais la forme sers le fond et non l'inverse.

  Au menu, on entame le hors-d'oeuvre avec la folie d'Alvar vu de l'extérieur, passage presque impossible à décrire pour celui qui ne l'a pas lu, où l'ont voit avec plaisir dévellopée une expérimentation ô combien justifée, mais vite expédiée en fin de roman précédent.  Puis viens le plat de résistance : la plongée dans la psyché du possédé, autre expérience littéraire à vivre, assurément. Dans Nuit de colére, Francis Berthelot avait réussi à donner l'aspect d'un récit d'aventure aux incursions télépathiques de Kantor, brodant sur l'idée géniale de représenter les esprits infiltrés comme des paysages adaptés à leurs propriétaires. Dans Carnaval sans Roi, le défi est de taille : adapter cet exercice à un seul esprit, avec assez de péripéties pour en faire un roman. Et le pire, c'est que ça fait bien mieux que réussir, l'odyssée télépathique gagnant une force incomparable en se concentrant sur un esprit unique.

  Question suspens, Kantor prend le risque de s'attaquer à un esprit l'un après l'autre pour le faire sortir, d'où problémes en chaine, mais avec une direction -on est loin du scénario inter-minable et tournant en rond du film L'effet papillon, par exemple- et ses voyages successifs sont autant d'occasion de descriptions hallucinantes qui constituent probablement le sommet du cycle -je me retiens, par prudence, de dire : de l'oeuvre de l'auteur.  Le tout est organisée selon une structure qui pourra éventuellement rebuter : celle de la musique, et plus seulement dans les titres de chapitre comme dans Le petit cabaret des morts. Non, cette fois le roman adopte la structure d'une symphonie, certains chapitres se faisant écho  symétriquement d'une partie à l'autre. Il n'est pas impossible que certains trouvent cette structure trop répétitive, même si elle a tout à fait fonctionné sur moi, la cadence lancinante de l'intrigue complétant celle de la langue.

  Assurément, Berthelot arvie au sommet de son talent de conteur, n'oubliant même pas d'alléger le roman par des dialogues truculents aux allures de série B, ou plutôt de séries télé qui lui sont chéres, entretenant ce constraste entre feuilleton alerte et réalisme magique d'inspiration surréaliste, qui donne un style si particulier à ses derniers romans  depuis au moins le grandiose Hadés Palace.

 

    Encore une preuve  que Francis Berthelot est un des grands magicien de l'imaginaire français. En tout cas on attend la suite et la fin de ce grand cycle , et vite.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Nico Bally 04/03/2011 15:36


Et j'attends avec impatience la ré-édition de l'ensemble. ^^
(j'ai raté le début :-s)


Présentation

  • : Le blog de Kalev
  • Le blog de Kalev
  • : Chroniques de lectures, anciennes ou toutes récentes, avec quelques chroniques de films ici ou là.
  • Contact

Recherche

Liens