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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:59

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos-film/photos-acteur/artemis-coeur-d-artichaut-3804758/artemis-coeur-d-artichaut/69392598-1-fre-FR/Artemis-Coeur-d-Artichaut_portrait_w858.jpg Le film Artemis, coeur d'artichaut, distribué de façon tout aussi confidentielle que  La Cinquième Saison (je crois que je suis en train de me changer en hipster...au secours !) ne pouvait que m'intriguer. Par son pitch d'abord (le mythe d'Artemis transposé dands le monde contemporain, le genre de thématique qui me rappelle forçément, à tort ou à raison, Orphée de Cocteau, et emporte donc mon adhésion) ensuite par les éléments de mise en scène que laissait entrevoir un extrait de critique de Télérama (j'en vois qui rigolent au fond) qui évoque notamment des "trucages mélièsien" et parle de "fantaisie mythologico-burlesque"...autant de bonnes raisons d'aller voir ce qui s'annonçe, a priori, un sympathique ovni pas pesant pour un sous.

  L'Artemis du film, si elle est bien fille d'un certain Zeus et soeur jumelle d'un certain Apollon, n'a rien d'une flamboyante déesse de la chasse : c'est une étudiante  en lettres modernes à l'université de Caen, plutôt solitaire et même sociophobe, mais qui se lie malgré tout d'amitié avec la nymphe Callisto, pardon, l'étudiante en art du spectacle Kalie Steaux, une jeune fille extravertie qui est tout son contraire,et  à qui, contre toute attente, elle propose une colocation et avec qui elle part même dans un petit road trip. Le tout est filmé presque entièrement en noir et blanc et en super 8, ce qui donne au film un aspect particulier et pas du tout désagréable, et s'insére dans une sorte d'esthétique du bricolage qui sous-tend tout le film.

  Cette transposition "burlesque" de mythe est très bien sur le papier, et elle s'annonçe même très fort dés la scène d'introduction, où le réalisateur (ou un acteur qui assume ce rôle, comme je ne connais pas la tête du réal...) se met en scène comme un personnage particulièrement branleur, et je ne vous cause même pas de son équipe, et qui est malgré tout chargé d'être le narrateur omniscient du film, un narrateur omniscient qui interviendra comme un personnage. Un début de film bien fendard et déjanté, et très prometteur...mais malheureusement, le film ne tient pas ses promesses, pour une raison très simple : il ne se lâche pas assez.

  Passe encore pour les deux ou trois éléments merveilleux mis en scène à base de "trucages mélièsiens", qui sont un peu survendus par la critique suscitée, mais qui objectivement ne manquent pas tant que ça et sont bien à leur place, pas top envahissants. En revanche, la déception me semble plus légitime pour le narrateur omniscient, sans contexte la meilleure idée du film, et qui est clairement sous-exploitée (le réal tentera même d'assumer cet état de fait, ce qui ne sauve pas les meubles).

  A l'arrivée, on a surtout une sorte de comédie post-adolescente teintée d'un peu de noirceur, avec des dialogues qui sonnent très "authentique" et qui ont donc tout pour m'horripiler, mais qui ici passent un peu mieux par contraste avec le ton pas sérieux du tout du film...si seulement celui-ci n'était pas si déséspérement sage ! Le couple d'héroïne insuffle bien une certaine drôlerie rafraîchissante, mais c'est une drôlerie plus convenue  que la folie douce promise par la scène d'intro.

 

  Bref, à l'arrivée, une certaine déception et une certaine frustration. Et pourtant, on est très loin d'avoir là un mauvais film, et globalement, on a que trop peu l'occasion de voir dans le paysage cinématographique français ce genre d'ovni qui reste finalement très rafraîchissant, et le serait davantage s'il allait jusqu'au bout de son délire.  

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