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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 03:17

http://www.1kult.com/wp-content/uploads/120301_angoisseaff.jpg 

Encore un fim découvert grâce aux soirées Bon Chic, Mauvais Genre. Et encore une pépite : un film injustement méconnu, surtout par rapport au renom qu'eut, parait-il, le réalisateur dans la décennie suivante (les 90's).

 

  Pour une fois, évoquer le contexte dans lequel j'ai vu le film, qui n'a aucun intérêt en soi dans un article de blog, n'a ici rien de gratuit : c'est que, comme on tenu à le signaler les organisateurs de la soirée, le film prend une dimension toute particulière dans une salle de cinéma, circonstance de visionnage devenue très rare voir unique, le film n'étant plus projetté en salle. Vous allez comprendre pourquoi ce vertige supplémentaire en voyant le pitch.

 

  John, un infirmier ophtalmologiste qui perd lentement la vue par cause d'un diabète, est manipulé par sa mère, mégère un tantinet possessive  et un petit peu flippante, mais vraiment un tout petit peu, qui le pousse à commettre des meurtres, d'abord par vengeance puis davantage pour le fun, sans oublier d'arracher les yeux de chacunes de ses victimes.

  Ca, c'est le scénario du film d'horreur que regarde au cinéma deux adolescentes, la trouillarde Patty qui exaspère sa copine Linda.

  Mais Patty n'a peut-être pas tort d'avoir peur : d'abord le film, très étrange et psychédélique, fait un effet bizarre sur les spectateurs, le numétro d'hypnotisme de la mère de John causant de véritables malaises dans la salle, y compris sur des garçons plus affranchis que Patty. Ensuite, quand le personnage de John entre dans un cinéma pour continuer son massacre, voilà-t'y pas...qu'un tueur entre à son tour dans le cinéma de la vie réelle pour trucider son monde.

  Voilà la mise en abyme qui fait son effet optimal dans une salle de ciné (c'était juste pour vous narguer, car je sais que vous ne le verrez que sur petit écran, mouahahaha....hum, pardon). Bigas Luna la pousse dans ses derniers retranchements, par un jeu de parallélismes pervers à souhait, jusqu'à un twist final qui approfondit encore ce délire somptueux.

 

  Je dis somptueux, car en plus ce film  n'est pas du tout mis en scène platement, mais étale une esthétique baroque digne d'un bon Argento ders familles. Le film mis en abyme développe l'essentiel de l'univers baroque, entre surréalisme et psychédélisme (j'ai vu cité Bunuel à propos du film), avec cette mère abusive à la voix un peu, mais un tout petit peu flippante, qui entend tout à travers un coquillage, parle dans la tête de son fils, lui envoie à distance des représentants de leur ménagerie d'oiseaux et d'escargots, le fait voyager dans une spirale quand elle pourrait se contenter de l'hypnotiser avec, bref, une drôle de sorcière.

  L'hypnotisme est d'ailleurs la clé qui contient toute la profondeur du métrage : cette séance d'hypnose collectif ne serait-il pas très lié la réification du film dans le monde réel ? Le film nous égare sur cette piste, pas plus convaincante qu'une autre, mais insiste assez là-dessus, jusqu'à la fin, pour insuffler dans ce film une réflexion également très surréaliste, sur le pouvoir de fasination des images, l'hypnotisme, la suggestion, l'égarement entre rêves et réalité.

 

  N'hésitez pas à visionner cette perle injustement méconnu  sur votre petit écran (mouahahaha...pardon, c'est trop tentant).

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