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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 18:42

  Jusqu'ici, je ne connaissais Eric Chevillard que par cette relecture de conte très drôle qu'est Le vaillant petit tailleur, que j'avais lu il y a la bagatelle d'une petite dizaine d'année. Curieusement, je n'avais pas poussé plus loin mes explorations, du moins jusqu'à je craque, hier, pour son dernier roman, Ronce-Rose, paru, comme la plupart de ses romans, aux Editions de Minuit.

  Le petite Rose, alias Ronce-Rose comme l'appelle son protecteur, Mâchefer, raconte sa vie dans son carnet secret. Sa vie avec Mâchefer, dont on ne sait pas trop s'il est son père, et tous deux reçoivent souvent la visite de l'associé de Mâchefer, Bruce, les deux adultes formant un duo au comique si bien éprouvé de petit malin et de gros bêta. Ronce-Rose a beau être futée et écrire très pour une petite fille qui n'a pas encore perdues toutes ses dents de laits, elle vit dans ses rêveries d'enfant et se révèle très naïve, de sorte que seule le lecteur devine que Mâchefer et Bruce sont des gangsters. Un jour, Mâchefer ne rentre pas, et Ronce-Rose se lance à sa recherche avec presque pas de nourriture, un tout petit peu peu de linge de rechange, l'argent de ses dents de lait et une craie pour tracer des flèches afin que Mâchefer puisse la retrouver.

  Ronce-Rose est un roman qui épouse fidèlement le point de vue naïf de l'enfance, une naïveté qui n'empêche pas une grande inventivité. Le roman épouse les tours et les détours de la pensée enfantine, ce qui donne un roman très bavard (Ronce-Rose prévient elle-même qu'elle est bavarde), marchant par la digression, mais ne regorgeant que d'autant plus d'idées merveilleuses, de traits d'humour extrêmement drôles (involontaires de la part de l'héroïne, même s'ils ne le sont pas de la part de l'auteur), et d'authentiques fulgurances poétiques. L'ensemble n'est pas toujours facile à lire, mais se révèle finalement très agréable, drôle et rafraichissant. On a l'impression que rien ne peut atteindre Ronce-Rose, et rien ne l'atteint en effet, mais une noirceur bien compréhensible se dessine en creux de ses aventures, et la plus grande réussite de ce roman tient à ce numéro d'équilibriste entre la légèreté du style et la noirceur qui se devine derrière. La fin est tout à fait surprenante, j'avoue ne pas du tout m'être attendu à ça.     Un bien belle découverte, qui me donne envie de lire d'autres oeuvres de Chevillard. 

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Published by Kalev - dans Autres livres
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Auzou 13/07/2017 14:37

Magnifique roman!

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