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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:20

  La jeune fille sans mains faisait partie des films que j'attendais le plus de la fin d'année 2016, pas parce qu'il est encensé par Télérama et consort, toute sorte de magazine que je ne lis pas, mais parce que j'ai craqué, que dis-je fondu devant la bande-annonce.

  J'ai quand même eu un peu peur au tout début du visionnage, pour les même raison qui m'ont fait craquer sur la BA : le film d'animation de Sebastien Laudenbach est ouvertement esthétisant, et j'ai eu un moment de doute sur sa capacité à tenir la durée d'un long-métrage. En fait, il en est tout a fait capable et remporte le défi haut la main en ne délaissant pas son intrigue. 

  Commençons par parler d'esthétique, car c'est l'attrait principal du film, n'est-ce pas ? Les dessins de Laudenbach, à l'aspect artisanal (on voit bien que ce n'est pas fait à l'ordi, ceci dit sans considérations réacs, on peut faire de belles choses à l'ordi) tranchent avec tout ce à quoi nous ont habitué les conventions de l'animation. Epurés au dernier degré, à la limite de l'abstraction, les couleurs changent sans prévenir d'un plan à l'autre, et même parfois les traits des personnages (et pas seulement le Diable -ou plutôt un démon de cet univers paganisé- le seul personnage à être réellement protéiforme). Ca pourrait être illisible, mais Laudenbach parvient toujours  à se maintenir sur la corde raide, et l'animation est fluide de bout en bout. Le métrage regorge de plans sublimes : je retiens particulièrement le tout dernier, mais il est impossible d'en faire un inventaire, le film est beau dans son ensemble.

Puisqu'on parle d'esthétique, glissons un mot sur la musique, très beau rock alternatif planant composée par Oilivier Mellano, le guitariste de nombreux groupe dont Dominique A., ainsi que de la chanteuse Laetitia Shériff qui interpréte ici la jolie chanson du générique.

  Et comme je le disais plus haut, le film se paie le luxe de ne pas délaisser son intrigue. Certes, celle-ci est emprunté au conte des frères Grimm, mais Laudenbach se l'approprie, tout en restant fidèle à son esprit. La violence du conte est exacerbée, même si elle est loin d'être absente du conte originel. La sexualité des personnages n'est pas gommée (sans qu'il y ait pourtant aucune scène explicite) comme il est d'usage d'habitude dans un dessin animé adapté d'un conte ; Laudenbach semble prendre un malin plaisir à nous prouver que le conte, ce n'est pas que pour les enfants. Le conte de Grimm devient plus universel, grâce notamment à un artifice que j'ai déjà évoqué, visant à le paganiser, une mystérieuse déesse de l'eau remplaçant les anges du conte originel. Certains approfondissement sont intéressant, tel le retour du roi, mari de l'héroïne, de la guerre...je ne me souviens plus de ce que dit le conte, s'il est allusif ou explicite sur le succès du roi, mais je doute fort que, comme ici, il revienne vaincu ! Autre approfondissement intéressant, l'adaptation joue volontiers la carte du réalisme, avec notamment cette jeune fille sans mains à qui les mains en or que son prince lui offre en remplacement ne servent strictement à rien, et qui se débrouille difficilement, mais avec courage et détermination, quand elle trouve son refuge et celui de son bébé après avoir été chassés tous deux du palais.

Très éloigné des niaiseries qu'on peut voir actuellement, surtout en dessin animé, surtout adapté de conte, et surtout, pour ceux qui l'auront vu au moment de sa sortie, en période des fêtes. Je recommande chaudement. 

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Published by Kalev - dans Animation
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