Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 15:19

  On a parfois de belles surprises en chinant en bibliothèque. C'est par pur hasard que j'ai pris Coeur de glace dans un des bacs à BD de la bibli du coin, attiré sans doute par la fort jolie couverture. Très vite, quelques images m'ont accroché l'oeil et m'ont fait pressentir que je tenais entre les mains davantage qu'une énième bande dessinée fantasy archi-classique. Un feuilletage plus attentif m'a permis de me rendre compte qu'il s'agissait d'une adaptation de La Reine des Neiges d'Andersen ; dés lors, c'était vendu pour moi, La Reine de Neiges  ayant été l'un de mes contes préférés, peut-être même mon préféré, quand j'étais môme.

  La lecture prolongea la surprise de la découverte, car Coeur de glace est une adaptation très libre du conte d'Andersen. Parvenant à faire tenir en un peu plus de 60 pages les épisodes principaux  de la quête de Gerda à la recherche son ami Kay enlevé par la Reine des Neiges, le scénariste Patrick Pion l'a tordu et retordu dans une direction qui m'aurait rendu sceptique si on me l'avait simplement présenté sur le papier avant lecture (comme je vais vous le faire, quoi...) tant c'est devenu un gimmick : une relecture "trash", ou du moins bien plus noire. Mais avec Patrick Pion et la dessinatrice Marie Pommepuy, c'est intéressant, car la noirceur (pas très éloigné de l'esprit des contes, finalement) et ce qu'il faut bien appeler l'horreur ne font pas oublier la poésie du conte originel, et sans doute d'un peu de folklore nordique (les trois petites filles descendant la rivière sur un couffin est apparemment un motif folklorique, que j'avais déjà vu dans le film Tales of the Gimili hospital de Guy Maddin), et les deux auteurs insuffle à ce récit une certaine grâce, très bien rendues par de très jolies couleurs, pâles comme la lumière du Nord. La dessinatrice a recours à au moins deux reprises à une horreur très graphiques, très organique (c'est pas encore Cronenberg, mais il y a de l'idée), que son coup de crayon rend très bien. Mais la noirceur du récit  ne s'appuie pas seulement sur l'horreur, mais aussi sur son amoralité, et notamment sur l'égoïsme et la lâcheté du personnage de Kay, qui en donne un grand coup au mythe de l'amour pur, ici repris de façon très ironique, et donc très moderne.

Cet album est un must en matière de relecture de conte, l'ironie moderne et l'emprunt d'images  neuves à notre imaginaire contemporain n'empêchant pas un respect profond de l'oeuvre original.

Partager cet article

Repost 0
Published by Kalev - dans BD
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Kalev
  • Le blog de Kalev
  • : Chroniques de lectures, anciennes ou toutes récentes, avec quelques chroniques de films ici ou là.
  • Contact

Recherche

Liens